Le coup de chaud du mi­mo­sa

En rai­son de la dou­ceur, les ar­bustes sont dé­jà en fleurs. Les prix baissent et les producteurs s’in­quiètent.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - Tou­lon (Var) De notre cor­res­pon­dante DIANE AN­DRÉ­SY

LA FLEUR STAR de la Pro­vence est en avance. Trop, jugent les producteurs de mi­mo­sa, qui ont vu ap­pa­raître les pre­miers flo­cons d’or au dé­but du mois de dé­cembre. « Cet hi­ver par­ti­cu­liè­re­ment doux a pro­vo­qué une éclo­sion pré­coce. Les champs sont dé­jà en fleurs, mais la de­mande ne suit pas. On est donc obli­gés de tailler les arbres et de sa­cri­fier une par­tie de la culture », dé­plore Jean-Fran­çois Loze, pro­duc­teur à Tan­ne­ron (Var). Avec des tem­pé­ra­tures folles — en moyenne de 10 °C au-des­sus des nor­males de sai­son ! — le mar­ché du mi­mo­sa, qui bat nor­ma­le­ment son plein de mi­jan­vier à fin fé­vrier, est cham­bou­lé.

Des bou­quets à 13 €

Il re­pré­sente, chaque an­née, plu­sieurs di­zaines de tonnes de fleurs ven­dues en bou­quets. « On touche, ici, du doigt les consé­quences vi­sibles du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique », té­moigne Va­lé­rie Torres, pro­duc­trice à Bormes-les-Mi­mo­sas.

Les prix, eux, ont bais­sé en moyenne de 15 % cette an­née, ce qui ra­vit les pre­miers clients… mais pas les « mi­mo­sistes ». « On trouve sur les mar­chés des bou­quets à 13 € contre par­fois plus de 20 € l’an der­nier », re­marquent San­drine et Syl­vain. Au do­maine du Rayol-Ca­na­del, les plantes mé­di­ter­ra­néennes sont choyées toute l’an­née. Et la pré­sence en dé­cembre de grands mi­mo­sas fleu­ris étonne les vi­si­teurs.

« Son abon­dante flo­rai­son hi­ver­nale est due au ré­chauf­fe­ment de l’air et l’arbre peut fa­ci­le­ment croître de 40 à 60 cm par an par temps doux et sec. C’est le cas en ce mo­ment », com­mente un bo­ta­niste, spé­cia­liste de cet « ar­ché­type de l’arbre mé­di­ter­ra­néen ».

Re­vers de la mé­daille chez les pro­fes­sion­nels, beau­coup de mi­mo­sas, éclos trop vite, ne sont ac­tuel­le­ment pas ré­col­tés, donc per­dus. « Il faut par­fois se dé­bar­ras­ser de cer­taines ré­coltes pour main­te­nir les champs propres en vue de la pro­chaine flo­rai­son », re­grette un pé­pi­nié­riste. Sur le lit­to­ral va­rois, le mi­mo­sa pousse aus­si à l’état sau­vage, mais il est in­ter­dit de le cueillir. Ce qui n’em­pêche pas les ama­teurs de ré­col­ter quelques branches. Les culti­va­teurs es­pèrent bien que le froid ne va pas bou­der trop long­temps.

(LP/Diane An­dré­sy.)

Rayol-Ca­na­del (Var), hier. Les pre­miers flo­cons d’or sont ap­pa­rus au dé­but de dé­cembre. Un mois plus tôt que d’ha­bi­tude.

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