« Les consé­quences se­ront ex­trê­me­ment lourdes »

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - PHI­LIPPE MARTINAT

UN PRO­FOND MA­LAISE a sai­si la gauche, prise à contre-pied par Fran­çois Hol­lande sur la dé­chéance de la na­tio­na­li­té qui se­ra bien ins­crite dans la Consti­tu­tion. « C’est du Leo­nar­da puis­sance dix ! Au mo­ment où les Fran­çais ont be­soin d’uni­té, on va les di­vi­ser en met­tant à l’hon­neur cette pro­po­si­tion ve­nue de l’ex­trême droite », s’étrangle un so­cia­liste qui a ses en­trées à l’Ely­sée.

La maire de Pa­ris, Anne Hi­dal­go a fait part de sa désap­pro­ba­tion. « Je ré­af­firme fer­me­ment mon op­po­si­tion à la dé­chéance de la na­tio­na­li­té qui n’ap­por­te­rait rien à la lutte contre le ter­ro­risme », écrit-elle dans un tweet. « C’est contraire aux fon­de­ments de la Ré­pu­blique », a ex­pli­qué Ar­naud Mon­te­bourg sur le ré­seau so­cial. Le dé­pu­té Fran­çois La­my, proche de Mar­tine Au­bry, y est al­lé aus­si de son tweet : « A force de rompre soi-même les digues, on fi­nit noyé. »

Mé­len­chon n’en re­vient pas

Même le fi­dèle Bru­no Le Roux, pa­tron des dé­pu­tés PS, re­con­naît qu’il lui fau­dra es­sayer de convaincre la moi­tié de son groupe. « C’est ty­pi­que­ment le su­jet sur le­quel les dé­pu­tés au­ront en­vie de prendre leur li- ber­té de vote », re­lève un mi­li­tant. Ce qui ren­dra pro­blé­ma­tique l’adop­tion à la ma­jo­ri­té des trois cin­quièmes de la ré­vi­sion consti­tu­tion­nelle. Of­fi­ciel­le­ment, le PS de Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis sou­tient la ré­forme. « Mal­gré les mul­tiples in­jonc­tions de l’ex­trême droite et de la droite dite ré­pu­bli­caine, le pré­sident a choi­si de res­pec­ter les pa­roles qu’il avait pro­non­cées de­vant le Congrès », in­dique un com­mu­ni­qué as­sez sur­réa­liste de la Rue de Sol­fé­ri­no.

Eco­lo­gistes et Front de gauche, eux, sont vent de­bout et ont an­non­cé qu’ils ne vo­te­raient pas la ré­forme. « Ils nous au­ront tout fait ! » peste Jean-Luc Mé­len­chon en dé­non­çant la re­prise d’une idée « pro­po­sée d’abord par Jean-Ma­rie Le Pen puis Ni­co­las Sar­ko­zy ». Par­ti­san de la dé­chéance, le dé­pu­té PS de Pa­ris Ch­ris­tophe Ca­resche juge que « le coût pour le pré­sident de ne pas faire ce qu’il avait an­non­cé se­rait beau­coup plus lourd que ce­lui des tur­bu­lences créées à gauche ». Un point de vue que ne par­tage pas Be­noît Ha­mon, l’un des chefs de file des fron­deurs : « Les consé­quences sur le plan po­li­tique se­ront ex­trê­me­ment lourdes. »

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