Lyon s’en re­met à Bru­no Gé­né­sio

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - AN­THO­NY FAURE ET YVES LE­ROY

CETTE FOIS, Bru­no Gé­né­sio est en pre­mière ligne. Homme de l’ombre de­puis 2005 à l’OL, en­fant de la ca­pi­tale des Gaules et du club de­puis tou­jours, l’en­traî­neur ad­joint va bien rem­pla­cer Hu­bert Four­nier. L’OL a com­mu­ni­qué sa dé­ci­sion hier, confir­mant une ten­dance ré­vé­lée par notre jour­nal dès le 10 dé­cembre. « La pre­mière par­tie de la sai­son a été net­te­ment au-des­sous des at­tentes du club sur le plan spor­tif », jus­ti­fie le texte of­fi­ciel, sans ja­mais ci­ter le nom, ni le sort de Four­nier. Ce­lui-ci, après avoir qua­li­fié Lyon pour la pre­mière fois en Ligue des cham­pions, lors de sa pre­mière sai­son, a sem­blé perdre le contrôle cette an­née. Il laisse l’équipe pri­vée de Coupe d’Eu­rope et 9e du cham­pion­nat.

Le pré­sident Jean-Mi­chel Au­las, qui a ac­cor­dé sa confiance jus­qu’à la fin de sai­son à Gé­né­sio, jus­ti­fie­ra son choix lun­di. Il de­vra convaincre, car il avait d’abord pro­mis, en cas de chan­ge­ment, « un coach en réus­site constante de­puis quelque temps ». L’opi­nion pu­blique lyon­naise est très ré­ser­vée à l’égard d’un en­traî­neur at­ta­ché au club mais qui a une ex­pé­rience très li­mi­tée en tant que no 1. Gé­né­sio, 49 ans, a di­ri­gé trois équipes : Ville­franche-sur-Saône en CFA (1998-2000), Be­san­çon en Na­tio­nal (2004) et la ré­serve de l’OL en CFA (2009-2010). Dans ses deux pre­miers clubs, il a na­vi­gué en bas de ta­bleau, alors que la ré­serve olym­pienne a ter­mi­né 4e de sa poule et rem­por­té le Cham­pion­nat de France des ré­serves pros sous ses ordres. C’est sur son ex­pé­rience d’ad­joint d’Houl­lier, Per­rin, Puel, Garde et Four­nier que le club compte sur­tout s’ap­puyer. Cô­té joueurs, le di­vorce était consom­mé avec Four­nier. Reste dé­sor­mais à Gé­né­sio à prou­ver qu’il peut tran­cher dans le vif et se faire à un nou­veau cos­tume. « Bru­no est de la mai­son, sou­ligne un joueur. Il tra­vaille bien et il connaît très bien le groupe. Main­te­nant, c’est un rôle com­plè­te­ment dif­fé­rent. Il est ca­pable d’être au­to­ri­taire, on ver­ra bien. »

Proche de La­ca­zette

Gé­né­sio a l’avan­tage de la proxi­mi­té avec les joueurs is­sus de la for­ma­tion et de très bonnes re­la­tions avec Alexandre La­ca­zette. « Il a vu gran­dir la nou­velle gé­né­ra­tion, sou­ligne Tho­mas Fon­taine, joueur d’Auxerre (L 2) qui a été di­ri­gé par Gé­né­sio en CFA. Il sait com­ment gé­rer per­son­nel­le­ment chaque joueur. Il a une men­ta­li­té de ga­gneur et il est un peu cash. Quand ça n’al­lait pas, il ne pous­sait pas spé­cia­le­ment des gueu­lantes, mais il nous le fai­sait vite com­prendre. » Gilles Rous­set, en­traî­neur des gar­diens des jeunes de l’OL, a, quant à lui, cô­toyé Gé­né­sio en tant que joueur à l’OL et en tant que coach en CFA : « Quand Gal­tier a pris la suc­ces­sion de Per­rin (NDLR : en 2009 à Saint-Etienne), beau­coup se po­saient des ques­tions. Et Gal­tier fait un très bon bou­lot de­puis six ans. Pour­tant, il a été long­temps no 2. »

Georges Prost, di­rec­teur du centre de for­ma­tion de l’OL de 2007 à 2010, a aus­si tra­vaillé avec le nou­vel homme fort de l’OL. Il ré­sume ses forces et ses fai­blesses : « C’est dans la tra­di­tion lyon­naise de don­ner les rênes à quel­qu’un du cru. Il a fait ses preuves comme ad­joint. Après, quand on prend les rênes, il faut mon­trer quelque chose de dif­fé­rent. A lui de prou­ver son po­ten­tiel et de sai­sir sa chance. » Avec une place qua­li­fi­ca­tive pour la Ligue des cham­pions comme ob­jec­tif et une en­trée dans le nou­veau stade dès le 9 jan­vier, les oc­ca­sions ne man­que­ront pas.

Avec 5 chan­ge­ments de banc à la trêve (dont 2 dé­mis­sions : Biel­sa et Cour­bis), la Ligue 1 égale le re­cord de 2013-2014. 2004-2005 reste à part avec 10 dé­parts en cours de sai­son. EN FRANCE, tout le monde sait ce qu’est le squash, mais per­sonne ou presque ne connaît Gré­go­ry Gaul­tier. Sa­cré cham­pion du monde à Seat­tle le mois der­nier, le Fran­çais, 33 ans, reste as­si­gné à un qua­si-ano­ny­mat, en dé­pit d’un pal­ma­rès à faire pâ­lir un ten­nis­man tri­co­lore. « Un jour à l’aé­ro­port Charles-de-Gaulle, l’em­ployé de la douane m’a re­con­nu à la lec­ture de mon pas­se­port, té­moigne l’Aixois, na­tif d’Epi­nal. Mon nom parle par­fois plus que mon vi­sage. Ça dé­pend des pays. A Hongkong, des gens me re­con­naissent dans la rue. En France, c’est plus rare. »

Gaul­tier s’ac­com­mode tou­te­fois de ce sta­tut de cham­pion in­vi­sible. « J’ai tou­jours vou­lu jouer au squash et en faire ma vie, confie-t-il. J’ai tou­ché à un peu tous les sports mais sans me pen­cher sé­rieu­se­ment sur au­cun. J’aime bien tous les sports de ra­quette : bad­min­ton, ten­nis, etc. Mais ce ne sont pas les sports qui me bottent. » Et qu’im­porte que sa dis­ci­pline, d’obé­dience an­glo-saxonne, n’of-

(Pho­topqr/ «l’Al­sace»/Da­rek Szus­ter.)

«Je suis plus heu­reux à chas­ser des titres qu’à cou­rir après de l’ar­gent », confie Gré­go­ry Gaul­tier, no­tam­ment sa­cré cham­pion du monde de squash cette an­née.

(AFP/P.P.-C.)

Bru­no Gé­né­sio, nou­veau coach de l’OL.

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