Gé­né­sio fait dé­jà dé­bat

Lyon.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Lyon (Rhône) De notre cor­res­pon­dant AN­THO­NY FAURE Tou­louse (Haute-Ga­ronne) De notre cor­res­pon­dant Pro­pos recueillis par VINCENT PIA­LAT

UNE BRON­CA, avant même de dé­bu­ter. L’an­nonce, jeu­di, de la no­mi­na­tion de Bru­no Gé­né­sio à la tête de Lyon a sus­ci­té une vague de scep­ti­cisme chez les sup­por­teurs. L’an­cien ad­joint d’Hu­bert Four­nier de­vra d’abord convaincre les siens. Une pé­ti­tion a été mise en ligne sur les ré­seaux so­ciaux pour in­ter­pel­ler JeanMi­chel Au­las. « L’ar­ri­vée de Gé­né­sio sem­blait im­mi­nente, on a pen­sé qu’il fal­lait faire quelque chose, mon­trer au pré­sident qu’on n’était pas d’ac­cord », ex­plique Franck, à l’ori­gine du mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion lan­cé lun­di et fort de plus de 1 600 si­gna­tures hier en fin d’après-mi­di.

Ras­su­rer et sé­duire

Très ac­tif sur les ré­seaux so­ciaux, Au­las a for­cé­ment été in­for­mé du cli­mat de dé­fiance. « L’OL se de­vait de mettre quel­qu’un de l’ex­té­rieur, qui ar­rive et re­dis­tri­bue les cartes. Et ce n’est pas en mas­quant ce choix contes­table par la no­mi­na­tion d’An­der­son ou de Cris pour faire plai­sir aux fans que ça va pas­ser », s’agace An­tho­ny, abon­né au vi­rage nord de Ger­land, l’autre sup­por­teur à l’ori­gine du lan­ce­ment de la pé­ti­tion. Cy­ril, abon­né au vi­rage sud, s’in­ter­roge. « On n’a rien contre Gé­né­sio. Mais com­ment par­ler de chan­ge­ment alors qu’il fai­sait les en­traî­ne­ments de­puis des mois ? On a du mal à voir à quel ni­veau se si­tue le chan­ge­ment et s’il y en a vrai­ment un. » Mais il tem­père néan­moins : « Ce n’était pas évident, il fal­lait agir en ur­gence. »

Le tech­ni­cien, 49 ans, va de­voir très vite ras­su­rer et sé­duire. « Je suis abon­né et je conti­nue­rai à al­ler au stade mal­gré la très forte dé­cep­tion. Mais on sait très bien qu’une par­tie du pu­blic lyon­nais ne vient que si ça joue bien et/ou que si ça gagne… Or, il y a un stade de 60 000 places à rem­plir », conclut An­tho­ny. Pour Gé­né­sio, c’est cer­tain, il n’y au­ra pas d’état de grâce. Louis Pi­ca­moles, troi­sième ligne de Tou­louse et de l’équipe de France le­ment, c’est une sai­son par­ti­cu­lière, Il fau­dra se ser­vir de cet échec pour parce qu’elle fait suite à une Coupe ne pas ré­pé­ter les mêmes er­reurs. du monde qui n’a pas été fa­cile à Mais je ne suis pas cer­tain qu’il faille di­gé­rer. Heu­reu­se­ment, je me suis le res­sas­ser, ni même cher­cher de la vite re­plon­gé dans le rug­by. Ça m’a mo­ti­va­tion là-des­sus. Il va y avoir de per­mis de ne pas broyer du noir. Je nou­veaux joueurs, une nou­velle n’ai pas eu le temps de me la­men­ter. équipe, un nou­veau staff. Les cartes J’ai vite re­gar­dé de­vant. vont être re­bat­tues. Avec du re­cul, quel re­gard por­tezQuelle équipe de France vous sur cette Coupe du monde ? va-t-on voir avec Guy No­vès ? Elle a été dif­fi­cile. Il y a d’abord eu Je connais le Guy No­vès ma­na­geur trois vic­toires, mais ce n’est pas le du Stade tou­lou­sain, mais je ne le genre de suc­cès sur les­quels on peut connais pas en­core sé­lec­tion­neur. se re­po­ser. Et sur C’est un poste difle pre­mier match à fé­rent. On ver­ra grosse in­ten­si­té avec le temps ce (face à l’Ir­lande), qu’il nous de­ma­non a per­du (24-9). La ren­contre face de et com­ment il compte pro­cé­der. aux All Blacks a quant à elle mon­tré Une pre­mière liste va être nos li­mites, même s’il n’y a pas an­non­cée mar­di. Etes-vous as­su­ré 50 points d’écart entre nous (62-13). d’en faire par­tie ? Que cha­cun s’en sou­vienne et s’en Par le pas­sé, j’ai re­çu as­sez de claques serve, pour qu’on soit plus forts dans sur ce plan-là pour croire que ma nos têtes, pour ne plus vivre ce genre place est as­su­rée. A cer­tains mode dé­con­ve­nue qui fait mal. ments, je voyais les choses trop belDans quel état d’es­prit les. J’ai com­pris qu’il ne faut pas être les Bleus vont-ils abor­der trop sûr de soi. J’es­père faire par­tie le Tour­noi des Six Na­tions ? de cette aven­ture. Mais je ne suis sûr de rien. Per­sonne n’est sûr de rien. Vous au­rez 30 ans en fé­vrier. Etes­vous à votre meilleur ni­veau ? L’apo­gée, on ne l’at­teint ja­mais. Il y a tou­jours une marge de pro­gres­sion. J’ai en­core plein de choses à amé­lio­rer. Mais c’est vrai que j’ai la sen­sa­tion d’être plus ma­ture au­jourd’hui. Je me connais mieux phy­si­que­ment, men­ta­le­ment. J’ai moins be­soin d’être en­ca­dré de fa­çon presque sco­laire comme à une époque. Je suis plus au­to­nome. Pour­quoi avoir choi­si de re­joindre Nor­thamp­ton, à par­tir de l’été pro­chain ? J’avais en­vie de dé­cou­vrir autre chose, un autre rug­by, une autre fa­çon de se pré­pa­rer, une autre culture. Je ne se­rai pas com­plè­te­ment dé­pay­sé : mon grand-père ma­ter­nel ha­bite tout près de Nor­thamp­ton. Je re­garde un peu plus le cham­pion­nat an­glais de­puis quelque temps. Il y a énor­mé­ment de rythme, un gros vo­lume de jeu. Ça peut m’ai­der à pro­gres­ser. Par­fois, le chan­ge­ment per­met de pas­ser un cap, comme quand j’ai quit­té Mont­pel­lier pour re­joindre Tou­louse. Est-ce que ce­la peut être un han­di­cap dans l’op­tique de la Coupe du monde 2019 au Ja­pon ? Ce n’est pas à moi de ré­pondre à cette ques­tion. En ce qui me concerne, je n’ai pas ti­ré de croix sur l’équipe de France en al­lant en Angleterre. Le cham­pion­nat an­glais est vi­sible mé­dia­ti­que­ment, il n’y a pas de grande contrainte de dé­pla­ce­ment. L’équipe de France est tou­jours un ob­jec­tif. J’es­père que ça ne joue­ra pas en ma dé­fa­veur. J’ai en­vie d’être per­for­mant pour par­ti­ci­per à cette Coupe du monde. LES TROIS JOURS à ve­nir vont être es­sen­tiels pour le troi­sième ligne tou­lou­sain Louis Pi­ca­moles. De­main, il af­fron­te­ra Tou­lon avec son club. Mar­di, il sau­ra, lors de l’an­nonce des trente Bleus re­te­nus pour deux jour­nées de pré­pa­ra­tion au Tour­noi des Six Na­tions, si le nou­veau sé­lec­tion­neur Guy No­vès, son an­cien en­traî­neur au Stade tou­lou­sain, compte sur lui pour une nou­velle aven­ture. Dans quel état d’es­prit abor­dez-vous la ré­cep­tion de Tou­lon, de­main ? LOUIS PI­CA­MOLES. On veut conti­nuer d’oc­cu­per le haut du ta­bleau en cham­pion­nat. Tou­lon est ce qui se fait de mieux au monde en ce mo­ment. C’est un sa­cré choc (NDLR : le 3e re­çoit le 2e) qui a tou­jours une sa­veur par­ti­cu­lière. On veut aus­si ou­blier nos mésa­ven­tures de la Coupe d’Eu­rope. Quel bi­lan faites-vous de votre pre­mière par­tie de sai­son ? Col­lec­ti­ve­ment, c’est mi­ti­gé : nous sommes conformes à notre ta­bleau de marche en cham­pion­nat, mais on n’a pas exis­té en Coupe d’Eu­rope (après trois dé­faites en quatre matchs, Tou­louse est dé­jà éli­mi­né). In­di­vi­duel-

« Il ne faut pas être

trop sûr de soi »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.