C’est lui qui in­vite

Suite de nos por­traits des per­son­na­li­tés dis­crètes du monde du spec­tacle. Ren­contre au­jourd’hui avec le pro­gram­ma­teur Jacques San­chez.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Jacques San­chez, pro­gram­ma­teur

LORS­QU’IL A FÊ­TÉ son an­ni­ver­saire dans un res­tau­rant branché il y a deux ans, il y avait le Tout-Pa­ris : des ani­ma­teurs té­lé (Dru­cker, Ru­quier, Bern, Ar­dis­son…), des jour­na­listes (El­kab­bach, Pul­var, Tous­saint…), des co­mé­diens (Mer­gault, Bes­ne­hard…) et des po­li­tiques (Hi­dal­go, Ba­che­lot, Fer­ry…). Se­lon ses propres termes, Jacques San­chez connaît « tout le monde ». C’est même son mé­tier. Car de­puis vingt-cinq ans, ce Nî­mois de 49 ans est pro­gram­ma­teur à la té­lé et à la ra­dio, c’est-à-dire qu’il in­vite des per­son­na­li­tés dans les émis­sions.

Au­jourd’hui, avec sa so­cié­té Go­tha Pro­ject — qui em­ploie trois autres col­la­bo­ra­teurs —, il com­pose les pla­teaux de di­zaines de pro­grammes. Jacques San­chez convie ar­tistes, po­li­tiques et grands pa­trons dans « Sa­lut les Ter­riens » sur Ca­nal +, mais aus­si dans les tranches ani­mées par Guillaume Du­rand sur Ra­dio Clas­sique, les in­ter­views fil­mées des sites In­ter­net des « Echos » ou de « l’Opi­nion », ou en­core les émis­sions de la chaîne Non Stop People (sur le bou­quet Ca­nalSat). « Je ne suis pas une se­cré­taire qui ap­pelle les gens, pré­cise-t-il pour dé­crire son mé­tier. Je dois d’abord avoir des idées. »

Comme il aime le faire dans la vie, Jacques San­chez or­ga­nise donc à la té­lé « des ren­contres entre gens qui n’ont ab­so­lu­ment rien à faire en­semble ». D’ailleurs, cet homme co­quet qui ar­bore cols en V et mon­tures de lu­nettes trans­pa­rentes as­sure que les po­li­tiques et les ar­tistes « fonc­tionnent de la même fa­çon » : « Ils ont des plans de pro­mo­tion et ne s’expriment que quand ils ont quelque chose à vendre. » Le tra­vail de Jacques consiste donc à convaincre ces per­son­na­li­tés de par­ti­ci­per à des émis­sions aux­quelles elles n’ont pas for­cé­ment en­vie d’al­ler. Sa méthode ? « Je joue sur mes re­la­tions d’ami­tié et d’af­fec­tion. Je suis dans la sé­duc­tion en per­ma­nence », ex­plique ce pro­fes­sion­nel ex­trê­me­ment cour­tois, qui pro­met sur son ré­pon­deur de rap­pe­ler ce­lui qui lui laisse un mes­sage… Et jure le faire sys­té­ma­ti­que­ment. Tou­jours dis­po­nible pour ses clients (« Thier­ry Ar­dis­son ou Guillaume Du­rand savent qu’ils peuvent m’ap­pe­ler jour et nuit »), il est aux pe­tits soins avec les people : « Je suis comme une nou­nou : je m’oc­cupe des taxis et je fais en sorte qu’il y ait des pe­tits ca­deaux comme des bou­gies ou du thé dans les loges. »

Avant d’avoir ces mil­liers de nu­mé­ros de té­lé­phone dans son por- table (« dont ce­lui du pré­sident de la Ré­pu­blique »), Jacques San­chez a tra­vaillé comme ani­ma­teur ou as­sis­tant à RTL, RMC, Sud Ra­dio ou MCM. « Dès l’âge de 10-12 ans, je sa­vais que je vou­lais vivre à Pa­ris et cô­toyer les gens qui fai­saient de la té­lé », ex­plique-t-il. A peine sor­ti de l’ado­les­cence, le jeune homme en­voie des lettres dans des sta­tions de ra­dio, et il com­mence à tra­vailler à RTL à l’âge de 17 ans. Jacques San­chez dé­cro­che­ra tout de même sa maî­trise de langues étran­gères ap­pli­quées « pour faire plai­sir à mes pa­rents ».

En 1991, il com­mence à tra­vailler avec Laurent Ru­quier pour « Rien à ci­rer ». « C’est ma plus belle ren­contre », dit en­core au­jourd’hui ce­lui qui a été le com­pa­gnon de l’ani­ma­teur et est res­té très proche de lui (c’est d’ailleurs Ru­quier qui signe la pré­face des L’ac­teur amé­ri­cain a ac­cep­té de res­ti­tuer à la jus­tice amé­ri­caine un crâne de di­no­saure vieux de 65 mil­lions d’an­nées, ex­por­té illé­ga­le­ment de Mon­go­lie, qu’il avait ache­té de bonne foi aux en­chères pour 276 000 $ en 2007. « Il avait re­çu un cer­ti­fi­cat d’au­then­ti­ci­té de la mai­son d’en­chères », a pré­ci­sé son agent. Grand col­lec­tion­neur, Ni­co­las Cage (notre pho­to) au­rait été en concur­rence pour l’achat de ce scalp de Tar­bo­sau­rus ba­taar avec Leo­nar­do DiCa­prio, se­lon la presse amé­ri­caine.

« Je joue sur mes re­la­tions d’ami­tié

et d’af­fec­tion. Je suis dans la sé­duc­tion

en per­ma­nence »

Jacques San­chez tra­vaille pour de nom­breuses émis­sions, dont «On n’est pas cou­ché». Il sé­lec­tionne les in­vi­tés pour que l’al­chi­mie prenne bien sur le pla­teau.

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