Saint-An­dré, « moins stres­sé », se re­cons­truit au­près des siens

XV de France.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ra­phaël, frère de l’an­cien sé­lec­tion­neur

« UN CON­SEIL pour Guy No­vès ? Bonne chance ! » Au soir de la dé­route du XV de France face aux Néo-Zé­lan­dais (62-13), le 17 oc­tobre à Car­diff, en quarts de fi­nale du Mon­dial, Phi­lippe Saint-An­dré lance un der­nier mes­sage à son suc­ces­seur. PSA sait qu’il ne se­ra pas le pre­mier sé­lec­tion­neur à gui­der les Bleus jus­qu’au titre su­prême. L’échec est ter­rible. Les cri­tiques s’abattent.

A 48 ans, Saint-An­dré dé­cide de dis­pa­raître de l’es­pace mé­dia­tique et de se ré­fu­gier au­près de sa famille. Celle-ci a souf­fert et il le sait. Son fils, Jules, 12 ans, se trou­vait dans les tri­bunes du Millennium lors­qu’il a été hué au mo­ment du tra­di­tion­nel dis­cours d’après-match au mi­cro du stade.

Et alors que, ces jours-ci, Guy No­vès peau­fi­nait la pre­mière liste de 30 noms qu’il an­non­ce­ra au­jourd’hui ( voir ci­contre), Phi­lippe Saint-An­dré se re­po­sait du cô­té de la sta­tion de La Clu­saz, en Haute-Sa­voie. « Il se re­met de son échec à la Coupe du monde qui l’a for­cé­ment mar­qué, mais il ne va pas trop mal, confie Ra­phaël, son frère ca­det, en­traî­neur de Dax (Pro D 2), par­ti à ses cô­tés pour skier. Il a été tou­ché au re­tour de la Coupe du monde mais, là, ça va plu­tôt bien. Il est mieux que les quatre der­nières an­nées. Il est plus se­rein. »

Du­rant le Mon­dial, les deux hommes s’ap­pe­laient quo­ti­dien­ne­ment. Très proches et ayant des en­fants du même âge (8 et 12 ans), les deux frères ont dé­ci­dé de par­ta­ger quelques jours de va­cances en cette fin d’an­née. « Pas mal de jour­na­listes ou de gens du rug­by le sol­li­citent, mais il ne ré­pond pas trop, re­marque Ra­phaël. Il coupe un pe­tit peu avec le mi­lieu. »

Il y a quelques jours, Ra­phaël Saint-An­dré avait in­di­qué, sur Eu­ro­sport, que son frère s’était « sen­ti tra­hi par cer­taines per­sonnes, avant et pen­dant [la Coupe du monde]. » Beau­coup d’amis de PSA re­gret­taient de ne pas avoir re­con­nu le par­te­naire jo­vial qu’il avait été. « Il s’est mis trop de pres­sion, ad­met Ra­phaël. C’était tel­le­ment son rêve. Il a été man­gé par le sys­tème fé­dé­ral. Mais je ne l’ai ja­mais per­du parce qu’avec moi il a tou­jours été na­tu­rel. Après, c’est cer­tain qu’au­jourd’hui il est un peu moins stres­sé… »

Sur­tout, l’ex-boss du XV de France s’est lan­cé dans un nou­veau pro­jet pro­fes­sion­nel qui le pas­sionne. « Il est en train de le mettre en place, donc, il est à fond là-de­dans, il bosse beau­coup des­sus, té­moigne son frère. Il ne re­garde pas trop le rug­by pour l’ins­tant. »

Mais les liens avec son sport ne sont ja­mais loin. C’est en ef­fet avec Ch­ris­tophe Du­clu­zeau, son an­cien équi­pier à Cler­mont, qu’il col­la­bore. En avril dé­jà, il avait ac­com­pa­gné le Cha­ren­tais à l’aé­ro­port d’An­gou­lême, pour le sou­te­nir dans la pré­sen­ta­tion de son pro­jet de trans­port par jet pri­vé mu­tua­li­sé, de­vant une cin­quan­taine de chefs d’en­tre­prise. « Je suis là en tant qu’ami, avait-il alors confié. Et comme je n’en ai pas beau­coup ac­tuel­le­ment, je les suis ! » La nou­velle vie de SaintAn­dré ne fait que com­men­cer.

« Il est à fond dans un nou­veau pro­jet

pro­fes­sion­nel »

(AFP/Franck Fife.)

New­port (Royaume-Uni), le 18 oc­tobre. Phi­lippe Saint-An­dré au len­de­main de la ter­rible dés­illu­sion du XV de France contre les All Blacks en quarts de fi­nale de la Coupe du monde (62-13). De­puis, l’ex-sé­lec­tion­neur a pris ses dis­tances avec l’ova­lie.

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