Schu­ma­cher, deux ans dé­jà…

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant ALAIN JOU­TEAU

IL Y A DEUX ANS jour pour jour, Mi­chael Schu­ma­cher était vic­time d’un ac­ci­dent de ski à Mé­ri­bel qui al­lait le plon­ger dans le co­ma pen­dant cent quatre-vingt-neuf jours. De­puis, le sep­tuple cham­pion du monde de For­mule 1, 47 ans le 3 jan­vier pro­chain, re­çoit des soins dans sa ré­si­dence suisse si­tuée sur les bords du lac Léman.

nIl n’a pas conscience de son en­vi­ron­ne­ment

De­puis en­vi­ron un an, l’état de san­té de Schu­mi est stable mais reste pré­oc­cu­pant. Il est in­ca­pable de com­mu­ni­quer et ne peut pas mar­cher. Son poids ? A peine 45 kg, lui qui en a pe­sé vingt-cinq de plus avant son ter­rible ac­ci­dent. Pis : il n’au­rait pas conscience de l’en­vi­ron­ne­ment au­tour de sa per­sonne. Sa ma­na­geuse gé­né­rale Sa­bine Kehm avait dé­cla­ré en mai der­nier : « Nous sommes heu­reux d’an­non­cer que l’état de san­té de Mi­chael s’amé­liore, et ce, par rap­port à la gra­vi­té de son état. Bien sûr, il fau­dra beau­coup de temps pour toutes les per­sonnes im­pli­quées dans ce com­bat. »

Cette sor­tie mé­dia­tique re­monte donc à il y a sept mois. De­puis, Kehm se mure dans le si­lence, ce qui n’est pas vrai­ment bon signe. Un manque de com­mu­ni­ca­tion qui of­fusque no­tam­ment Willi We­ber, l’an­cien ma­na­geur de Schu­ma­cher : « Pour­quoi ce si­lence ? C’est in­com­pré­hen­sible. Je suis très in­quiet. »

n500 000 € de soins tous les mois

Une bonne dou­zaine de mé­de­cins et ki­né­si­thé­ra­peutes se re­laient pour pro­di­guer à Schu­mi les meilleurs soins pos­sibles 24 heures sur 24. Co­rin­na Schu­ma­cher doit ain­si payer près de 500 000 € par mois pour per­mettre à son ma­ri de sur­vivre. S’il est vrai qu’une Fer­ra­ri FXX Evo­lu­zione per­son­nelle a été mise aux en­chères à 11,2 M€, la famille Schu­ma­cher pos­sède en­core un ma­te­las fi­nan­cier confor­table grâce aux quelque 715 M€ de gains ac­quis au cours de la car­rière de pi­lote de Mi­chael.

Reste que pour ses an­ciens men­tors ou du cô­té de ses sup­por­teurs, c’est qua­si­ment la ré­si­gna­tion. Fla­vio Bria­tore, qui a tra­vaillé avec le pi­lote al­le­mand chez Be­net­ton à ses dé­buts en F 1, ne « sou­haite pas voir Mi­chael pour le mo­ment. Fran­che­ment, je pré­fère gar­der l’image que j’avais de lui avant le drame. C’est mieux comme ça ». Le neu­ro­logue Pe­ter Ham­lyn ne se montre pas plus op­ti­miste : « Les per­sonnes ayant su­bi une grave bles­sure à la tête et qui par­viennent à s’en re­mettre, ce­la se compte tou­jours en an­nées. Les pre­miers mois sont consa­crés à la sur- vie. Peu à peu se pose la ques­tion des condi­tions de la sur­vie. Ce sont des montagnes russes. Le sou­tien des proches est très im­por­tant. »

nSes en­fants prennent la re­lève

Ses en­fants ont pris leur en­vol, cha­cun dans sa dis­ci­pline spor­tive. A seule­ment 16 ans, Mick a fait ses preuves en For­mule 4, concluant une pre­mière sai­son par une pro­met­teuse dixième place au clas­se­ment gé­né­ral, prou­vant qu’il avait le po- ten­tiel et les ca­pa­ci­tés pour mar­cher sur les traces de son illustre père. « La sai­son a été po­si­tive. A moi de pour­suivre sur ce rythme », a-t-il dé­cla­ré.

La presse al­le­mande lui a d’ores et dé­jà of­fert un sur­nom : Schu­mi III, après son père et son oncle Ralf. Sa pré­sence sur les cir­cuits de F 4 a créé un vé­ri­table en­goue­ment avec deux cents jour­na­listes et pho­to­graphes qui viennent ex­près afin de le suivre pas à pas. Même s’il a la pos­si­bi­li­té de mon­ter en F 3, Mick Schu­ma­cher se­ra en­core pré­sent en F 4 en 2016 afin de ga­gner en ex­pé­rience. Sa fougue et son am­bi­tion sont dignes de son pa­pa. Mal­gré son jeune âge, il a dé­jà connu plu­sieurs ac­ci­dents spec­ta­cu­laires sans gra­vi­té, même s’il s’est frac­tu­ré un poi­gnet. Rien ne semble l’ef­frayer.

Quant à Gi­na Ma­ria, la fille de Mi­chael Schu­ma­cher, elle fait car­rière en équi­ta­tion à l’image de sa ma­man. Elle s’est spé­cia­li­sée dans le dres­sage. Et elle aus­si est pro­mise à un bel ave­nir. « Elle est pé­trie de qua­li­tés, juge Ni­co Hör­mann, le sé­lec­tion­neur de l’équipe d’Al­le­magne d’équi­ta­tion. Elle pos­sède un ta­lent hors du com­mun. Elle tra­vaille avec beau­coup de dis­ci­pline et de sé­rieux. Et sur­tout, elle a les nerfs aus­si so­lides que son père. »

Il y a quelques jours, Co­rin­na Schu­ma­cher a ré­vé­lé son in­ten­tion d’or­ga­ni­ser dans son ranch suisse de Gi­vrins les Cham­pion­nats du monde 2016 d’équi­ta­tion wes­tern, une com­pé­ti­tion très sé­rieuse qui est gé­rée par la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale.

INTERACTIF

le­pa­ri­sien.fr La car­rière de Mi­chael Schu­ma­cher en chiffres

(Presse Sports/Va­le­ria Witters.)

L’état de san­té de Mi­chael Schu­ma­cher est stable de­puis un an. Mais son état reste pré­oc­cu­pant. Le cham­pion al­le­mand est soi­gné dans sa ré­si­dence suisse, où une dou­zaine de mé­de­cins se re­laient à ses cô­tés 24 heures sur 24.

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