« Il faut de­ve­nir des créa­teurs de goût ! »

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos recueillis par B.L.

L’AS­SO­CIA­TION na­tio­nale in­ter­pro­fes­sion­nelle des vins de France fait la pro­mo­tion de la nou­velle ca­té­go­rie qui rem­place de­puis 2009 les vins dits de table, cible de la di­rec­tive eu­ro­péenne. Quel est l’in­té­rêt de plan­ter de nou­velles vignes en France ? SERGE TIN­TA­NET. En France, toutes les au­to­ri­sa­tions de plan­ta­tion étaient en­ca­drées par un droit du sol très strict. A par­tir du 1er jan­vier, le sys­tème va en­fin évo­luer vers une plus grande li­bé­ra­li­sa­tion. Chaque ré­gion va pou­voir s’ex­pri­mer, en pré­sen­tant son sou­hait de voir ap­pa­raître, ou non, ces nou­veaux vi­gnobles. C’est une vé­ri­table op­por­tu­ni­té car nous al­lons pou­voir créer de nou­veaux pro­duits, en as­sem­blant de nou­veaux cé­pages pour ré­pondre à une nou­velle de­mande à l’ex­port. Quel nou­veau pu­blic vi­sez-vous ? Dans le monde, nom­breux sont les nou­veaux consom­ma­teurs qui ne connaissent pas le goût du vin. C’est le cas des Chi­nois. Ils veulent dé­cou­vrir un goût, comme par exemple le vin de cé­page. Avec le nou­veau dis­po­si­tif, nous al­lons pou­voir leur pro­po­ser plus fa­ci­le­ment du « mer­lot de France ». Il se­ra aus­si pos­sible de mé­lan­ger du co­lom­bard de Gas­cogne et du co­lom­bard du Lan­gue­doc. Il faut an­ti­ci­per les goûts du consom­ma­teur mon­dial, de­ve­nir des créa­teurs de goût. Ne crai­gnez-vous pas d’être des ap­pren­tis sor­ciers du vin ? Pas du tout ! Au­jourd’hui, la France est en Eu­rope le 2e pays im­por­ta­teur de vin der­rière l’Al­le­magne. Sur cer­tains seg­ments de prix, nous sommes ab­sents, ce qui nous amène à im­por­ter du vin d’Espagne. Il faut re­bâ­tir notre com­pé­ti­ti­vi­té. En Angleterre, des vignes sont en train d’être plan­tées. La France doit faire des choix pour ré­pondre à l’ex­port.

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