La Gua­de­loupe gagne deux fois

Coupe Da­vis.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pa­trick Kan­ner, mi­nistre des Sports SAN­DRINE LE­FÈVRE

AU MI­NIS­TÈRE des Sports, on re­fuse de par­ler de chan­tage. Pour­tant, Ary Cha­lus, le nou­veau pré­sident di­vers gauche de la ré­gion Gua­de­loupe, qui a confir­mé hier soir que l’île ac­cueille­rait bien le 1er tour de la Coupe Da­vis entre la France et le Ca­na­da du 4 au 6 mars, a réa­li­sé un jo­li coup.

Fraî­che­ment élu, il avait me­na­cé de rendre les clés de l’or­ga­ni­sa­tion de cet évé­ne­ment, es­ti­mant que le mon­tant de la fac­ture ini­tia­le­ment es­ti­mé à 1,5 M€ avait été sous-éva­lué par son pré­dé­ces­seur. Il évo­quait ain­si un to­tal de 4,5 M€, no­tam­ment en rai­son des tra­vaux de ré­no­va­tion du vé­lo­drome de Baie-Ma­hault (com­mune dont il était le maire jus­qu’à son élec­tion au con­seil ré­gio­nal), qui ac­cueille­ra la com­pé­ti­tion.

Tout le week-end, Thier­ry Braillard, le se­cré­taire d’Etat aux Sports, et son mi­nistre de tu­telle, Pa­trick Kan­ner, ont joué les mé­dia­teurs. Ré­sul­tat, non seule­ment la ré­gion Gua­de­loupe ne dé­pen­se­ra pas plus que le mil­lion d’eu­ros pré­vu au cahier des charges (la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de ten­nis pre­nant à sa charge les 500 000 € res­tants), mais elle bé­né­fi­cie­ra dans la fou­lée d’un vaste plan de ré­no­va­tion de ses struc­tures spor­tives.

Pa­trick Kan­ner et Thier­ry Braillard s’y sont en­ga­gés par un cour­riel, adres­sé hier ma­tin à Ary Cha­lus, que nous nous sommes pro­cu­rés. « Comme conve­nu, nous nous en­ga­geons à vous ren­con­trer ain­si que vos équipes, dans les pre­miers jours du mois de jan­vier, pour exa­mi­ner en­semble les équi­pe­ments spor­tifs de votre ter­ri­toire qu’il convien­drait de ré­no­ver de ma­nière prio­ri­taire et d’exa­mi­ner les res­sources fi­nan­cières sus­cep­tibles d’être mo­bi­li­sées à cet ef­fet », écrivent les deux membres du gou­ver­ne­ment.

Le vé­lo­drome (no­tam­ment ses vestiaires) se­ra concer­né mais pas seule­ment. « Nous fe­rons un diag­nos­tic et étu­die­rons les modes de fi­nan­ce­ment lors d’une réunion de tra­vail, nous a confir­mé Pa­trick Kan­ner. On ne peut pas de­man­der à la Gua­de­loupe de four­nir de grands cham­pions et lais­ser ses ins­tal­la­tions dans un mau­vais état, celles-ci au­raient dû être ré­no­vées de­puis long­temps. Il n’au­rait pas été nor­mal que la Fé­dé­ra­tion de ten­nis ou la ré­gion Gua­de­loupe fi­nancent, au tra­vers de la Coupe Da­vis, des in­fra­struc­tures qui, de toute fa­çon, au­raient été ré­ha­bi­li­tées à un mo­ment don­né. »

Pas ques­tion tou­te­fois pour le mi­nistre de consi­dé­rer ce geste en­vers la Gua­de­loupe comme du fa­vo­ri­tisme. « Il s’agit plu­tôt d’un rat­tra­page. Ce type de né­go­cia­tions, nous l’avons avec toutes les ré­gions, as­sure-t-il. Et puis, l’ou­tre­mer mé­rite d’or­ga­ni­ser de grands évé­ne­ments. Ra­pa­trier la Coupe Da­vis en mé­tro­pole au­rait été un ca­mou­flet. » Et ce­la n’au­rait sans doute pas fait plai­sir à Yan­nick Noah, le ca­pi­taine des Bleus à l’ori­gine de cette idée…

« Ra­pa­trier la Coupe Da­vis en mé­tro­pole au­rait

été un ca­mou­flet »

(AFP/Hé­lène Va­len­zue­la.)

Vé­lo­drome Amé­dée-De­traux (Baie-Ma­hault), hier. Les tra­vaux de ré­no­va­tion ont dé­jà com­men­cé en pré­vi­sion de France - Ca­na­da, du 4 au 6 mars.

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