Dans le se­cret de la confes­sion

Signe des temps, la pra­tique de la confes­sion et du par­don, pi­liers de la re­li­gion ca­tho­lique, connaît un net re­gain d’in­té­rêt en France. Ex­pli­ca­tions.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

LES CONFES­SION­NAUX tournent ac­tuel­le­ment à plein ré­gime. Les ca­tho­liques sont tra­di­tion­nel­le­ment nom­breux à se faire par­don­ner au mo­ment de Noël. Mais cette an­née, cette pé­riode coïn­cide avec le Ju­bi­lé de la mi­sé­ri­corde, douze mois sous le signe de l’ab­so­lu­tion lan­cés le 8 dé­cembre par le pape Fran­çois. Faute de re­gistre spé­ci­fique, im­pos­sible de sa­voir si les aveux mur­mu­rés aux oreilles des cu­rés sont clai­re­ment en hausse au XXIe siècle. Ce qui est sûr, c’est que la pra­tique de la confes­sion se re­nou­velle.

« Il y a un re­gain chez les jeunes, à mettre en pa­ral­lèle avec le suc­cès des Jour­nées mon­diales de la jeunesse de­puis une ving­taine d’an­nées. Les fi­dèles ont pris l’ha­bi­tude de s’y confes­ser. Au­tre­fois ? L’ap­proche était for­ma­liste et mo­ra­li­sa­trice. Cer­tains fi­dèles ont été écoeu­rés. Il y a eu une cer­taine désaf­fec­tion mais les temps ont chan­gé », ana­lyse Bé­né­dicte Drouin, ré­dac­trice en chef du site Fa­mil­le­chré­tienne.fr.

Cette pra­tique est de­ve­nue moins mo­ra­li­sa­trice, plus spi­ri­tuelle. « Elle a ga­gné en qua­li­té. Je vois des fi­dèles qui viennent se confes­ser tout au long de l’an­née parce qu’ils veulent don­ner plus de sens à leur vie », ob­serve De­nis Lecompte, cu­ré dans le dio­cèse de Cam­brai (Nord). « Notre so­cié­té est écra­sée par le sen­ti- ment de culpa­bi­li­té, avec une es­pèce de dif­fi­cul­té à dis­cer­ner ce qui est bien et ce qui est mal. Le sa­cre­ment de ré­con­ci­lia­tion est alors un moyen d’éva­cuer ces culpa­bi­li­tés qui peuvent être mor­bides », ana­lyse Mgr Oli­vier Ri­ba­deau-Du­mas, por­te­pa­role de la Confé­rence des évêques de France (CEF).

Les of­fenses dé­voi­lées sont le plus sou­vent celles qui existent de­puis la nuit des temps. « Pour la plu­part des cas, c’est un manque de prière, une dis­pute fa­mi­liale, une co­lère, une cri­tique. Et chez les en­fants, c’est la déso­béis­sance », ré­sume Phi­lippe Vi­gne­ron, qui of­fi­cie dans le Xe ar­ron­dis­se­ment à Pa­ris.

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