L’in­las­sable quête des 500 bé­bés vo­lés

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - F.G.

PEN­DANT la dic­ta­ture ar­gen­tine, 30 000 op­po­sants au ré­gime ont dis­pa­ru ou ont été tués par les mi­li­taires, se­lon les as­so­cia­tions de dé­fense des droits de l’homme. Mais la junte n’a pas seule­ment em­pri­son­né et tor­tu­ré les Ar­gen­tins aux opi­nions consi­dé­rées comme sub­ver­sives. 500 nour­ris­sons ont aus­si été vo­lés à leurs pa­rents, se­lon les as­so­cia­tions. « Les pri­son­nières en­ceintes étaient gar­dées jus­qu’à l’ac­cou­che­ment puis leur bé­bé leur était en­le­vé. Et par­fois les en­fants de moins d’un an aus­si ont été vo­lés », dé­crit Analía Ar­gen­to, jour­na­liste et au­teur de dif­fé­rents ou- vrages sur ces iden­ti­tés écla­tées. Les nour­ris­sons étaient don­nés à des proches du ré­gime, qui dis­si­mu­laient tout de son ori­gine à l’en­fant adop­té. « Les mi­li­taires s’étaient at­tri­bué le droit de mort et le droit de vie, ana­lyse Analía Ar­gen­to. Il y avait éga­le­ment chez eux l’idée que s’ils confiaient ces bé­bés aux grands-pa­rents, ils al­laient eux aus­si de­ve­nir sub­ver­sifs. » Au­cune pho­to de leur mère en­ceinte, pas de res­sem­blance phy­sique, des pro­pos contra­dic­toires, des ru­meurs per­sis­tantes, des actes de nais­sance va­seux ou même des rêves évo­ca­teurs : par­ta­geant les mêmes doutes, ces pe­tits-en­fants se rap­prochent de l’as­so­cia­tion des Grands-Mères de la place de Mai.

De simples pho­tos à des tests ADN

Au dé­part, ces femmes obs­ti­nées qui ont dé­bu­té leurs re­cherches alors que la junte n’était pas en­core tom­bée, ne pou­vaient comp­ter que sur des pho­tos pour éta­blir un rap­pro­che­ment. Elles s’ap­puient au­jourd’hui sur la gé­né­tique. Jusque-là, les ana­lyses ef­fec­tuées ne pou­vaient pas uti­li­ser les liens de fi­lia­tion les plus évi­dents, ce­lui de pa­rents à en­fants, les pa­rents des bé­bés vo­lés de la dic­ta­ture étant dis­pa­rus. Grâce aux pré­lè­ve­ments ADN réa­li­sés au­près de la famille élar­gie — grands-pa­rents, frères ou de­mi-frères, cou­sins, oncles —, les scien­ti­fiques peuvent au­jourd’hui éta­blir une cer­ti­tude à 99,99 % avec l’échan­tillon don­né par un pe­tit-en­fant. Cette grande ré­serve de don­nées an­ti­cipe éga­le­ment la mort des grands-mères. Les pe­tit­sen­fants ou même ar­rière-pe­tits-en­fants pour­ront conti­nuer à se rap­pro­cher de cette ins­ti­tu­tion pour le­ver les doutes sur leur iden­ti­té. nULCÉRÉ PAR LE PRO­JET DE DÉ­CHÉANCE DE NA­TIO­NA­LI­TÉ, un élu PS du con­seil dé­par­te­men­tal de la Gi­ronde, Jean-Ma­rie Dar­mian, a an­non­cé hier sa mise « en re­trait » du PS. « Pe­tit-fils et fils d’im­mi­grés, je ne sup­porte pas que l’on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans le­quel ma famille n’au­rait ja­mais pu construire ce que je suis de­ve­nu, sans le­quel je ne se­rais ja­mais… so­cia­liste », écrit-il sur son blog, en dé­non­çant « une course na­tio­nale ab­surde au po­pu­lisme fa­cile ».

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