« Il y a des va­leurs et une his­toire der­rière ce chant »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pro­pos recueillis par ÉRIC BRU­NA

Quelle est la plus char­gée d’émo­tions sur le plan per­son­nel ? Celle du titre mon­dial du 4 x 100 m NL en 2013 à Bar­ce­lone. Dé­jà parce qu’on la par­tage avec les potes (NDLR : Fa­bien Gi­lot, Jé­ré­my Stra­vius et Meh­dy Me­tel­la). En­suite parce qu’il y avait énor­mé­ment de Fran­çais au Pa­lau San Jor­di et ça chan­tait « la Mar­seillaise » à tue-tête. Je trou­vais ça fort dans un pays étran­ger. Vous sou­ve­nez-vous de votre pre­mière « Mar­seillaise » ? C’était sû­re­ment à l’école quand on l’ap­pre­nait. Comme beau­coup, je ne connais­sais pas les pa­roles après le pre­mier cou­plet. Quand on est pe­tit, on ne com­prend pas ce qu’on chante, mais au fur et à me­sure on sai­sit la por­tée des pa­roles. Je trouve très bien qu’on l’ap­prenne en classe à condi­tion de connaître aus­si tout le contexte. Il y a des va­leurs et une his­toire der­rière ce chant. Et sur un po­dium ? (Sou­rire.) C’est celle des Jeux ! Je n’avais fait au­cun po­dium avant mon titre olym­pique de Londres sur 50 m NL. Je n’avais même pas été cham­pion de France ! Que re­pré­sente ce chant pour vous ? Je l’aime beau­coup parce que c’est un chant ré­vo­lu­tion­naire. En plus, en étant dans l’ar­mée, je trouve que ce­la veut dire beau­coup de choses (NDLR : il a re­joint l’ar­mée en 2009 et il est af­fec­té au 68e ré­gi­ment d’ar­tille­rie d’Afrique dans l’Ain avec un sta­tut de spor­tif de haut ni­veau). J’ai tou­jours des fris­sons quand je l’en­tends. Les pa­roles ont-elles en­core un sens au­jourd’hui ? Il y a quelques an­nées, il y avait eu un dé­bat pour les chan­ger parce qu’elles étaient trop « guer­rières ». Ce­la m’au­rait cho­qué qu’on le fasse. Ce­la fait par­tie de notre pa­tri­moine et je trouve qu’on a de la chance d’avoir un pays avec une his­toire. On sait d’où on vient. Ce n’est pas pour cri­ti­quer les Etats-Unis, mais on a une his­toire tel­le­ment vieille, des ra­cines… La ré­vo­lu­tion est un pan de notre mé­moire. Donc, je n’ai pas en­vie de chan­ger quoi que ce soit. Doit-on for­cé­ment la chan­ter quand on est un spor­tif ? Cha­cun ré­agit comme il veut. Moi, je trouve ça hy­per im­por­tant. Quand on re­pré­sente la France, on se doit de la chan­ter. Après, la dif­fé­rence c’est que pour les na­geurs, « la Mar­seillaise » vient après la course. Donc c’est lié à la vic­toire, à l’émo­tion, à un sen­ti­ment po­si­tif et c’est plus fa­cile de se li­bé­rer à ce mo­ment-là. Quand c’est avant, comme dans un match de foot, ce­la peut être dé­ran­geant car les spor­tifs sont dans un mode de concen­tra­tion très pro­gram­mé. Bien sûr, il y en a qui ne la chantent pas pour d’autres rai­sons, mais di­sons que je peux com­prendre cer­tains qui se contentent de la mur­mu­rer.

« Je trouve très bien qu’on

l’ap­prenne en classe »

(Icon Sport/Ria Novosti.)

A cha­cune de ses vic­toires, Florent Ma­nau­dou est fier de chan­ter « la Mar­seillaise » : «Je trouve ça hy­per

im­por­tant.»

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