En 2016, res­tez pru­dents sur vos pla­ce­ments en Bourse

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - B.M.

COM­MENT VA se com­por­ter la Bourse de Pa­ris ces douze pro­chains mois ? Va-t-elle connaître un « trou d’air » comme à la fin de l’été 2015, dans la suite du plon­geon des mar­chés asia­tiques, ou bien une fa­bu­leuse ac­cé­lé­ra­tion haus­sière comme les 1 000 points ga­gnés entre jan­vier et avril der­niers ? Faut-il être op­ti­miste, pes­si­miste, pru­dent ? Quels sec­teurs, quelles va­leurs choi­sir ? Au­tant de ques­tions que se posent à chaque dé­but d’an­née les par­ti­cu­liers qui ont in­ves­ti une par­tie de leurs éco­no­mies dans des ac­tions. Ces ques­tions, nous les avons po­sées à trois spé­cia­listes alors que l’an­née bour­sière se ter­mine sur une per­for­mance re­la­ti­ve­ment mo­deste d’en­vi­ron 10 % à près de 4 600 points. Com­ment voyez-vous le contexte éco­no­mique et bour­sier ac­tuel ? Etes-vous op­ti­miste ou pes­si­miste ? LAË­TI­TIA BALDESCHI, stra­té­giste chez CPR As­set Ma­na­ge­ment. « L’eu­ro, l’ac­tion de la BCE (NDLR : avec des taux d’in­té­rêt tou­jours bas, l’ar­gent et le cré­dit res­tent peu chers) et la sta­bi­li­sa­tion du prix du ba­ril de pé­trole de­vraient conti­nuer de sou­te­nir la crois­sance et les bé­né­fices des en­tre­prises. » Cette spé­cia­liste se montre néan­moins pru­dente et conseille d’être ré­ac­tif. FRAN­ÇOIS CHAU­LET, di­rec­teur de la so­cié­té de ges­tion Mont­sé­gur Fi­nance. « Après le krach sur les ma­tières pre­mières, le plus dur est pas­sé. Mais, avec une crois­sance éco­no­mique pas très forte, il ne faut pas s’at­tendre à une per­for­mance à deux chiffres des in­dices bour­siers. Je suis tout de même as­sez po­si­tif pour la pre­mière par­tie de l’an­née 2016. » FRÉ­DÉ­RIC ROL­LIN, conseiller en in­ves­tis­se­ment chez Pic­tet A.M. « La crois­sance mon­diale n’est pas for­mi­dable et res­te­ra faible en Eu­rope. La sous-éva­lua­tion de la mon­naie unique va ce­pen­dant dy­na­mi­ser les ex­por­ta­tions des pro­duits du Vieux Conti­nent. » Pour ce spé­cia­liste, une cer­taine confiance des consom­ma­teurs et une re­prise du cré­dit sont des élé­ments po­si­tifs pour les mar­chés, et no­tam­ment pour la Bourse de Pa­ris. « Je suis d’un op­ti­misme me­su­ré », dit-il. Quels sec­teurs et va­leurs pri­vi­lé­giez-vous ? L.B. La stra­té­giste ne cite pas de va­leur mais pri­vi­lé­gie les sec­teurs de la consom­ma­tion cou­rante — no­tam­ment la dis­tri­bu­tion — ain­si que les mé­dias. F.C. « Il fau­dra être très sé­lec­tif. Nous ai­mons bien les ban­caires (Cré­dit agri­cole, BNP Pa­ri­bas, So­cié­té gé­né­rale, Na­tixis), le sec­teur des té­lé­com­mu­ni­ca­tions (Bouygues, Orange, Vi­ven­di), des mé­dias (M 6, Pu­bli­cis, TF 1), de la san­té avec Sanofi. Mais aus­si des va­leurs mas­sa­crées comme Air France — à titre spé­cu­la­tif — ou Ar­ce­lorMit­tal. » F.R. La ro­bo­tique, avec une so­cié­té comme Par­rot, spé­cia­li­sée dans les ro­bots de loi­sirs (drones), les té­lé- com­mu­ni­ca­tions et l’in­for­ma­tique em­bar­quée (mains libres), mais aus­si Das­sault Sys­tems. La sécurité ali­men­taire et en­vi­ron­ne­men­tale avec Eu­ro­fins Scien­ti­fic. Sans ci­ter de va­leurs pré­cises, Fré­dé­ric Rol­lin pri­vi­lé­gie aus­si les sec­teurs de la sécurité (ser­rures so­phis­ti­quées), les ban­caires et les ac­tions de so­cié­tés spé­cia­li­sées dans l’aide à la per­sonne. A com­bien voyez-vous le CAC 40 à la fin 2016 ? L.B. « A 5 100 points. Avec une vo­la­ti­li­té (NDLR : de brusques mou­ve­ments de hausse ou de baisse) qui de­vrait res­ter éle­vée. » F.C. « A 5 300-5 400 points. » F.R. Une hausse d’en­vi­ron 5 % à 10 % par rap­port au ni­veau ac­tuel. Soit pas plus de 5 000 points.

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