At­ten­tion, les

Des bandes-an­nonces vio­lentes sont par­fois dif­fu­sées avant des pro­grammes tous pu­blics. En­quête.

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Emi­lie, mère de deux gar­çons de 5 et 8 ans RE­NAUD BA­RO­NIAN

UNE JEUNE FEMME prend son bain lorsque sou­dain une main gan­tée te­nant un long poin­çon sur­git dans son dos et lui plante l’ob­jet dans la gorge. Cette sé­quence plu­tôt dé­ran­geante, ti­rée de la bande-an­nonce du thril­ler « Pré­mo­ni­tions », a été ré­cem­ment dif­fu­sée avant des séances de films des­ti­nés à des pu­blics fa­mi­liaux et aux en­fants. Sel­ma, qui ré­side dans l’Oise, a ain­si du mal à s’en re­mettre : « Nous étions au mul­ti­plexe Pathé à Mon­ta­taire avec mon ma­ri et notre pe­tit gar­çon de 10 ans, El­liott, pour dé­cou­vrir Mi­crobe et Ga­soil de Mi­chel Gon­dry lorsque nous avons vu cette image af­freuse. Même pour nous, les adultes, c’était violent. Ima­gi­nez pour notre fils, et pour d’autres en­fants plus pe­tits dans la salle. Et ce n’était pas la pre­mière fois. »

Ce cas de fi­gure n’existe pas qu’au ci­né­ma : à la té­lé­vi­sion, les grandes chaînes dif­fusent des bandes-an­nonces avec par­fois des images vio­lentes, avant, pen­dant ou après des pro­grammes fa­mi­liaux, entre 17 heures et 20 heures « Mes fils, qui aiment re­gar­der Mo­ney Drop sur TF 1, sont dé­jà tom­bés sur une bande-an­nonce des Ex­perts avec explosion de buil­dings, fusillades. Du coup, j’ai dû vite zap­per, dé­plore Emi­lie, mère de deux pe­tits gar­çons de 5 et 8 ans. Et il y a quelques se­maines, alors qu’on s’ap­prê­tait à re­gar­der La France a un in­croyable ta­lent sur M 6, il y a eu une pré­sen­ta­tion de la sé­rie po­li­cière Se­crets and Lies, dé­con­seillée aux moins de 10 ans, J’ai dû ex­pli­quer à Adrien, 5 ans, pour­quoi le pe­tit gar­çon était mort dans le film. Su­per soi­rée ! »

Sur In­ter­net, c’est pire : quel que soit la vi­déo, le clip mu­si­cal ou le site que l’on consulte, des fe­nêtres pu­bli­ci­taires s’ouvrent avec des images — bandes-an­nonces de jeux vi­déo, de films, de sé­ries… — net­te­ment plus dures et qui n’ont sou­vent rien à voir avec la de­mande de l’in­ter­naute.

Pour­tant, des règles concer­nant l’en­ca­dre­ment de la dif­fu­sion de bandes-an­nonces ont été éta­blies, mais elles sont par­fois dif­fi­ciles à ap­pli­quer.

Des so­lu­tions, ten­dant à une vi­gi­lance ac­crue, existent mal­gré tout, mais elles dé­pendent prin­ci­pa­le­ment de la bonne vo­lon­té des pro­fes­sion­nels de chaque sec­teur. En at­ten­dant, les pa­rents tentent de prendre leurs pré­cau­tions comme ils peuvent. « Dé­sor­mais, quand on va au ci­né­ma, mon ma­ri entre dans la salle et moi j’at­tends avec mon fils à l’ex­té­rieur, ex­plique Sel­ma. Il nous fait signe quand les bandes-an­nonces sont ter­mi­nées. Comme ça on n’a pas de mau­vaises sur­prises. »

« J’ai dû ex­pli­quer à Adrien, 5 ans, pour­quoi le gar­çon était mort

dans le film »

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