Elle a in­ven­té le grand site de l’en­traide

Le Parisien (Paris) - - PARIS - ÉLO­DIE SOULIÉ

GRÂCE À ELLE, une tren­taine de per­sonnes âgées et iso­lées ont pas­sé un Noël comme elles n’au­raient pu l’es­pé­rer, par­ta­geant pour une heure ou une soi­rée la vie d’in­con­nus ac­cueillants. Peut-être en se­ra-t-il de même pour le ré­veillon du Nou­vel An. Grâce à son idée en­core, la jeune Anis­sa a of­fert à des pa­rents de gar­der leurs en­fants pen­dant leurs courses de ré­veillon, Pe­dro a gra­cieu­se­ment pro­po­sé ses ta­lents de coif­feur­ma­quilleur… D’autres se sont échan­gés une heure de conver­sa­tion an­glaise et un pe­tit cours d’in­for­ma­tique, un coup de main en pein­ture mu­rale contre une pro­me­nade de chien…

« Elle », c’est Ma­rie Trep­poz, mère de famille pa­ri­sienne au grand coeur et à l’ap­pé­tit d’en­tre­prendre in­sa­tiable. Sa der­nière « in­ven­tion », c’est Welp, une plate-forme d’échange 100 % gra­tuite qui pour­rait ré­vo­lu­tion­ner le monde du bé­né­vo­lat en per­met­tant à cha­cun d’of­frir et de pro­po­ser une aide ou un ser­vice ponc­tuel, ins­tan­ta­né­ment et sans au­cun en­ga­ge­ment.

Tout est par­ti d’une ex­pé­rience per­son­nelle

Ins­tal­lée de­puis le prin­temps par­mi les 75 « jeunes pousses » de la Pé­pi­nière 27, à deux pas de la Bas­tille (XIe), Welp compte dé­jà 5 000 ins­crits, dont 200 as­so­cia­tions. Ma­rie compte bien étof­fer ce ré­seau so­li­daire bien au-de­là de la ca­pi­tale, maillant la France en­tière de ces pe­tits pic­to­grammes en forme de coeurs, co­lo­rés se­lon le type d’offre et géo­lo­ca­li­sés, sur les­quels il suf­fit de cli­quer pour les consul­ter. Et rêve de ras­sem­bler 500 000 per­sonnes. « De­puis l’ou­ver­ture du site, en­vi­ron 2 000 an­nonces ont été créées et au moins la moi­tié se sont concré­ti­sées », sou­ligne Ma­rie Trep­poz. L’une des plus en­cou­ra­geantes concré­ti­sa­tions, ce fut « une dame iso­lée qui de­vait dé­mé­na­ger toute seule et qu’une famille à plus de 100 km est ve­nue ai­der à faire ses car­tons ».

Comme il ar­rive sou­vent avec les bonnes idées, celle de Welp est née d’une ex­pé­rience per­son­nelle. « L’an der­nier, après avoir quit­té une en­tre­prise, j’ai vou­lu re­faire un peu de bé­né­vo­lat, ra­conte-t-elle. Je suis en­trée en contact avec une grande as­so­cia­tion mais j’ai trou­vé que les dé­mar- ches étaient vrai­ment lourdes, longues, trop contrai­gnantes pour quel­qu’un qui veut don­ner un peu de son temps sans être obli­gé d’en­trer dans un sys­tème. Avec mon as­so­cié Lu­do­vic, on a ima­gi­né une plate-forme pour mettre en re­la­tions des gens de la fa­çon la plus simple pos­sible. Il y a beau­coup de sites d’en­traide entre par­ti­cu­liers, mais tou­jours pour des ser­vices payants. La dif­fé­rence, c’est que nous ne pro­po­sons que du bé­né­vo­lat, sans obli­ga­tion, et pas né­ces­sai­re­ment sous forme d’un échange. Ça peut être une de­mande d’aide, ou une offre de ser­vice sans contre­par- tie. C’est ça, la vraie so­li­da­ri­té, il faut que ce­la puisse res­ter na­tu­rel. » Welp (contrac­tion de « we help », nous ai­dons en an­glais) était née.

Le point fort du site créé par Ma­rie Trep­poz ? Les pro­po­si­tions de « vi­sites de cour­toi­sie » de Pa­ri­siens prêts à don­ner un pe­tit mor­ceau de leur temps pour rendre vi­site aux plus iso­lés, toutes gé­né­ra­tions confon­dues. Ma­rie Trep­poz s’at­tache main­te­nant à nouer des par­te­na­riats avec des villes, des en­tre­prises. « Je se­rai peut-être le Bla­bla­car du bé­né­vo­lat ! » sou­rit-elle. https ://www.welp.fr. n Elles avaient dis­pa­ru de­puis les at­ten­tats de no­vembre. Mais, de­puis quelques jours, de nom­breuses fa­milles sy­riennes se sont de nou­veau ins­tal­lées aux abords des portes du pé­ri­phé­rique pa­ri­sien. « SOS fa­milles sy­riennes », peut-on lire sur toutes les pan­cartes en car­ton te­nues par des femmes et des en­fants aux portes de Cli­gnan­court, de la Villette ou en­core de Pan­tin. Cer­tains au­to­mo­bi­listes viennent en aide à ces po­pu­la­tions dans le be­soin en leur pro­cu­rant des vê­te­ments, de l’ar­gent ou de la nour­ri­ture. A l’as­so­cia­tion Re­vivre, qui vient en aide aux ré­fu­giés sy­riens en France, on pré­cise néan­moins avoir « pris des dis­tances avec ces fa­milles qui, mal­gré les aides, re­fusent de faire les dé­marches pour de­man­der le droit d’asile ».

(LP/É.S.)

Rue du Che­min-Vert (XIe). Avec Welp, son site de bé­né­vo­lat en ligne, Ma­rie Trep­poz es­père dy­na­mi­ser « une nou­velle fa­çon de s’en­trai­der », sans les lour­deurs des grandes as­so­cia­tions.

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