N

Au bout du « Che­min de Sèvres »

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - LOUISE COLCOMBET

Les ex­perts s’ac­cordent pour dire qu’il est in­ven­dable. Et pour­tant, « le Che­min de Sèvres », une pe­tite toile de Jean-Bap­tiste Co­rot dé­ro­bée au Louvre en 1998, reste in­trou­vable… Sté­phane Breit­wie­ser, un ré­ci­di­viste du vol dans le do­maine de l’art, avait pour­tant re­ven­di­qué la pa­ter­ni­té de ce­lui-ci par une lettre ré­di­gée de­puis sa cel­lule, sans avan­cer la moindre preuve de ses dires. Il s’était fi­na­le­ment ré­trac­té. Le ta­bleau, lui, n’a en tout cas ja­mais re­fait sur­face. De quoi faire ful­mi­ner les en­quê­teurs de l’OCBC, dé­jà échau­dés par les condi­tions de la dis­pa­ri­tion de cette oeuvre es­ti­mée à plus de 6 M€. « Le Che­min de Sèvres », peint à la fin des an­nées 1850, s’était vo­la­ti­li­sé un di­manche de mai 1998, en plein jour et au mi­lieu des tou­ristes. Un acte au­da­cieux mais pas té­mé­raire : la salle 67, au deuxième étage du pa­villon Sul­ly, avait soi­gneu­se­ment été re­pé­rée, l’aile étant dé­pour­vue de vi­déo­sur­veillance et de sys­tème d’alarme. Le vo­leur a agi à vi­sage dé­cou­vert, se mê­lant au flot des vi­si­teurs, nom­breux en cette jour­née gra­tuite. Il n’a eu qu’à ôter les pattes, der­rière la vitre de pro­tec­tion avant de dé­cro­cher l’oeuvre du mur. L’au­da­cieux est en­suite re­par­ti avec ce pe­tit for­mat du maître (34 x 49 cm) sous le bras.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.