A Cré­teil, le coach di­rige son gendre

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - STÉ­PHANE BIAN­CHI

Cette se­maine, nous vous fai­sons par­ta­ger des his­toires de spor­tifs qui pra­tiquent la com­pé­ti­tion en famille. Qua­trième vo­let au­jourd’hui avec la sin­gu­lière re­la­tion entre le coach de Cré­teil Handball et l’un de ses joueurs. L’ÉQUIPE DE HANDBALL de Cré­teil a ini­tié, de­puis jan­vier et l’ar­ri­vée de Ch­ris­tophe Ma­zel sur le banc, un drôle de feuille­ton fa­mi­lial. Le suc­ces­seur de Pa­vo­ni di­rige en ef­fet le com­pa­gnon de sa fille Pau­line, An­toine Fer­ran­dier. « Je men­ti­rais si je di­sais que ça n’a pas joué dans ma ré­flexion lorsque les contacts avec Cré­teil se sont noués, avoue Ma­zel. J’ai pen­sé à ce que ça pour­rait chan­ger de de­ve­nir son coach et d’avoir, du coup, une em­prise im­por­tante sur lui. Mais comme nos rap­ports hu­mains étaient francs, sains et qu’An­toine n’avait pas at­ten­du que je sois là pour se faire une place dans l’ef­fec­tif, il n’y avait au­cune rai­son que ça pose pro­blème. »

An­toine as­sure être « un joueur lamb­da »

Comme son beau-père, le de­mi-centre (23 ans) re­con­naît qu’il a eu lui aus­si « une pé­riode d’ap­pré­hen­sion ». « Quand j’ai ap­pris que c’était lui qui avait si­gné, j’ai un peu stres­sé, no­tam­ment sur le re­gard qu’al­laient me ré­ser­ver mes par­te­naires, sou­rit-il. Mais mes potes connais­saient Pau­line et tout le monde sa­vait qu’on était en­semble de­puis plu­sieurs an­nées. Les gars m’ont de­man­dé des ren­sei­gne­ments sur ses mé­thodes d’en­traî­ne­ment. Mais j’étais in­ca­pable de leur ré­pondre puisque moi aus­si, j’al­lais le dé­cou­vrir en tant que coach. »

Ma­zel et son « gendre » font en sorte de ne pas mé­lan­ger vie pri­vée et vie pro­fes­sion­nelle. Si le jeune couple et le coach ha­bitent la même ré­si­dence, le hand cris­to­lien n’y a pas droit de ci­té. Et le seul signe ex­té­rieur de proxi­mi­té que les deux hommes s’au­to­risent de­vant l’équipe, c’est la bise qu’ils se font pour se sa­luer. « Mais c’est parce qu’on se connaît de­puis tou­jours, glisse Fer­ran­dier. Ch­ris­tophe est un ami de mon père, avec qui il a fait le Ba­taillon de Join­ville. »

Pour le reste, An­toine as­sure être « ni plus ni moins qu’un joueur lamb­da » aux yeux de son coach. « On a une re­la­tion ba­sique d’en­traî­neur à en­traî­né, ex­plique-t-il. Il donne les consignes et j’exé­cute sans rien dire, même si je ne suis pas d’ac­cord. J’es­saye de ne ja­mais ou­blier de faire ce qu’il faut sur le ter­rain pour que per­sonne ne pense que c’est parce que je suis le co­pain de sa fille que je joue. » « Vous en connais­sez des en­traî­neurs as­sez sui­ci­daires ou as­sez cons pour pri­vi­lé­gier l’af­fect aux résultats ? in- ter­roge Ma­zel. La seule chose qui guide mes choix, c’est la per­for­mance. » Un ar­gu­ment im­pa­rable quand on sait que Cré­teil est 4e de D 1. Une place que le club n’avait plus oc­cu­pée de­puis 2005.

(LP/Icon Sport/An­tho­ny Di­bon.)

Le hand­bal­leur cris­to­lien An­toine Fer­ran­dier (à dr.) est par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­tif aux conseils don­nés par son en­traî­neur, Ch­ris­tophe Ma­zel. Et pour cause, ce der­nier est éga­le­ment le père de la com­pagne d’An­toine, Pau­line.

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