« C’est la fin des AOC! »

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos recueillis par D.R.

EN CHAM­PAGNE, c’est l’ef­fer­ves­cence de­puis que l’on a connais­sance de la ré­forme in­tro­duite par Bruxelles. Maire de la pe­tite com­mune de Vertus (Marne), qui compte pas moins de 200 producteurs de cham­pagne — dont il est —, Pas­cal Per­rot n’a pas de mots as­sez durs pour cri­ti­quer la me­sure : « C’est la mort an­non­cée des ap­pel­la­tions d’ori­gine contrô­lée, comme le cham­pagne, telles qu’on les connaît de­puis 1927. » Pour­quoi ? « Parce qu’il n’y a plus de cri­tères de ter­roir, de sols, d’en­so­leille­ment. N’im­porte qui va main­te­nant pou­voir plan­ter du pseu­do­cham­pagne, sur notre ter­ri­toire ou ailleurs. Même nous, on va pou­voir plan­ter du cham­pagne sur des ter­rains in­adap­tés, trop hu­mides, pas suf­fi­sam­ment en­so­leillés… La no­tion de qua­li­té à la­quelle nous, en Cham­pagne, sommes très at­ten­tifs, va dis­pa­raître. » Le maire et vi­ti­cul­teur évoque même un « risque phé­no­mé­nal », qui in­quiète « tous les producteurs du vil­lage sans ex­cep­tion, et au-de­là ». Pour­tant, on en­tend peu les contes­ta­taires. « Nor­mal ! C’est comme tou­jours avec Bruxelles, on dé­couvre les me­sures au mo­ment où elles s’ap­pliquent. Ici, à Vertus, tout le monde tombe des nues. » Et de lan­cer : « Tout le monde de­vrait se ré­veiller ! » Les producteurs cham­pe­nois n’étaient pas fer­més à une hausse de la su­per­fi­cie du vi­gnoble de cham­pagne, « mais on vou­lait que ce soit sur des cri­tères de qua­li­té des sols. Ça n’est pas pos­sible », sou­ligne Pas­cal Per­rot, qui cite l’exemple d’une grande mai­son cham­pe­noise dont il tait le nom, « par­tie en Grande-Bre­tagne ache­ter du ter­rain pour y faire un sem­blant de cham­pagne. Du cham­pagne an­glais ! Mais où va-t-on ? »

« C’est comme tou­jours

avec Bruxelles, on dé­couvre les me­sures

au mo­ment où elles s’ap­pliquent »

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