« A Wem­bley, on a re­pré­sen­té la France et sa dou­leur »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pro­pos recueillis par CH­RIS­TOPHE BÉRARD

Là aus­si, il m’est im­pos­sible de ré­pondre autre chose que celle d’Angleterre - France après les at­ten­tats du 13 no­vembre à Pa­ris. A Londres, on avait dé­pas­sé le sport. Le contexte était ter­rible. Le mi­nistre, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion et le prince William étaient à cô­té de moi. Là, on n’était plus dans le foot. Ce n’était que de l’hu­main. Tout le stade a chan­té avec nous. A Wem­bley, on a re­pré­sen­té la France et sa dou­leur. C’était un mo­ment de re­cueille­ment et de par­tage qui nous dé­pas­sait. Vous sou­ve­nez-vous de votre pre­mière « Mar­seillaise » ? C’était de­vant ma té­lé­vi­sion en re­gar­dant la Coupe du monde 1982 en Espagne. Même si j’étais jeune, je voyais bien que ce­la fai­sait par­tie du pro­to­cole. On voyait les joueurs fran­çais en rang en train de l’écou­ter. C’est une image mar­quante. Et votre pre­mière sur un ter­rain ? Un France - Al­le­magne Mi­nimes à Bor­deaux. J’avais 14 ans et je por­tais le maillot tri­co­lore pour la pre­mière fois. A cet ins­tant, on res­sent une forme d’abou­tis­se­ment. Mais il y a une grosse dif­fé­rence avec les sports in­di­vi­duels. Eux, « la Mar­seillaise », ils l’en­tendent après une mé­daille. Nous, c’est avant les matchs. Que re­pré­sente ce chant pour vous ? Au dé­part, c’est une chan­son guer­rière. Mais je la res­sens au­jourd’hui comme une chan­son de dé­fense. Si quel­qu’un voit sa famille agres­sée, il a en­vie de la dé­fendre. N’ou­bliez pas que j’étais plus dé­fen­seur qu’at­ta­quant sur le ter­rain (sou­rires). Doit-on for­cé­ment la chan­ter quand on est un spor­tif ? Ce n’est pas une obli­ga­tion. Moi, je la chan­tais, mais on peut l’ap­pré­cier la

« Je la res­sens au­jourd’hui comme un chant

de dé­fense »

bouche fer­mée avec au­tant de fer­veur. Lors des en­ter­re­ments, ce ne sont pas for­cé­ment ceux qui pleurent qui sont les plus tristes. Il y a dif­fé­rentes ma­nières de la vivre. Mais il faut la bonne at­ti­tude. Je n’ac­cep­te­rais pas qu’on l’écoute en re­gar­dant ailleurs ou en bla­guant avec ses co­pains. nTESSA WOR­LEY a pris une dé­ce­vante 11e place lors du géant de Lienz (Au­triche), rem­por­té par la Suis­sesse La­ra Gut, lea­deur au clas­se­ment gé­né­ral de la Coupe du monde. La Fran­çaise, cham­pionne du monde en 2013, peine à re­trou­ver son ni­veau de­puis sa grave bles­sure au ge­nou qui l’avait no­tam­ment pri­vée des JO de Sot­chi en 2014.

VOILE

nLE MO­NO­COQUE AMÉ­RI­CAIN « CO­MANCHE » a rem­por­té, hier, la my­thique course Syd­ney-Ho­bart. Le 100 pieds a fran­chi la ligne d’ar­ri­vée après deux jours, 9 heures, 58 mi­nutes et 30 se­condes.

(DPPI/Ben Queen­bo­rough.)

Stade de Wem­bley (Londres), le 17 no­vembre. Quatre jours après les at­ten­tats de Pa­ris, c’est une « Mar­seillaise » char­gée d’émo­tions que chante Di­dier Desc­hamps (à droite, ici au cô­té du prince William).

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