C’est le nou­veau « Pro­dige » de la danse

A 15 ans, Mel­vin, jeune dan­seur tou­lou­sain a rem­por­té hier soir le deuxième concours des « Pro­diges », le té­lé­cro­chet des en­fants sur­doués de la mu­sique clas­sique.

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Mel­vin La­wo­vi AY­ME­RIC RE­NOU

VU HIER SOIR. Son in­ter­pré­ta­tion de l’ou­ver­ture de « Guillaume Tell », tout en grâce et pré­ci­sion, a fait fondre le pu­blic. Et, rien de moins, pleu­rer d’émo­tion le dan­seur étoile Pa­trick Du­pond. Après la jeune vio­lo­niste Ca­mille Ber­thol­let l’an der­nier, « Pro­diges », pré­sen­té hier soir par une Ma­rianne James flam­boyante, a cou­ron­né Mel­vin La­wo­vi, 15 ans.

Ve­nu d’Au­cam­ville, dans la ban­lieue tou­lou­saine, le jeune dan­seur s’est im­po­sé face à onze autres jeunes can­di­dats ar­tistes du monde de la mu­sique clas­sique. Des chan­teurs à la voix de cris­tal, une jeune pia­niste es­piègle, une jeune har­piste im­pres­sion­nante de dex­té­ri­té. Lui, en col­lants gris et veste aux manches courtes bouf­fantes, a en­chaî­né en­tre­chats et pi­rouettes fouet­tées. « Je ne pen­sais ab­so­lu­ment à rien pen­dant ma danse mais, bi­zar­re­ment, et comme je me suis don­né à 100 %, je crois que ce mo­ment res­te­ra gra­vé à tout ja­mais dans ma mé­moire », confiait hier après­mi­di le jeune homme, un brin « stres­sé » de se dé­cou­vrir le soir même à la té­lé­vi­sion.

Il pour­ra ré­en­tendre les pro­pos émi­nem­ment élo­gieux de Pa­trick Du­pond à son égard. « Il vient de faire exac­te­ment ce que je dé­fends de­puis qua­rante ans, cet art de faire des choses dif­fi­ciles et de les rendre belles, a dé­cla­ré le membre du ju­ry. Mel­vin, tu le fais avec un coeur gros comme ça, et je vois en toi un fu­tur qui me fait tres­saillir. » Le jeune homme n’en re­vient tou­jours pas de cette ava­lanche de com­pli­ments, pro­non­cés de­vant ses pa­rents émus aux larmes. « C’est dingue de la part d’un an­cien dan­seur étoile aus­si ta­len­tueux. Ça veut dire que le tra­vail paye. »

Le tra­vail, jus­te­ment, fait par­tie in­té­grante de son quo­ti­dien, lui qui s’en­traîne d’ar­rache-pied de 8 h 30 à 13 h 30 chaque jour de la se­maine dans son école de danse, avant de suivre ses cours de ly­céen. Il am­bi­tionne, après le bac, d’in­té­grer une com­pa­gnie et de par­tir sur scène au­tour du

« Je n’ai que 15 ans et en­core beau­coup

de choses à ap­prendre »

monde. Ce qui ne l’em­pêche pas de gar­der la tête froide. « Tout le monde me fé­li­cite pour l’émis­sion mais at­ten­tion, je n’ai que 15 ans et en­core beau­coup, beau­coup de choses à ap­prendre. »

Si Mel­vin a ac­cep­té de par­ti­ci­per à « Pro­diges », c’est d’abord « dans l’op­tique de dé­fendre la danse clas­sique et de mon­trer la place que les gar­çons peuvent y

avoir ».

« Je n’ai eu qu’une ou deux re­marques déso­bli­geantes, mais je n’y ai ja­mais fait at­ten­tion », glisse ce­lui qui a com­men­cé à dan­ser dès l’âge de 3 ans et « aus­si na­tu­rel­le­ment que la marche ». Sa vic­toire lui per­met de dé­cro­cher une bourse d’étude de 10 000 €. De quoi en­vi­sa­ger l’ave­nir, sur scène bien sûr, un peu plus se­rei­ne­ment.

(Na­tha­lie Guyon.)

Mel­vin La­wo­vi, 15 ans, ori­gi­naire de la ban­lieue tou­lou­saine, a don­né une in­ter­pré­ta­tion gra­cieuse de l’ou­ver­ture de « Guillaume Tell ». Il a ému le pu­blic au­tant que le ju­ry.

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