Le tor­chon brûle au PS

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - MAR­TINE CHE­VA­LET

UNE QUES­TION de « va­leurs et de conscience ». De­puis mer­cre­di et la confir­ma­tion par Fran­çois Hol­lande que la dé­chéance de na­tio­na­li­té pour les bi­na­tio­naux nés en France et condam­nés dans les af­faires de ter­ro­risme se­rait ins­crite dans la Consti­tu­tion, l’in­cen­die gagne au PS. Le feu a d’abord gri­gno­té le bas des ri­deaux en dé­but de se­maine, obli­gé Ch­ris­tiane Tau­bi­ra à man­ger son cha­peau et in­di­gné des té­nors du par­ti comme la maire de Pa­ris, Anne Hi­dal­go. De­puis hier, il at­teint le pre­mier étage avec les tweets sé­vères de Mar­tine Au­bry et Jean-Marc Ay­rault à l’en­contre de Ma­nuel Valls qui, dans le « JDD », a ac­cu­sé « une par­tie de la gauche de s’éga­rer au nom de grandes va­leurs en ou­bliant le contexte : notre état de guerre ».

Un coup de cou­teau aux va­leurs de la gauche

Ay­rault s’est fait cin­glant, al­lant jus­qu’à re­prendre une phrase de son suc­ces­seur à Ma­ti­gnon pour bien fai- re com­prendre qui il vi­sait : « Si la France est en pé­ril de paix, alors ne la di­vi­sons pas da­van­tage. » La maire de Lille a en­fon­cé le clou : « Je dé­fends des va­leurs ré­pu­bli­caines et de gauche : c’est le propre de la po­li­tique et j’en suis fière ! » A ces coups de griffes s’ajoutent les po­si­tions cri­tiques de proches du chef de l’Etat, comme Ju­lien Dray. Le dé­pu­té de l’Es­sonne confiait hier au « JDD » « ne pas com­prendre la dé­ci­sion du pré­sident », la qua­li­fiant même d’« er­ro­née et in­ef­fi­cace ».

Pour une par­tie du PS, la dé­chéance de na­tio­na­li­té est un coup de cou­teau por­té au coeur des va­leurs de la gauche. « Com­men­cer le quin­quen­nat par la pro­messe du droit de vote aux étran­gers lors des élec­tions et le ter­mi­ner par la dé­chéance de na­tio­na­li­té des bi­na­tio­naux, une telle trans­hu­mance po­li­tique et in­tel­lec­tuelle dé­bous­sole », a ain­si ta­clé Be­noît Ha­mon.

Pour Valls, qui s’ap­prête à pu­blier ses dis­cours après les at­ten­tats du 7 jan­vier et du 13 no­vembre, ces cri­tiques se trompent d’époque en ou­bliant la me­nace ter­ro­riste, « pré­sente au quo­ti­dien ». Même s’il re­con­naît que « l’ef­fi­ca­ci­té n’est pas l’en­jeu pre­mier » de cette me­sure.

Le texte se­ra pré­sen­té à l’As­sem­blée le 3 fé­vrier, avant la réunion d’un Congrès à Ver­sailles en vue d’une mo­di­fi­ca­tion de la Consti­tu­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.