Le beau temps bloque la grippe… mais pas tous les vi­rus

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CH­RIS­TINE MATEUS

À CETTE ÉPOQUE de l’an­née, ha­bi­tuel­le­ment, vous n’en­ten­dez par­ler que d’elle : la grippe. Du mois de dé­cembre au mois de mars, elle se pro­page avec sa co­horte de dou­leurs mus­cu­laires, de fa­tigue, de maux de tête et de gorge, d’éter­nue­ments ac­com­pa­gnés d’une fièvre qui flirte par­fois avec les 40 ºC… Pour­tant, le der­nier bul­le­tin de l’Ins­ti­tut de veille sa­ni­taire (InVS), en date du 23 dé­cembre, est for­mel : « Ac­ti­vi­té grip­pale tou­jours faible. » Pour 100 000 ha­bi­tants, il a été comp­ta­bi­li­sé 49 consul­ta­tions pour des symp­tômes grip­paux, contre 71 à la même pé­riode en 2014. La mé­téo prin­ta­nière que nous connais­sons ac­tuel­le­ment a en ef­fet re­tar­dé sa pro­li­fé­ra­tion. Pour­quoi ?

Qui dit tem­pé­ra­tures clé­mentes, dit moins de per­sonnes confi­nées dans des es­paces peu ou pas ven­ti­lés. En ef­fet, lorsque le mer­cure est au plus bas, on hé­site à aé­rer les pièces (ce qu’il faut pour­tant faire !), or ce scé­na­rio aug­mente le risque de trans­mis­sion de cette ma­la­die très conta­gieuse. Par ailleurs, le froid, lors­qu’il est là, ra­len­tit le bon fonc­tion­ne­ment de notre sys­tème im­mu­ni­taire, lais­sant le temps au vi­rus de s’ins­tal­ler. nUne épi­dé­mie chaque hi­ver. Si le phé­no­mène est rare, ce n’est pas non plus une pre­mière. En 1988 et en 1998, l’épi­dé­mie de grippe n’avait dé­bu­té que fin fé­vrier. D’ailleurs, sans sa­voir pré­ci­sé­ment quand, les au­to­ri­tés sa­ni­taires s’at­tendent bel et bien à la voir dé­bar­quer. « En trente-cinq ans d’his­to­rique de la grippe, il y a tou­jours eu des épi­dé­mies chaque hi­ver même si, par­fois, elles étaient d’une faible am­pleur », sou­ligne Isa­belle Bon­ma­rin, de l’InVS. Pour s’en pré­mu­nir, le vac­cin reste, au de­meu­rant, tou­jours d’ac­tua­li­té et dis­po­nible jus­qu’au 31 jan­vier. L’an­née der­nière, elle avait du­re­ment frap­pé et contri­bué à une sur­mor­ta­li­té hi­ver­nale re­cord, es­ti­mée à 11 400 décès. nLa bron­chio­lite bien pré­sente. Si la grippe prend son temps, les mé­de­cins ne sont pas pour au­tant au chô­mage tech­nique. Cette am­biance tem­pé­rée et lé­gè­re­ment hu­mide, mais avec des écarts im­por­tants de tem­pé­ra­tures au cours d’une même jour­née, est en ef­fet du pain bé­nit pour d’autres vi­rus. Les otites, bron­chites, rhi­no­pha­ryn­gites, bron­chio­lites… sont, elles, bien pré­sentes.

Bien que l’épi­dé­mie de bron­chio­lite ra­len­tisse, se­lon le der­nier bul­le­tin de l’InVS, le pic a d’ores et dé­jà été dé­pas­sé dans le Nord ain­si qu’en Ile-de-France et de­vrait être at­teint pro­chai­ne­ment en Langue- doc-Rous­sillon. Rap­pe­lons qu’il s’agit d’une in­fec­tion res­pi­ra­toire qui touche, chaque hi­ver, près de 30 % des en­fants de moins de 2 ans.

Les ex­perts de l’InVS in­diquent que cette épi­dé­mie est par­ti­cu­liè­re­ment in­tense par rap­port aux deux sai­sons pré­cé­dentes. nQuid de la gas­tro-en­té­rite qui sé­vit fré­quem­ment lors des fêtes de fin d’an­née ? Elle est en­core ti­mide, mais dé­jà là.

Si l’af­fluence des consul­ta­tions reste mo­dé­rée en mé­de­cine gé­né­rale, elle est tou­te­fois en aug­men­ta­tion au­près des ser­vices d’urgences hos­pi­ta­liers.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.