« Le monde est grand, dé­merde-toi »

Le Parisien (Paris) - - PARIS - SAN­DRINE BAJOS

« JCDE­CAUX, C’EST UNE MON­TAGNE SANS SOM­MET. » Sa seule ob­ses­sion : faire gran­dir son groupe.

En bon au­to­di­dacte, Jean-Claude n’a ja­mais ca­ché son an­ti­pa­thie pour les hé­ri­tiers et autres fils à pa­pa. Que le mes­sage soit clair : il ne suf­fit pas de s’ap­pe­ler De­caux pour fran­chir les portes de l’en­tre­prise, « il faut faire ses preuves », ont en­ten­du toute leur en­fance les trois fils. Le père les a en­traî­nés dès leur plus tendre en­fance à être de fu­turs cham­pions.

Le vieux loup et la jeune garde

Et quand l’aî­né, Jean-Fran­çois, sent son heure ve­nir à 21 ans, il au­ra droit comme ses frères, quelques an­nées plus tard, à la cé­lèbre phrase : « Le monde est grand, dé­merde-toi ! » Mes­sage re­çu. Car si au­jourd’hui le groupe fran­çais est nu­mé­ro un mon­dial, c’est es­sen­tiel­le­ment l’oeuvre de la deuxième gé­né­ra­tion. « Nous n’étions pas en ri­va­li­té mais plu­tôt dans une com­pé­ti­tion sym­pa­thique. Il y a tou­jours eu beau­coup de res­pect entre nous trois. On était, et nous sommes tou­jours très com­plices et très com­plé­men­taires », se sou­vient Jean-Charles, le ca­det.

Quelques an­nées plus tard, le groupe est pré­sent dans 70 pays. Il em­ploie quelque 12 300 per­sonnes et pèse plus de 2,8 Mds€ de chiffre d’af­faires. « Notre père a fait de nous des en­tre­pre­neurs, pas des hé­ri­tiers. JCDe­caux, c’est cin­quante ans de pas­sion et d’in­no­va­tion et c’est pour ça qu’au­jourd’hui, nous ve­nons d’être clas­sés », ré­sume Jean-Fran­çois De­caux.

Si la deuxième gé­né­ra­tion a réus­si le pa­ri de l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion ou plu­tôt de la mon­dia­li­sa­tion, et gère dé­sor­mais l’en­tre­prise, la trans­mis­sion n’a pas tou­jours été un long fleu- ve tran­quille. Il leur a fal­lu sans cesse faire leur preuve et sur­tout convaincre leur père de cer­tains choix stra­té­giques, comme pour le cap sur l’af­fi­chage grand for­mat avec le ra­chat d’Ave­nir. Ou en­core pour l’en­trée en bourse. Et qui écri­ra l’his­toire de la troi­sième gé­né­ra­tion, qui compte dé­jà sept pe­tits-en­fants ? Les trois frères re­prennent le pré­cepte de leur père : « On ne leur im­po­se­ra rien, mais il leur faut faire leurs preuves pour in­té­grer le groupe. »

Vé­lib’, pan­neaux pu­bli­ci­taires, abri­bus, co­lonne Mor­ris, toi­lettes pu­bliques… En cin­quante ans, l’em­pire de Jean-Claude De­caux a conquis la pla­nète.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.