« Des tem­pé­ra­tures trop éle­vées, même pour la neige de culture »

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - Villard-de-Lans - Cor­ren­çon (Isère) De notre cor­res­pon­dant Ca­role Mon­tillet, mé­daille d’or en des­cente aux JO de 2002 SERGE PUEYO

OÙ SONT PAS­SÉS les flo­cons ? Dans les Alpes, la dou­ceur et l’ab­sence de chute de neige de­puis plu­sieurs se­maines ont eu des ef­fets ra­va­geurs sur les do­maines skiables, qui se ré­duisent comme peau de cha­grin au fil des jours. C’est le cas en Isère, dans le mas­sif du Ver­cors, où la sta­tion de Villard-deLans - Cor­ren­çon (1 100 m d’al­ti­tude) af­fiche seule­ment 13 pistes ou­vertes sur 50. « Ce­la re­pré­sente 35 % de notre do­maine. Les tem­pé­ra­tures sont trop éle­vées pour que les ca­nons puissent pro­duire de la neige de culture. On doit donc faire des miracles chaque nuit pour tra­vailler la neige en­core pré­sente afin de pro­po­ser à nos clients un pro­duit cor­rect », ex­plique Di­dier Beuque, le res­pon­sable des re­mon­tées mé­ca­niques.

Les va­can­ciers ne sombrent pas pour au­tant dans la mo­ro­si­té. Au pied des quelques pistes en­core ou­vertes, ils gardent le sou­rire : « Ce n’est pas la ca­tas­trophe. On peut en­core skier, même si ce n’est pas du grand ski. L’es­sen­tiel, c’est qu’il fasse beau. Et puis, on est ve­nus à la mon- tagne pour dé­com­pres­ser et pas­ser Noël en famille. Pas for­cé­ment pour skier toute la jour­née », ex­plique Va­lé­rie qui vient de Mon­té­li­mar (Drôme) avec ses deux en­fants et son ma­ri, Phi­lippe. Au pied des pistes, on tombe même sur une cham­pionne olym­pique, Ca­role Mon­tillet, mé­daille d’or en des­cente aux JO de Salt Lake Ci­ty en 2002. « J’ha­bite le Ver­cors et je suis donc ve­nue skier à Villard avec ma fille Ju­liette qui a 7 ans. C’est im­pres­sion­nant de voir com­ment la sta­tion a su pré­ser­ver le peu de neige qu’il reste. On peut en­core se faire plai­sir », as­sure cette pro. Yves, son épouse, Clo­tilde, et leurs en­fants, Pierre, 12 ans, et Ma­thilde, 14 ans, ont re­non­cé à dé­va­ler les pentes du ma­tin au soir. « Mais on ne s’en­nuie pas une se- conde, s’ex­clame Yves, car il y a plein d’autres ac­ti­vi­tés. On est al­lés à la pis­cine, on a fait du VTT, de la marche à pied dans la fo­rêt. C’est agréable avec ce beau temps. »

Du cô­té des com­mer­çants, le sou­rire est un peu plus cris­pé. « Notre ac­ti­vi­té est ré­duite de 50 % par rap­port à des pé­riodes d’en­nei­ge­ment nor­males », re­con­naît Luc Maréchal qui tient un ma­ga­sin de lo­ca­tion de skis. « Mais on ne va pas trop se plaindre car, la sai­son der­nière, il n’y avait pas de neige du tout à la même époque. Ce qui nous in­quiète main­te­nant, c’est la se­conde se­maine des va­cances où l’on at­tend beau­coup de monde. Mais ça va être dur de te­nir alors que la mé­téo ne voit tou­jours pas les flo­cons ar­ri­ver. »

Au ser­vice des re­mon­tées mé­ca­niques, de nom­breux sai­son­niers at­tendent tou­jours d’être em­bau­chés. « On a ac­tuel­le­ment 70 em­ployés qui tra­vaillent sur 120 ha­bi­tuel­le­ment », pré­cise Di­dier Beuque. Mais les tou­ristes sont pour l’ins­tant au ren­dez­vous : « On a de bons taux d’oc­cu­pa­tion, 60 % pour la pre­mière se­maine, 85 % pour la se­conde, pré­cise Ch­ris­tian Dou­che­ment, di­rec­teur de l’of­fice de tou­risme. Seules les ré­ser­va­tions de der­nière mi­nute et la clien­tèle de proxi­mi­té nous font dé­faut. » Pour com­bien de temps ?

« On peut en­core se faire plai­sir »

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