« C’est le pire Noël de ma vie »

Paul, un ha­bi­tant de York, dans le nord de l’Angleterre, dont la mai­son a été inon­dée

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - York (Royaume-Uni) De notre cor­res­pon­dant JU­LIEN LAU­RENS

DE L’EAU, en­core de l’eau, par­tout de l’eau. Des rues en­tières noyées sous près de 2 m d’eau, des mil­liers d’ha­bi­ta­tions ra­va­gées par ces inon­da­tions, des scènes apo­ca­lyp­tiques.

« On a tout per­du. La flotte est en­trée de par­tout, avec de la boue. Elle a tout en­traî­né sur son pas­sage. On s’est ré­fu­giés au pre­mier étage et l’eau est mon­tée jus­qu’à la moi­tié des es­ca­liers. C’était in­croyable. On n’avait ja­mais vu au­tant d’eau de toute notre vie. J’ai es­sayé de pro­té­ger la mai­son quand j’ai su qu’il al­lait pleu­voir beau­coup, mais ja­mais je n’au­rais pen­sé qu’il en tom­be­rait au­tant. Tous les quarts d’heure, le ni­veau d’eau mon­tait de 50 cm. C’est le pire Noël de ma vie », ra­conte Paul, ma­rié à Lynne et père de deux ado­les­cents. Sa voix tremble, on sent les larmes qui lui montent aux yeux. Il ha­bite près du centre-ville de York et, de­puis sa fe­nêtre, il a vu le drame se dé­ve­lop­per. Sa famille fait par­tie des 600 qui ont été éva­cuées de leur do­mi­cile. Trois mille cinq cents autres sont éga­le­ment en dan­ger et des mil­liers d’autres se re­trouvent sans élec­tri­ci­té.

Eva et Des­mond, les deux tem­pêtes qui ont frap­pé le nord de l’Angleterre à Noël, se sont achar­nées sur York, cette belle ci­té de 200 000 ha­bi­tants, ca­pi­tale du com­té du York­shire, à trois heures de route de Londres. La ville est à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, et fait face de­puis des cen­taines d’an­nées aux inon­da­tions. Mais en­core une fois les bar­rages se sont ef­fon­drés et York n’avait ja­mais rien vu de tel que les pluies di­lu­viennes de ce Noël 2015. En 2000, les inon­da­tions avaient été ter­ribles. En 1982 éga­le­ment. Cette fois, c’est pire que tout. Leeds, Ro­ch­dale, Man­ches­ter ont aus­si été du­re­ment tou­chés.

« C’est dif­fi­cile de res­ter po­si­tif. Même si on connais­sait le dan­ger, on ne pen­sait pas que ce­la pour­rait un jour at­teindre ce ni­veau. C’est in­croyable. J’ai dé­jà beau­coup pleu­ré de­puis qua­rante-huit heures, mais mes larmes ne rem­pla­ce­ront pas ce que j’ai per­du », confie pour sa part Phil, la qua­ran­taine, lui aus­si éva­cué et qui vient de pas­ser deux nuits dans un gym­nase avec sa famille. « Le plus dur, sur­tout, conclut-il, c’est ce qu’il va se pas­ser main­te­nant, ren­trer dans une mai­son inon­dée, pleine de boue, où tout a été ra­va­gé, re­par­tir de zé­ro et at­tendre l’ar­gent des as­su­rances. C’est un en­fer. »

« Mes larmes ne rem­pla­ce­ront pas ce que j’ai per­du »

Phil, éva­cué avec sa famille

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