« Le ter­ro­risme n’a rien à voir avec le pas­se­port »

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Vi­try (Val-de-Marne) Fa­rid, né en France de pa­rents ka­byles DE­NIS COUR­TINE

LEUR PAS­SE­PORT al­gé­rien, ils pa­tientent des heures pour l’ob­te­nir au consu­lat à Vi­try (Val-de-Marne). Dans la file d’at­tente, le su­jet de la dé­chéance de na­tio­na­li­té est évo­qué. Et c’est peu dire qu’il fait dé­bat chez les bi­na­tio­naux. Sa­mia, mé­de­cin qui a gran­di en Al­gé­rie et ha­bite à Or­mes­son , ne com­prend pas « pour­quoi on joue à re­ti­rer la na­tio­na­li­té ». « J’ai vé­cu les at­ten­tats en Al­gé­rie dans les an­nées 1990 et je peux vous dire que le ter­ro­risme n’a rien à voir avec le pas­se­port. »

Un peu plus loin, Lah­lou, de Cré­teil, s’in­ter­roge aus­si. « Même si on a la double na­tio­na­li­té, on doit être trai­tés comme des Fran­çais de souche, es­time-t-il. Re­mettre en cause d’une cer­taine fa­çon le droit du sol, ça va loin. Tout ça alors que le ter­ro­risme ne concerne qu’une poi­gnée de per­sonnes. » Ka­mel, né dans l’Hexa­gone et dé­ten­teur de la double na­tio­na­li­té, per­çoit un « deux poids deux me­sures ». « Qu’on soit fran­çais ou pas, il faut l’en­le­ver à tout le monde », ba­laie-t-il d’un re­vers de main. A cô­té, Nas­sim, lui aus­si bi­na­tio­nal et né en France, se rend compte qu’il « n’au­ra plus les mêmes droits » mais a en­vie « d’en fi­nir de fa­çon ra­di­cale avec les ter­ro­ristes ».

Et cette en­vie de faire payer les ter­ro­ristes par n’im­porte quel moyen est très ré­pan­due. Qu’on ait la double na­tio­na­li­té ou pas. « Cette me­sure ne me choque pas du tout, clame Fa­rid, né en France de pa­rents ka­byles. Si tu te mets dans la peau d’un per­son­nage qui n’est pas fran­çais, eh bien tu vas ailleurs. » Et le fait que do­ré­na­vant les bi­na­tio­naux ne soient plus sur un pied d’éga­li­té avec les na­tio­naux ? « Je m’en fiche. Il s’agit de ter­ro­risme », ré­sume-t-il.

« Je trouve cette me­sure tout à fait nor­male, abonde Ali, qui a gran­di au Ma­li. On doit res­pec­ter le pays dans le­quel on vit. Je leur fe­rais bien pire que re­ti­rer la na­tio­na­li­té. » « Je ne suis pas ve­nu en France par choix, se sou­vient Eu­se­bio, né au Por­tu­gal. J’y suis ve­nu par né­ces­si­té. Quand on a la chance d’avoir les deux na­tio­na­li­tés ; on doit être deux fois plus ir­ré­pro­chable, c’est ce que je ré­pète à mes en­fants. »

« Cette me­sure ne me choque pas du tout »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.