En­quê­te­sur­la­mortd’Au­gus­tin

Se­lon ses pa­rents, cet en­fant de 10 mois a suc­com­bé au syn­drome du bé­bé se­coué. Ce que nie la nou­nou.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Mon­trouge (Hauts-de-Seine) Emi­lie S., mère d’Au­gus­tin

« NOUS VOU­LONS sa­voir pour­quoi on ne ver­ra ja­mais notre bé­bé mar­cher, pour­quoi nos Noëls se­ront gâ­chés jus­qu’à la fin de nos jours… » Franck et Emi­lie S., un couple de cadres ha­bi­tant Mon­trouge, ont en­ter­ré lun­di leur fils, Au­gus­tin, 10 mois. Il est dé­cé­dé onze jours plus tôt, après avoir pas­sé deux se­maines en soins in­ten­sifs à l’hô­pi­tal Ne­cker. Le constat des mé­de­cins à son ad­mis­sion était clair. « Ils nous ont dit que c’était le syn­drome du bé­bé se­coué », com­mente Franck d’une voix blanche.

Le 24 no­vembre dans l’après-mi­di, Emi­lie re­çoit un ap­pel de Nou­ra B, l’as­sis­tante ma­ter­nelle qui s’oc­cupe du bé­bé. « Elle me dit qu’Au­gus­tin a fait un ma­laise, qu’elle lui a fait un massage car­diaque et elle me passe un pom­pier », ra­conte Emi­lie. Ce der­nier lui de­mande im­mé­dia­te­ment si son bé­bé est tom­bé ré­cem­ment. L’en­fant est trans­por­té à Ne­cker, où les pa­rents ac­courent en ca­tas­trophe. Les neu­ro­logues livrent leur ter­rible ver­dict au terme d’une in- ter­mi­nable at­tente : hé­ma­tome sous-du­ral. Ils doivent opé­rer le cer­veau pour mettre fin à l’hé­mor­ra­gie in­terne. A la sor­tie du bloc de leur bé­bé, les pa­rents dé­couvrent le pe­tit corps branché à de mul­tiples tubes. « Là, on se de­mande si le cau­che­mar va s’ar­rê­ter », re­late Franck, les yeux rou­gis de larmes. Il ne fait que com­men­cer.

L’en­fant fête ses 10 mois à l’hô­pi­tal. Puis sa si­tua­tion semble s’amé­lio­rer : il bouge, ré­agit aux gestes de ses pa­rents et ouvre les yeux. Mais ces mou­ve­ments sont en réa­li­té des ré­flexes qui échappent à sa conscience. Il est dé­jà trop tard. Les pa­rents, qui avaient re­pris es­poir, sont fou­droyés de dou­leur à sa mort.

En voyant les marques sur le bé­bé, le per­son­nel de l’hô­pi­tal a aus­si­tôt fait un si­gna­le­ment au par­quet de Nan­terre, dès son ad­mis­sion. L’as­sis­tante ma­ter­nelle et son ma­ri, Moul­di B., tous les deux pré­sents au mo­ment des faits, sont mis en exa­men après leur garde à vue, le 28 no­vembre. Ils ont de­puis été lais­sés libres sous contrôle ju­di­ciaire, avec in­ter­dic­tion d’en­trer en contact avec les pa­rents. Ces der­niers, qui se sont consti­tués par-

« Elle me dit qu’Au­gus­tin a fait un ma­laise,

qu’elle lui a fait un massage car­diaque »

tie ci­vile et qui vivent à 200 m de chez la nou­nou, ne cachent pas leur écoeu­re­ment face cette si­tua­tion. « Ils ne com­prennent pas que ces gens ne soient pas en pri­son, au vu des soup­çons qui pèsent sur eux », in­dique leur avo­cat, Me Pierre de Combles de Nayves.

« La pré­somp­tion d’in­no­cence jouant, il n’est pas éton­nant qu’ils ne soient pas en dé­ten­tion pro­vi­soire », argue l’avo­cate de l’as­sis­tan- te ma­ter­nelle, Me Noé­mie Sai­diCot­tier. Sa cliente dé­ment avoir se­coué le bé­bé. L’avo­cate sou­ligne que les causes du décès n’ont pas en­core été dé­ter­mi­nées par l’en­quête. « Rien ne per­met de dire qu’il a été se­coué. Il y a des ex­per­tises mé­di­cales en cours », in­siste-t-elle. Le ré­sul­tat de­vrait être connu dans les pro­chaines se­maines.

(DR.)

Mon­trouge (Hauts-de-Seine). Au­gus­tin est mort le 10 dé­cembre à l’hô­pi­tal Ne­cker, après deux se­maines de soins in­ten­sifs. Les pa­rents se sont consti­tués par­tie ci­vile pour connaîtres les causes exactes de sa mort.

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