Tout sa­voir sur une pra­tique très co­di­fiée

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - V.MD.

IS­SU DU LA­TIN « fa­teor » si­gni­fiant « avouer », la confes­sion est, se­lon le Pe­tit Ro­bert, « une dé­cla­ra­tion, un aveu de ses pé­chés que l’on fait à un prêtre ca­tho­lique, dans le sa­cre­ment de la pé­ni­tence ».

moins une fois par an. D’après le com­man­de­ment de l’Eglise, « tout fi­dèle par­ve­nu à l’âge de la dis­cré­tion doit confes­ser au moins une fois par an les pé­chés graves dont il a conscience ». Les prêtres in­vitent les bap­ti­sés à se ré­con­ci­lier « ré­gu­liè­re­ment avec le Sei­gneur » à l’ap­proche des grandes fêtes chré­tiennes. « Sans tom­ber dans un ex­cès scru­pu­leux, il est conve­nable de se confes­ser tous les mois », sug­gère le dio­cèse de Ver­sailles.

l’ori­gine, une pé­ni­tence pu­blique. Dans l’an­ti­qui­té chré­tienne, la confes­sion n’a rien d’in­time pour les grands pê­cheurs. Le sa­cre­ment

nAu

nA

donne lieu à une pé­ni­tence pu­blique. Au VIIe siècle, la pé­ni­tence de­vient pri­vée et se­crète. Elle doit être faite avant que l’ab­so­lu­tion soit ac­cor­dée. A par­tir du XIIe siècle, l’ab­so­lu­tion est don­née au mo­ment de la confes­sion, avant donc que le pé­ni­tent ait réa­li­sé sa « pu­ni­tion ».

vé­niel et ca­pi­tal. Tout pé­ché peut être par­don­né, à condi­tion qu’il y ait contri­tion. Le pé­ché

nMor­tel,

mor­tel (meurtre, vol, adul­tère…) est consi­dé­ré comme ex­trê­me­ment grave. Com­mis en toute connais­sance de cause, il « dé­truit la cha­ri­té dans le coeur de l’homme » et sé­pare de Dieu. Le pé­ché vé­niel (mé­di­sance, van­tar­dise…), lui, ne rompt pas l’alliance avec Dieu. Il « af­fai­blit » la grâce di­vine mais ne la sup­prime pas. Les pé­chés ca­pi­taux cor­res­pondent, eux, aux pé­chés dont dé­cou- lent tous les autres. Saint-Tho­mas d’Aquin en a re­cen­sé sept : l’or­gueil, l’ava­rice, l’en­vie, la co­lère, la luxure, la gour­man­dise et la pa­resse.

pé­chés par­don­nés uni­que­ment par le pape. La ré­mis­sion de cer­tains pé­chés est ré­ser­vée au Va­ti­can. Par­mi ces dé­lits pas­sibles de l’ex­com­mu­ni­ca­tion fi­gurent la vio­la­tion du se­cret de la confes­sion, la vio­lence contre la per­sonne du

nDes

pape ou la pro­fa­na­tion des es­pèces consa­crées (hos­ties et vin lors de la messe).

nSe­cret

ab­so­lu. Se­lon le Code de droit ca­no­nique, « le se­cret sa­cra­men­tel est in­vio­lable ; c’est pour­quoi il est ab­so­lu­ment in­ter­dit au con­fes­seur de tra­hir en quoi que ce soit un pé­ni­tent ». La jus­tice fran­çaise ga­ran­tit le se­cret de la confes­sion en tant que « se­cret pro­fes­sion­nel » au même titre que le se­cret mé­di­cal, et pu­nit sa vio­la­tion sauf lors­qu’il s’agit de ré­vé­ler « des mal­trai­tances et at­teintes sexuelles vi­sant des mi­neurs ». Si l’Eglise, qui a dû faire face à des af­faires de pé­do­phi­lie, sou­ligne que le « prêtre qui re­çoit les confi­dences de l’au­teur d’un crime ou d’un dé­lit doit tout mettre en oeuvre pour que ce­lui­ci […] se confie à la jus­tice », elle n’a ja­mais cé­dé sur le prin­cipe du se­cret ab­so­lu de la confes­sion.

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