Les su­per cartes

Pour lut­ter contre la fraude, les banques misent sur la tech­no­lo­gie. De­main, on paie­ra avec une carte à code éphé­mère ou un smart­phone à re­con­nais­sance fa­ciale.

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - BO­RIS CAS­SEL

CETTE RÉ­VO­LU­TION est à por­tée de main. Dans quelques mois, tout de­vrait chan­ger… dans votre por­te­feuille. Votre carte ban­caire va s’of­frir une deuxième jeunesse. Un re­loo­king qui porte un nom bar­bare : « cryp­to­gramme dy­na­mique ». Ce qui, en fran­çais, si­gni­fie que les trois pe­tits chiffres, si­tués au ver­so de votre carte, chan­ge­ront au bout de quelques mi­nutes.

Les plus grands fa­bri­cants de cartes ban­caires au monde, Ge­mal­to et Ober­thur, ont lan­cé ces der­niers mois la com­mer­cia­li­sa­tion de cette tech­no­lo­gie. BNP Pa­ri­bas, la Banque pos­tale, la So­cié­té gé­né­rale… La qua­si-to­ta­li­té des éta­blis­se­ments fi­nan­ciers fran­çais sont en train de la tes­ter au­près de leurs clients.

Qui va payer ?

Ob­jec­tif af­fi­ché : mieux lut­ter contre la fraude à la carte ban­caire. Un fléau dont la fi­nance ai­me­rait bien se dé­bar­ras­ser. Pas ques­tion de lais­ser les ar­naques et les fraudes nuire à l’en­goue­ment des Fran­çais pour ce mode de paie­ment. Ima­gi­nez, le 5 dé­cembre der­nier, la France a bat­tu un re­cord : 42 mil­lions de tran­sac­tions par carte ban­caire en un wee­kend. Soit 12 % de plus que lors du pre­mier sa­me­di de dé­cembre 2014 !

Un ef­fet lo­gique du boom du com­merce en ligne. Pour­tant, les banques se laissent en­core quelques mois pour un dé­ve­lop­pe­ment à grande échelle de cette carte ban­caire plus sé­cu­ri­sée. Car un pe­tit dé­tail reste en­core à tran­cher. Ce bout de plas­tique bour­ré de tech­no­lo­gies coûte plus cher à pro­duire que la carte à puce clas­sique. Qui va payer ? La banque, les com­mer­çants ou le client ? Les ré­ponses du mi­lieu ban­caire res­tent floues.

Les banques tran­che­ront ces pro­chains mois. Mais elles n’ont plus vrai­ment le temps de ter­gi­ver­ser. Des start-up dé­nom­mées Fin­Tech (tech­no­lo­gie fi­nan­cière) com­mencent dé­jà à les bous­cu­ler, no­tam­ment en uti­li­sant le smart­phone pour lan­cer de nou­veaux modes de paie­ment. Et comme d’autres sec­teurs l’ont ap­pris à leurs dé­pens, l’im­mo­bi­lisme face aux nou­velles tech­no­lo­gies ne paye pas.

« 2016 se­ra l’an­née des nou­veaux modes de paie­ments », pro­nos­tique donc un cadre de banque. Nombre d’éta­blis­se­ments ont, dans les car­tons, de nou­veaux pro­duits qui n’at­tendent plus qu’une au­to­ri­sa­tion de la Cnil (Com­mis­sion na­tio­nale de l’in­for­ma­tique et des li­ber­tés) pour pas­ser des simples tests à la com­mer­cia­li­sa­tion. C’est le cas des tech­no­lo­gies de bio­mé­trie uti­li­sant des élé­ments du corps (em­preinte di­gi­tale, vo­cale, etc.). Les bons vieux codes ban­caires bien­tôt pé­ri­més ?

(LP/Oli­vier Cor­san.)

Un cadre de banque pro­nos­tique que « 2016 se­ra l’an­née des nou­veaux modes de paie­ments »… Avec la fin des fraudes ?

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