« Comme un mil­lion d’oreillettes en même temps »

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Pro­pos recueillis par C.M.

IL N’EST PAS LA PLUS SUI­VIE des per­son­na­li­tés mé­dias sur Twit­ter et, pour­tant, il en est la plus em­blé­ma­tique. Après cinq ans d’ac­ti­vi­té sur la plate-forme, Ni­kos Alia­gas a pas­sé cet au­tomne le cap du mil­lion d’abon­nés. Et confie avoir trou­vé sur le ré­seau so­cial une forme d’épa­nouis­se­ment qui lui man­quait sur TF 1 et Eu­rope 1. Une jour­née comme les autres sur Twit­ter, ça re­pré­sente quoi ? NI­KOS ALIA­GAS. Une quin­zaine, une ving­taine de tweets, je ne les compte plus. Mais j’es­saie de ne pas être es­clave du truc, qu’il y ait du sens. Beau­coup de pho­tos, mais ça peut être une ci­ta­tion, un truc que j’écoute, une lec­ture que j’ai en­vie de par­ta­ger. C’est tou­jours moi qui tweete, sauf si je suis en di­rect. Là, il m’ar­rive de de­man­der à ma soeur (NDLR : son as­sis­tante) de re­layer quelque chose pour moi. Ce que vous ne faites plus sur Twit­ter ? Je par­lais beau­coup des au­diences. Quand tu com­mences, tu te mets da­van­tage en scène. Avant de com­prendre que l’in­té­rêt, ce n’est pas de mon­trer ta tête, mais ton re­gard sur les choses. Ce que vous vous in­ter­di­sez ? Je ne mets pas ma famille en scène. Et une fois que tu es avec des potes ou de­vant un match de foot, et que tu as bu un coup, là, il faut me prendre mon té­lé­phone ! On a tous peur de l’in­si­gni­fiance. Ce cô­té sans filet de Twit­ter, cette ur­gence, ça te donne l’illu­sion d’être tout-puis­sant. Cer­taines pe­tites phrases de­viennent des af­faires. Mais tu n’as pas à par­ler de tout et sur tout. Je m’abs­tiens de faire du po­pu­lisme. Et vous y ga­gnez quoi ? La cé­lé­bri­té est un mal­en­ten­du per­ma­nent. En tant qu’ani­ma­teur, je ne peux pas ex­pri­mer toutes les nuances de ce que je suis. Twit­ter, c’était une cu­rio­si­té au dé­but ; main­te­nant, c’est un com­plé­ment à mon tra­vail, un moyen d’ex­pres­sion et de par­tage. La confiance que j’ai ga­gnée avec mes pho­tos, elle s’est faite grâce à Twit­ter. Je vais ex­po­ser dans quelques mois. C’est de­ve­nu vrai­ment une part de mon iden­ti­té. Beau­coup de per­son­na­li­tés évitent en­core d’al­ler lire ce qui se dit sur elles. Ça ne vous a ja­mais ar­rê­té ? Au­jourd’hui, je suis dans un échange as­sez pa­ci­fié avec les gens. Il y a un pour­cen­tage lo­gique d’em­brouilleurs, mais pas tant que ça au fond. On m’en­voie plein de choses sur les su­jets qui m’in­té­ressent, une in­fo sur la Grèce, ou sur un disque de Ni­na Simone que j’adore. Bon, quand j’ai pris po­si­tion en fa­veur du ré­fé­ren­dum en Grèce, il y a eu une haine or­ches­trée, po­li­ti­sée. Mais la pro­pa­gande sur Twit­ter, ça se sent. Donc, je fais la part des choses. Glo­ba­le­ment, Twit­ter, c’est comme un son­dage per­ma­nent. Je passe beau­coup de temps à lire ce qui s’y dit. Ça ne peut mar­cher que dans les deux sens. Que ce soit à titre per­son­nel ou à titre pro­fes­sion­nel, d’ailleurs. Avec cet ou­til, notre mé­tier a pris un vi­rage dé­fi­ni­tif. Pen­dant un di­rect, je peux de­man­der à des gens ce qu’ils ont ai­mé ou pas, com­pris ou mal com­pris. Je ne chan­ge­rai pas ma ligne édi­to­riale, mais je pour­rai la nuan­cer. C’est comme un mil­lion d’oreillettes qui me parlent en même temps.

« C’était une cu­rio­si­té au dé­but ; main­te­nant, c’est un com­plé­ment à mon tra­vail, un moyen d’ex­pres­sion

et de par­tage. »

(Ju­nior/ Bestimage.)

L’ani­ma­teur, Ni­kos Alia­gas, tweete entre quinze et vingt mes­sages par jour.

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