« Il ne peut pas y avoir des Fran­çais de se­conde classe »

Ka­der Arif, dé­pu­té PS de Haute-Ga­ronne, proche du pré­sident

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Pro­pos recueillis par E.H.

Fi­dèle de Fran­çois Hol­lande, l’an­cien se­cré­taire d’Etat aux An­ciens Com­bat­tants Ka­der Arif, fran­çais né en Al­gé­rie, met en garde contre la dé­chéance de na­tio­na­li­té. Faut-il dé­choir de leur na­tio­na­li­té les bi­na­tio­naux condam­nés pour ter­ro­risme ? KA­DER ARIF. Non. D’abord, cette me­sure ne concerne que peu de per­sonnes. En­suite, elle n’a au­cun ef­fet dans la lutte contre le ter­ro­risme. Peut-on pen­ser un seul ins­tant que des gens ca­pables de com­mettre l’in­nom­mable re­cu­le­raient pour des rai­sons de na­tio­na­li­té ? Non, évi­dem­ment. En­fin, s’ils étaient dé­chus de leur na­tio­na­li­té, où se­raient-ils ren­voyés ? Mon in­quié­tude, c’est que les bar­rières sautent. Jus­qu’où ira-t-on ? Crai­gnez-vous qu’on jette l’op­probre sur l’en­semble des bi­na­tio­naux ? Oui. L’amal­game existe dé­jà et cette me­sure le ren­force à l’en­contre de ceux que cer­tains ap­pellent « les Arabes ». Mais ces « Arabes » qu’on stig­ma­tise, c’est qui ? Des ci­toyens fran­çais, nés sur le sol fran­çais et qui doivent dé­jà af­fron­ter une hausse des actes ra­cistes. Il ne peut pas y avoir dif­fé­rentes ca­té­go­ries de Fran­çais, de pre­mière ou de se­conde classe. C’est an­ti-ré­pu­bli­cain. Pour Ma­nuel Valls, « une par­tie de la gauche s’égare au nom de grandes va­leurs »… Mais je suis loin d’être un éga­ré ! Comme de nom­breux ci­toyens, so­cia­listes ou pas, j’es­time que la Ré­pu­blique doit ré­pondre aux ter­ro­ristes avec sa sin­gu­la­ri­té : li­ber­té, éga­li­té, fra­ter­ni­té et laï­ci­té. Ces grandes va­leurs, je les re­ven­dique. Vo­te­rez-vous cette pro­po­si­tion ? Non, je vo­te­rai contre. Le groupe par­le­men­taire so­cia­liste ( il est dé­pu­té de Haute-Ga­ronne) s’in­ter­roge. Il fau­dra un dé­bat et per­mettre à cha­cun d’exer­cer sa li­ber­té de conscience. Donc, il ne faut pas de consigne de vote. At­ten­dez-vous de Fran­çois Hol­lande qu’il renonce ? Sa pa­role est à res­pec­ter. Mais en même temps, oui, il faut en­voyer un mes­sage fort au pré­sident. Une grande par­tie de sa famille po­li­tique, une grande par­tie de la gauche sont contre cette me­sure. L’opi­nion semble y être pour­tant lar­ge­ment fa­vo­rable… Si Fran­çois Mit­ter­rand avait sui­vi l’opi­nion, alors il n’au­rait ja­mais abo­li la peine de mort.

« Je vo­te­rai contre cette pro­po­si­tion »

Proche de Hol­lande, Ka­der Arif est néan­moins op­po­sé à la dé­chéance de na­tio­na­li­té.

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