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Le Parisien (Paris) - - TERRORISME - I.G.

Dé­cé­dé à 28 ans en se­mant la mort au Ba­ta­clan, Sa­my Ami­mour a été en­ter­ré dans la plus grande dis­cré­tion jeu­di, en fin d’après­mi­di, au ci­me­tière in­ter­com­mu­nal de La Cour­neuve (Seine-Saint-De­nis), en pré­sence d’une poi­gnée de proches, comme l’a ré­vé­lé hier « le Jour­nal du di­manche ». Il avait gran­di à Dran­cy, ville dont dé­pend ce ci­me­tière et où ré­sident ses pa­rents. Ces der­niers ont pris leurs pré­cau­tions afin que la sé­pul­ture de leur fils ne puisse être iden­ti­fiée. Le corps d’Ami­mour, par­ti en Syrie en 2013 après s’être ra­di­ca­li­sé en France, re­po­sait jus­qu’à pré­sent à l’Ins­ti­tut mé­di­co-lé­gal de Pa­ris, comme les sept autres ter­ro­ristes res­pon­sables des at­ten­tats. La loi im­pose que les défunts puissent être en­ter­rés dans la com­mune où ils ré­si­daient, où ils sont dé­cé­dés ou là où la famille a une sé­pul­ture.

La femme du ji­ha­diste ne donne plus de nou­velles pen­dant quelques se­maines. Jus­qu’au 16 no­vembre, trois jours après l’at­ten­tat du Ba­ta­clan com­mis par son époux, et dont elle se ré­jouit. « T’es cho­qué des at­ten­tats ? LOL. Un des ka­mi­kazes du Ba­ta­clan était mon ma­ri Sa­my Ami­mour, il s’est fait ex­plo­ser ham­du­lil­lah… Tu veux tou­jours conti­nuer à te pa­va­ner sur Pa­nam ? » Dans son der­nier cour­riel, deux jours plus tard, elle dé­ve­loppe cette fois l’ad­mi­ra­tion qu’elle res­sent pour Sa­my. « J’étais au cou­rant de­puis le dé­but, et j’ai en­cou­ra­gé mon ma­ri à par­tir pour ter­ro­ri­ser le peuple fran­çais qui a tant de sang sur les mains. […] Rien ne se­ra plus comme avant. […] J’en­vie tel­le­ment mon ma­ri, j’au­rais tel­le­ment ai­mé être avec lui pour sau­ter aus­si. »

En guise de conclu­sion, Ka­hi­na qui, de­puis les at­ten­tats, a don­né nais­sance à un en­fant, se lance dans une glo­ri­fi­ca­tion mor­bide de la vio­lence, se mon­trant plus que ja­mais me­na­çante. « La vie, c’est pas paix, paix, paix, amour, bi­sou. Tu nous tues, je te tue, tu nous com­bats, je te com­bats. […] Tant que vous conti­nue­rez à of­fen­ser l’is­lam et les mu­sul­mans vous se­rez des cibles po­ten­tielles, et pas seule­ment les flics et les juifs mais tout le monde. »

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