« Une seule image vio­lente suf­fit »

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR -

L’UNION NA­TIO­NALE des as­so­cia­tions fa­mi­liales (Unaf) constate ré­gu­liè­re­ment que des bandes-an­nonces au conte­nu violent sont dif­fu­sées sur le grand et le pe­tit écran, ain­si que sur la Toile. C’est ce qu’af­firme Oli­vier Gé­rard, son res­pon­sable du pôle mé­dias. Des pa­rents vous ont-ils dé­jà aler­té sur des bandes-an­nonces vio­lentes avant des films fa­mi­liaux? OLI­VIER GÉ­RARD. Oui, ré­gu­liè­re­ment. A tel point que nous avons par le pas­sé me­né une en­quête sur le su­jet au­près de pa­rents. Beau­coup ont vé­cu ce genre de si­tua­tion avec des bandes-an­nonces « in­adap­tées ». Des cas sont aus­si si­gna­lés pour la té­lé­vi­sion ou In­ter­net. Mais qu’en­tend-on exac­te­ment par « in­adap­té » ? Cer­tains pa­rents se plaignent de la thé­ma­tique trai­tée — comme le pa­ra­nor­mal, par exemple — ou du cli­mat gé­né­ral de la bande-an­nonce, or c’est très sub­jec­tif, ce­la dé­pend de l’ap­pré­cia­tion de cha­cun. Mais d’autres ont si­gna­lé des cas très spé­ci­fiques, avec du conte­nu qui per­tur­bait dé­jà les adultes, et da­van­tage les en­fants. Une image suf­fit alors. C’est ce deuxième cas qui pose vrai­ment pro­blème. Pour­tant, au ci­né­ma, les bandes-an­nonces doivent re­ce­voir au préa­lable l’aval de la com­mis­sion de clas­si­fi­ca­tion, où siègent des membres des as­so­cia­tions fa­mi­liales. Oui, pour le ci­né­ma, c’est pré­vu par dé­cret, mais mal­heu­reu­se­ment, dans les faits, toutes les bandes-an­nonces ne sont pas en­voyées à la com­mis­sion. Pour la té­lé­vi­sion, nous n’hé­si­tons pas à faire re­mon­ter les re­marques de nos adhé­rents au CSA — où nous fai­sons par­tie du co­mi­té d’ex­perts jeune pu­blic. Mais il est par­fois dif­fi­cile d’ap­pré­cier quelle peut être la bande-an­nonce idéale avant, pen­dant ou juste après un pro­gramme. Pour le ci­né­ma, en es­sayant de par­ve­nir à ce que toutes les bandes-an­nonces soient vi­sion­nées par la com­mis­sion de clas­si­fi­ca­tion. Sur­tout, nous sou­hai­tons dé­pas­sion­ner le dé­bat et dia­lo­guer avec les ex­ploi­tants de salles et leur fé­dé­ra­tion. Pour la té­lé­vi­sion et sur­tout pour In­ter­net, la meilleure pro­tec­tion, c’est en­core celle des pa­rents : ils se doivent de veiller à ce que leurs jeunes en­fants ne soient pas trop seuls de­vant la té­lé, se ren­sei­gner sur ce qu’ils re­gardent sur In­ter­net, et dia­lo­guer en famille est une bonne so­lu­tion...

(DR.)

Oli­vier Gé­rard.

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