Un code va­lable vingt mi­nutes

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - B.C. Pro­pos recueillis par BO­RIS CAS­SEL

MÊME LAR­GEUR, agi­li­té, fi­nesse, ro­bus­tesse, tou­ché… A prio­ri, rien ne la dis­tingue de sa pré­dé­ces­seur. A un dé­tail près : la carte ban­caire de nou­velle gé­né­ra­tion est équi­pée d’un écran. Tout pe­tit. Pas de quoi re­gar­der un film en haute dé­fi­ni­tion. Non, mais tout de même as­sez large pour af­fi­cher, en noir et blanc, les trois chiffres du fa­meux cryp­to­gramme vi­suel. Ce code de sécurité ré­cla­mé à chaque achat sur la Toile de­vient « dy­na­mique ». « Cette carte est équi­pée d’une hor­loge in­terne. Le code de sécurité sur l’écran change toutes les vingt mi­nutes », ex­plique Fré­dé­rique Ri­chert, mar­ke­ting ma­na­geur chez Ge­mal­to, le lea­deur mon­dial de la carte à puce, qui com­mer­cia­lise de­puis quelques se­maines cette nou­velle tech­no­lo­gie. « Cette carte lutte mieux contre la fraude », ajoute-t-elle.

Ré­duire le coût des fraudes

A prio­ri, rien ne change pour l’uti­li­sa­teur. Pour ef­fec­tuer un achat en ligne, il doit tou­jours rem­plir les mêmes for­mu­laires en in­di­quant son nom, son nu­mé­ro de carte ban­caire, la date de va­li­di­té et le cryp­to­gramme. La dif­fé­rence, c’est que ces co­or­don­nées ont une du­rée de vie li­mi­tée. Si un pi­rate in­for­ma­tique les vole, il ne peut alors les uti­li­ser que pen­dant une ving­taine de mi­nutes. Un laps de temps, a prio­ri, trop court pour mul­ti­plier les achats sur le Web ou re­vendre ces in­for­ma­tions à d’autres es­crocs.

La plu­part des grands ré­seaux ban­caires sont en train de tes­ter au­près de leurs clients cette nou­velle tech­no­lo­gie. Ain­si, BPCE a équi­pé de­puis plu­sieurs se­maines un mil­lier de clients. BPCE uti­lise la tech­no­lo­gie d’Ober­thur, concur­rent de Ge­mal­to. Avec un avan­tage, ce­lui de ré­duire le coût des fraudes. Car les banques as­sument une par­tie du coût de l’ar­naque : in­dem­ni­sa­tion du client pour les achats réa­li­sés frau­du­leu­se­ment, coût du chan­ge­ment du sup­port, etc. « Nous re­gar­dons à la fois l’ef­fet de cette nou­velle tech­no­lo­gie sur le coût lié à la fraude mais aus­si sur la confiance des uti­li­sa­teurs dans le paie­ment en ligne, dans l’usage des cartes ban­caires », ex­plique Ni­co­las Cha­tillon, di­rec­teur du dé­ve­lop­pe­ment fonc­tions trans­verses du groupe BPCE. Un point stra­té­gique. Car un pos­ses­seur de carte ban­caire en confiance, c’est un consom­ma­teur qui dé­pense ! tech­no­lo­gies ac­tuelles ont des failles de sécurité très im­por­tantes. Uti­li­ser des cryp­to­grammes dy­na­miques, c’est as­su­ré­ment un plus. Tout du moins, sur le pa­pier. Mais j’at­tends de voir com­ment ce­la va se pas­ser dans la réa­li­té. Est-ce la ba­guette ma­gique an­ti­frau­deur que tout le monde at­tend ? S’il exis­tait une ba­guette ma­gique an­ti­fraude, ce­la se sau­rait. En ma­tière de sécurité, au­cune tech­no­lo­gie n’est in­faillible. Dès lors que vous trans­met­tez des in­for­ma­tions ban­caires sur In­ter­net ou que votre pro­ces­sus ré­clame, à

« Dès lors que vous

trans­met­tez des in­for­ma­tions ban­caires sur In­ter­net, la fraude reste tou­jours

pos­sible »

La nou­velle tech­no­lo­gie blo­que­ra tout de même cer­taines fraudes… Oui, comme celle du cais­sier qui prend en note vos co­or­don­nées ban­caires pour les réuti­li­ser en­suite sur le Net. Cette ar­naque-là ne pour­ra plus fonc­tion­ner. Sur les autres types de fraude, il fau­dra voir… Je crains ce­pen­dant que les frau­deurs ne s’adaptent as­sez ra­pi­de­ment à cette nou­velle tech­no­lo­gie. Leur ré­ac­ti­vi­té est ter­ri­fiante.

La nou­velle carte ban­caire se­ra équi­pée d’un tout pe­tit écran qui af­fi­che­ra, en noir et blanc, les trois chiffres du cryp­to­gramme vi­suel. Ce code de sécurité se­ra éphé­mère.

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