Des bandes-an­nonces mal contrô­lées

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - R. B.

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DIT LA LOI ? Consi­dé­rée comme une oeuvre à part en­tière, la bande-an­nonce de ci­né­ma est ré­gie par les ar­ticles R211-1 à 49 du Code du ci­né­ma et de l’image ani­mée. Comme les films, toutes les bandes-an­nonces sont cen­sées être en­voyées à la com­mis­sion de clas­si­fi­ca­tion des oeuvres ci­né­ma­to­gra­phiques, et re­ce­voir un vi­sa pour être dif­fu­sées en salles. Les bandes-an­nonces clas­sées « in­ter­dites aux moins de 12 ans », un cas ex­cep­tion­nel, ne peuvent être dif­fu­sées qu’avant des pro­jec­tions de films vi­sés par la même in­ter­dic­tion.

SE PASSE-T-IL DANS LA RÉA­LI­TÉ ? Une fois qu’ils ont ob­te­nu le vi­sa d’ex­ploi­ta­tion pour leurs films, les dis­tri­bu­teurs n’en­voient pas sys­té­ma­ti­que­ment toutes leurs bandes-an­nonces à la com­mis­sion. De plus « il existe une dif­fi­cul­té par­ti­cu­lière pour les bandes-an­nonces proje-

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tées avec les films des­ti­nés aux en­fants, ex­plique-t-on au Centre na­tio­nal du ci­né­ma. Cer­taines, même clas­sées tous pu­blics, peuvent pa­raître non adap­tées au pu­blic fa­mi­lial ». En pra­tique, il existe deux types de bandes-an­nonces. La pre­mière ca­té­go­rie est gra­tuite : les dis­tri­bu­teurs de films les en­voient aux di­rec­teurs de salles pour les dif­fu­ser. La se­conde est payante. La dif­fu­sion de ces ban­de­san­nonces-là est ache­tée par les dif­fu­seurs comme n’im­porte quelle page de pub et sont pro­je­tées entre deux pro­mo­tions de pro­duits di­vers. Des sé­quences li­vrées clé en main aux salles. Pro­blème : les bandes-an­nonces payantes peuvent être dif­fu­sées avant n’im­porte quel film comme n’im­porte quelle pub. Là, « c’est à la ré­gie d’aver­tir l’ex­ploi­tant de telle ou telle sé­quence sen­sible ou vio­lente dans une bande-an­nonce », ex­plique Marc-Oli­vier Sebbag, dé­lé­gué gé­né­ral de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des ci­né­mas fran­çais. « Il y a plus de sept mil­lions de séances de ci­né­ma par an, et des er­reurs peuvent ar­ri­ver. C’est re­gret­table mais ça reste mi­no­ri­taire… »

FAUT-IL CHAN­GER ? Etre plus vi­gi­lant et faire en sorte que la com­mis­sion de clas­si­fi­ca­tion oblige les dis­tri­bu­teurs à lui en­voyer toutes les bandes-an­nonces sans ex­cep­tion. Sur­tout dans la me­sure où, comme le sou­lignent les di­rec­teurs de salles eux-mêmes par le tru­che­ment de leur fé­dé­ra­tion, « dif­fu­ser une ban­dean­nonce in­ap­pro­priée avant un film tous pu­blics se ré­vèle to­ta­le­ment contre-pro­duc­tif. » Ef­fec­ti­ve­ment, mon­trée avant une séance fa­mi­liale, une pub pour un film d’hor­reur ou violent n’amè­ne­ra pas un spec­ta­teur à ce der­nier.

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(SND et Prod.)

Un ex­trait de « Pré­mo­ni­tions » a été pro­je­té dans les salles avant le film « Mi­crobe et Ga­soil » (à droite) pour jeunes ados.

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