L’en­tre­prise de charme du basket en fau­teuil

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - FRÉ­DÉ­RIC VAN DE PONSEELE

ON A BEAU être la meilleure équipe na­tio­nale de handibasket de­puis près de vingt-trois ans, les temps sont durs. Les spor­tifs en fau­teuil du CS Meaux ont donc trou­vé un moyen pour pal­lier les baisses de sub­ven­tions mu­ni­ci­pales et dé­par­te­men­tales. « On sait que c’est com­pli­qué pour la mai­rie et le con­seil dé­par­te­men­tal, ex­plique Ga­brie­la Er­be­no­va, la pré­si­dente du club. Seule­ment voi­là, notre club tourne avec un bud­get an­nuel de 200 000 €. Un mon­tant dont la ma­jeure par­tie est consa­crée aux dé­pla­ce­ments, sou­vent loin­tains et très coû­teux. »

Alors, les Mel­dois ont eu une idée : faire des dé­mons­tra­tions dans les en­tre­prises pour se fi­nan­cer. Comme c’était le cas ré­cem­ment au siège de Bouygues Té­lé­com à Meu­don. Avec trois de ses co­équi­piers, Sa­mir Gou­ta­li (38 ans) sait com­ment s’y prendre pour pro­mou­voir sa dis­ci­pline. « Ce n’est pas la pre­mière fois qu’on fait des dé­mons­tra­tions, ex­plique ce­lui qui compte une cen­taine de sélections en équipe de France. De­puis des an­nées, on va dans les col­lèges ou les ly­cées ain­si que dans les centres de ré­adap­ta­tion. Avant, on fai­sait ça bé­né­vo­le­ment. La seule dif­fé­rence, c’est qu’au­jourd’hui on est ré­mu­né­ré. »

« Quand on voit les rires et les sou­rires sur les vi­sages de nos sa­la­riés, on se dit qu’on a rem­pli notre contrat, sa­voure An­toine Win­ckel, le res­pon­sable dé­ve­lop­pe­ment RH de Bouygues. On or­ga­nise ces évé­ne­ments pour créer une vraie co­hé­sion entre les sa­la­riés. Et à la vue des mines ra­vies, on ne peut qu’être sa­tis­fait. » Ven­deur à la bou­tique de Bouygues Té­lé­com au centre com­mer­cial de Val-d’Eu­rope (Seine-etMarne), Sa­mir Gou­ta­li fait fi­gure de star au­près de ses col­lègues. « Tout le monde le connaît ici, in­dique Aga­tha Boillot, la res­pon­sable de la mis­sion han­di­cap à Bouygues. Sa­mir a tour­né une vi­déo pour par­ler de son han­di­cap. Cette vi­déo a été un suc­cès. »

Chez Bouygues et To­tal...

Après un dé­but ti­mide, les pre­miers sa­la­riés, comme Amir et Adria­no, viennent se frot­ter aux cham­pions de France. « Je joue au basket avec Bouygues Tél Sports, ex­plique Amir en­thou­siaste. J’avais quelques bases. J’ai re­trou­vé les mêmes sen­sa­tions au­jourd’hui. C’est du vrai basket ! Et c’est très phy­sique. J’ai mal au bras. Le plus dur, c’est de gé­rer le fau­teuil et le bal­lon en même temps… »

Au dé­part, la dé­mons­tra­tion de­vait avoir lieu entre mi­di et 14 heures, lors de la pause dé­jeu­ner. Au fi­nal, les Mel­dois res­te­ront jus­qu’à 15 heures. « Ce­la a été une belle réus­site, constate Sa­mir Gou­ta­li. C’est gé­nial de par­ta­ger sa pas­sion avec d’autres per­sonnes. » Après Hew­lett-Pa­ckard et Bouygues Té­lé­com, Meaux de­vrait se pro­duire pro­chai­ne­ment chez To­tal.

(LP/Icon Sport/An­dré Fer­rei­ra.)

Meu­don-la-Fo­rêt (Hauts-de-Seine), le 18 no­vembre. Sa­mir Gou­ta­li (à droite) et ses par­te­naires ini­tient des sa­la­riés de Bouygues Té­lé­com au handibasket à l’oc­ca­sion d’une vi­site en en­tre­prise.

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