Il veut cou­rir le Tour de France en moins de dix jours !

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - Ghis­lain Maréchal, spor­tif de l’ex­trême CH­RIS­TOPHE LACAZE-ESLOUS

SUR LE VÉ­LO­DROME de SaintQuen­tin-en-Yve­lines, Ghis­lain Maréchal en­chaîne les tours avec une ai­sance na­tu­relle, dans un exer­cice de style tout nou­veau pour lui. In­vi­té par Etixx, son nou­veau par­te­naire, le Fran­ci­lien exi­lé en Bel­gique ap­pré­cie son bap­tême sur piste : « Mon prin­cipe de l’en­traî­ne­ment est simple. Il faut cas­ser les rythmes et sa­voir se faire mal. Pour moi, tout ce qui est dif­fi­cile est in­té­res­sant. » Un prin­cipe lar­ge­ment dé­mon­tré de­puis quelques an­nées par le na­tif de Mon­te­reau (Seine-etMarne), qui vient de dé­voi­ler son nou­veau pa­ri in­sen­sé : faire le pro­chain Tour de France, en moins de… dix jours ! Du Mont-Saint-Mi­chel à Pa­ris en pas­sant par les grands cols, il est prêt à ava­ler les 3 500 km dès le 1er juillet 2016, date du dé­part pour les pros.

« Si tes rêves ne te font pas as­sez peur, c’est qu’ils ne sont pas as­sez grands. » Cette ci­ta­tion de Mike Horn, le grand ex­plo­ra­teur suisse, Ghis­lain Maréchal se la ré­pète tous les jours. A l’ado­les­cence, il fait un peu de vé­lo, puis se tourne vers le rug­by, qu’il pra­tique à un bon ni­veau à l’ACBB. Une bles­sure aux cer­vi­cales le contraint à tout ar­rê­ter à 25 ans : « J’ai conti­nué les troi­sièmes mi-temps tout en fu­mant deux pa­quets de ci­ga­rettes au quo­ti­dien. Et puis un jour, j’ai eu un dé­clic. » De­vant son poste de té­lé­vi­sion, il dé­couvre le tri­ath­lon à « Stade 2 » et a tout de suite en­vie d’es­sayer. En 2009, il re­prend donc le sport, puis en­chaîne ra­pi­de­ment l’an­née sui­vante avec son 1er Iron­man. En 2011, Maréchal par­ti­cipe à un triple (11,4 km en na­ta­tion, 540 km à vé­lo, et en­fin 126 km à pied !), qu’il mène avant de cra­quer pour fi­nir 2e en qua­rante-deux heures.

En 2012 et 2013, il se classe 3e au Chal­lenge mon­dial d’ul­tra-tri­ath­lon, et prend conscience qu’il a at­teint une par­tie de ses li­mites. « J’ai sen­ti qu’il y avait un ras-le­bol, sou­rit ce fils d’agri­cul­teurs. J’ai tou­jours eu l’es­prit com­pé­ti­teur avant de m’aper­ce­voir que se battre contre les autres n’était pas pour moi. Ce que je re­cherche, c’est une com­pé­ti­tion contre moi-même. » En 2014, il se lance dans le X Chal­lenge (76 km en na­ta­tion, 3 600 km à vé­lo et 270 km à pied en vingt jours), et en juin der­nier tra­verse la Manche à la nage en un peu plus de seize heures. Son se­cret ? Une pré­pa­ra­tion où rien n’est lais­sé au ha­sard et une par­faite connais­sance de soi. « Il y a deux or­ganes es­sen­tiels dans l’en­du­rance : le cer­veau et l’es­to­mac, ex­plique ce fonc­tion­naire à la Com­mis­sion eu­ro­péenne à Bruxelles. S’il n’y a pas la vo­lon­té et le ré­ser­voir, on ne peut pas du­rer. »

Dans un peu plus de six mois, Ghis­lain Maréchal s’élan­ce­ra donc sur les routes du Tour de France en so­li­taire et dans l’ano­ny­mat : « La re­con­nais­sance, c’est un cercle ver­tueux. Moi, je pro­fite tou­jours de ma no­to­rié­té au ser­vice du ca­ri­ta­tif (NDLR : Il a pé­da­lé pour JFK, l’as­so­cia­tion de Jus­tine Hé­nin, l’ex­cham­pionne de ten­nis belge). Je veux avant tout m’amu­ser en re­pous­sant mes li­mites. » Et en con­ti­nuant à avoir peur de ses rêves.

« Il y a deux or­ganes

es­sen­tiels dans l’en­du­rance : le cer­veau

et l’es­to­mac »

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