« Je m’voyais dé­jà… »

Chef de l’Etat, pour­quoi pas moi ? Pas dé­cou­ra­gé par sa dé­mis­sion for­cée de la tête de l’UMP ni par l’af­faire Byg­ma­lion, le maire de Meaux pré­pare son re­tour. Avec une cible : Sar­ko­zy.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Un an­cien mi­nistre OLI­VIER BEAUMONT

DIX-HUIT MOIS d’abs­ti­nence mé­dia­tique au­ront-ils suf­fi à Jean-Fran­çois Co­pé pour se ré­con­ci­lier avec les Fran­çais ? Lui, le mal-ai­mé des son­dages, éjec­té de la di­rec­tion de l’UMP en juin 2014 pour cause de scan­dale Byg­ma­lion, dé­tes­té par tout un pan de son par­ti, veut croire, à 51 ans, que la roue peut en­core tour­ner. Et c’est dans les toutes pro­chaines se­maines qu’il a pré­vu de re­ve­nir sur le de­vant de la scène, avec la pu­bli­ca­tion d’un livre (« le Sur­saut fran­çais », Ed. Stock) le 20 jan­vier.

La veille, dans un plan de com bien hui­lé, l’ani­ma­teur Marc-Oli­vier Fo­giel re­cueille­ra ses confi­dences dans « le Di­van », sur France 3. « Il veut pas­ser par une émis­sion plus hu­maine que po­li­tique, pour al­ler au-de­là de la ca­ri­ca­ture qu’on fait de lui », sou­ligne son en­tou­rage, en dé­cri­vant un Co­pé en « pleine ré­si­lience » qui a « beau­coup tra­vaillé sur lui-même ».

De là à faire le coup du « j’ai chan­gé », maintes fois ten­té par Ni­co­las Sar­ko­zy ? Dans les rangs des Ré­pu­bli­cains, on ne peut pas dire que ce re­tour sou­lève l’en­thou­siasme des foules. « Il n’a rien com­pris. C’est pa­thé­tique », tacle Sar­ko­zy, qui le juge res­pon­sable de ses en­nuis dans l’af­faire Byg­ma­lion, dans le cadre de la­quelle Co­pé a été en­ten­du en juillet, mais pas mis en exa­men. « Il est cra­mé, et pour en­core long­temps », en­fonce un an­cien mi­nistre. Le prin­ci­pal in­té­res­sé fait la sourde oreille. Son mo­dèle ? Jacques Chi- rac, qui connut lui-même une tra­ver­sée du dé­sert, et à qui il a adres­sé un clin d’oeil lors d’un dé­bat or­ga­ni­sé il y a peu par un think tank ins­tal­lé au 30, ave­nue d’Ié­na… dans les an­ciens lo­caux de cam­pagne de Chi­rac en 1995. « A cette époque, il n’y avait pas grand monde au­tour de lui. Et re­gar­dez ce qui est ar­ri­vé après : il a ga­gné », a cla­mé le dé­pu­té-maire de Meaux (Sei­neet-Marne).

Car Co­pé pré­pare sa re­vanche. Celle d’une pro­bable can­di­da­ture à la pri­maire de no­vembre 2016. « Il n’ex­clut rien. Ce­qui est sûr, c’est que contrai­re­ment à d’autres can­di­dats po­ten­tiels il n’au­ra pas de pro­blèmes pour re­cueillir les par­rai­nages de par­le­men­taires et de militants », re­lève un proche. Si on l’a peu vu ces der­niers mois, il a ac­ti­vé ses ré­seaux en cou­lisses. Ceux de Gé­né­ra­tion France d’abord, son mi­cro­par­ti. Chaque mar­di ma­tin, il or­ga­nise aus­si une réunion de ses sou­tiens, ja­mais moins de vingt élus, dans son bu­reau de l’As­sem­blée. En­fin, il s’est rap­pro­ché de ri­vaux de Sar­ko­zy, comme Fran­çois Fillon ou Na­dine Mo­ra­no. « On n’en est pas à se dire qu’il peut ga­gner, bien sûr. Le che­min est en­core long pour lui. Mais il est aus­si lé­gi­time que d’autres à concou­rir », es­time un dé­pu­té fran­ci­lien.

Sur­tout, Jean-Fran­çois Co­pé veut croire que les tré­fonds de l’im­po­pu­la­ri­té sont der­rière lui. « Il re­monte dans les son­dages », se ras­sure un proche, qui cite une en­quête Ifop où il at­teint 35 % d’opi­nions fa­vo­rables… au­tant que Sar­ko­zy. Et pas si loin de ses autres concur­rents po­ten­tiels, Laurent Wau­quiez (38 %) et Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet (39 %).

« Il est cra­mé, et pour

en­core long­temps »

@oli­vier­beau­mont

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Jean-Fran­çois Co­pé prend pour mo­dèle Jacques Chi­rac qui a aus­si connu une tra­ver­sée du dé­sert.

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