Ivre, il rou­lait à 205 km/h avec des en­fants à bord

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - N.J.

AU VO­LANT d’une Sko­da Oc­ta­via RS (Sport) de lo­ca­tion, un homme, âgé de 30 ans et ré­si­dant à Sa­lon-deP­ro­vence (Bouches-du-Rhône), a été fla­shé avant-hier après-mi­di sur la N 202 en di­rec­tion de Digne à 205 km/h au lieu de 90 km/h. Pis, l’homme cir­cu­lait avec sa femme en­ceinte et ses deux en­fants de 4 ans et de 9 mois. De sur­croît, les gen­darmes ont dé­cou­vert que le chauf­feur était al­coo­li­sé (0,47 mg/l d’air ex­pi­ré). Pour sa dé­fense, le chauf­fard a ex­pli­qué aux gen­darmes qu’il ne s’était pas ren­du compte de la vi­tesse et pen­sait ne pas être po­si­tif à l’al­cool. Il a fait l’ob­jet d’une ré­ten­tion du per­mis de conduire qui de­vrait en­gen­drer une sus­pen­sion ad­mi­nis­tra­tive de son per­mis de conduire pou­vant al­ler jus­qu’à six mois et se­ra convo­qué de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Digne-les-Bains.

le quar­tier des Jar­dins-de-l’Em­pe­reur. Tel était hier l’ob­jec­tif des forces de l’ordre à Ajac­cio (Corse-du-Sud). Alors qu’à deux re­prises, ven­dre­di et sa­me­di, les CRS avaient été dé­bor­dés par des cen­taines de ma­ni­fes­tants, les 150 hommes mo­bi­li­sés cette fois ont te­nu bon.

Un peu plus tôt, dans la nuit de sa­me­di à di­manche, le pré­fet de Corse avait pris un ar­rê­té in­ter­di­sant toute ma­ni­fes­ta­tion dans ce quar­tier jus­qu’au 4 jan­vier. Ma­nière d’évi­ter que ne se re­pro­duisent les scènes vé­cues cette fin de se­maine. Ini­tia­le­ment, les ma­ni­fes­tants en­ten­daient mon­trer qu’ils étaient ca­pables d’oc­cu­per ce quar­tier pré­sen­té comme « de non-droit », où un équi­page de pom­piers a été vio­lem­ment pris à par­tie la nuit de Noël. Au fi­nal, di­verses exac­tions ont eu lieu, dont la mise à sac d’une salle de prière mu­sul­mane. A chaque ras­sem­ble­ment, des slo­gans ra­cistes tels que « les Arabes de­hors » ont re­ten­ti. Hier en­core, une cen­taine de per­sonnes, bra­vant l’in­ter­dic­tion pré­fec­to­rale, sont d’abord par­ties du centre-ville d’Ajac­cio en di­rec­tion des Jar­dinsde-l’Em­pe­reur, dont les ac­cès avaient été préa­la­ble­ment fer­més par des vé­hi­cules de gen­dar­me­rie équi­pés de grilles mo­biles. Des di­zaines de ma­ni­fes­tants se sont joints au cor­tège, blo­qué par ce bar­rage, et ce sont fi­na­le­ment près de 300 par­ti­ci­pants qui ont pris en fin d’après-mi­di la di­rec­tion d’un autre quar­tier, ce­lui des Cannes, afin de ten­ter de contour­ner le dis­po­si­tif po­li­cier. « On se bat contre la ra­caille mais pas contre les Arabes », ont scan­dé les me­neurs qui ont ap­pe­lé la foule à res­ter pa­ci­fique. « On n’est pas des cas­seurs », « on n’est pas des ra­cistes », ont-ils ré­pé­té, tranchant avec les in­jures des jours pré­cé­dents.

Une de­mi-com­pa­gnie de CRS et deux es­ca­drons de gen­darmes mo­biles ont été dé­ployés, « compte te­nu des in­ci­dents qui se sont dé­rou­lés à deux re­prises et des ma­ni­fes­ta­tions qui s’y sont ca­rac­té­ri­sées par des pro­pos ex­trê­me­ment vio­lents », a jus­ti­fié le pré­fet de l’île. « Ces ma­ni­fes­ta­tions donnent une image dé­sas­treuse de la Corse, de sa so­cié­té, de ses va­leurs, avait re­gret­té le re­pré­sen­tant de l’Etat, Ch­ris­tophe Mir­mand. Sur­tout, cette mo­bi­li­sa­tion des forces de po­lice pour as­su­rer la tranquillité et la sécurité com­pro­met l’en­quête qui est né­ces­saire pour iden­ti­fier les au­teurs de l’agres­sion de la nuit de Noël. »

Agres­sion des pom­piers : deux gardes à vue

L’en­quête en ques­tion, pi­lo­tée par la sû­re­té dé­par­te­men­tale, a don­né lieu hier au pla­ce­ment en garde à vue de deux ha­bi­tants des Jar­dins-de-l’Em­pe­reur. Un pre­mier jeune, âgé d’une ving­taine d’an­nées, avait été in­ter­pel­lé dans le quar­tier en vue d’être in­ter­ro­gé sur ces évé­ne­ments. Un se­cond in­di­vi­du s’est en­suite pré­sen­té de lui­même pour être au­di­tion­né. Connus pour des faits de dé­lin­quance, les deux jeunes se­ront dé­fé­rés au­jourd’hui pour au moins des « faits de dé­gra­da­tion », se­lon le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique d’Ajac­cio, Eric Bouillard.

Dans leur quar­tier, qui compte en­vi­ron 450 lo­ge­ments, les ha­bi­tants ont re­dit leur in­quié­tude. « D’une ma­ni­fes­ta­tion pa­ci­fique à la base, on est pas­sé à une ra­ton­nade », a dé­plo­ré un ri­ve­rain dans la ma­ti­née. « Ça va peut-être ap­por­ter quelque chose », es­ti­mait par ailleurs un re­trai­té d’ori­gine ma­ro­caine. « Moi, j’en ai marre. Les jeunes font la loi ici. Quand on leur dit quelque chose, ils ré­pondent : Ferme ta gueule si­non je te brûle ta voi­ture. J’at­tends que ma femme soit à la re­traite pour qu’on parte au Ma­roc. » Pour Sé­bas­tien, un cui­si­nier âgé d’une qua­ran­taine d’an­nées qui ha­bite lui aus­si le quar­tier, « le pro­blème vient d’une di­zaine de per­sonnes, que tout le monde connaît, même les flics ».

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