C’était comme ça chez les Gau­lois

Le do­cu-fic­tion « le Der­nier Gau­lois » com­bine de nou­veaux ap­ports his­to­riques et des tech­niques d’ani­ma­tion der­nier cri. Une réus­site.

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CA­RINE DI­DIER

NON, les Gau­lois n’étaient ni des ama­teurs de po­tion ma­gique ni des sau­vages. Ex­perts en né­goce, ha­biles ar­ti­sans, les dif­fé­rents peuples de Gaule — une soixan­taine — dis­po­saient de leurs propres ins­ti­tu­tions po­li­tiques et se sont unis pour faire face à l’en­va­his­seur Jules Cé­sar. Les ri­va­li­tés entre la Gaule et Rome jus­qu’à la ba­taille fi­nale d’Alé­sia (en 52 avant Jé­susCh­rist) consti­tuent le fil rouge du « Der­nier Gau­lois », un film ov­ni pro­po­sé ce soir sur France 2 (à 20 h 55). Ja­mais un do­cu-fic­tion n’avait osé mê­ler ain­si ani­ma­tion et images réelles, dra­ma­tur­gie et pé­da­go­gie.

Ce pa­ri fou mais très réus­si a né­ces­si­té quatre ans de tra­vail, un bud­get consé­quent (2,6 M€) et des tré­sors d’in­gé­nio­si­té pour per­mettre au grand pu­blic de dé­cou­vrir cette ci­vi­li­sa­tion mé­con­nue. En bo­nus, un deuxième do­cu­men­taire ré­vé­le­ra quelques se­crets de fa­bri­ca­tion (à 22 h 25) et une bande des­si­née in­ter­ac­tive est dis­po­nible sur In­ter­net (www.le­der­nier­gau­lois.fr). Plon­gée dans les cou­lisses.

nGaule contre Rome, aux ori­gines de la dis­corde

« Le Der­nier Gau­lois » dé­marre en - 53 avant Jé­sus-Ch­rist. Les pre­mières ten­sions op­posent les peuples de Gaule et les Ro­mains jus­qu’alors liés par des in­té­rêts com­mer­ciaux. Alors que Jules Cé­sar veut di­vi­ser pour mieux ré­gner, les tri­bus au­tre­fois ri­vales se ras­semblent au­tour du jeune Ver­cin­gé­to­rix pour com­battre les lé­gions lors du siège d’Alé­sia.

« Nous ra­con­tons ces ten­sions à tra­vers une famille et un per­son­nage prin­ci­pal : Apa­tor, un no­table éduen qui a fait for­tune en com­mer­çant avec les Ro­mains et va de­voir les com­battre », ex­plique Mi­chel Spa­vone, le pro­duc­teur exé­cu­tif du do­cu­fic­tion. Nar­ra­teur et héros, Apa­tor ra­conte son par­cours, les al­liances, les tra­hi­sons, les conflits fa­mi­liaux…

nLa fin des cli­chés

« Les tra­vaux scien­ti­fiques de ces der­nières dé­cen­nies ont per­mis de ré­éclai­rer l’his­toire, qui était jus­qu’alors prin­ci­pa­le­ment do­cu­men­tée par le jour­nal de Jules Cé­sar à sa gloire, pré­cise Fa­brice Coat, le pro­duc­teur dé­lé­gué du Der­nier Gau­lois. Ils ont per­mis de battre en brèche cer­tains cli­chés : comme nous le mon­trons, les Gau­lois ne vi­vaient pas dans des huttes, leurs druides ne por­taient pas de longues barbes… »

Des sé­quences ani­mées de la vie quo­ti­dienne aux re­cons­ti­tu­tions, chaque dé­tail du film a été su­per­vi­sé par l’his­to­rien Jean-Louis Bru­naux, spé­cia­liste de la Gaule. « Les gestes des per­son­nages, le sa­voir-faire, les vê­te­ments — car on connaît les tex­tiles tis­sés et les cou­leurs por­tées par les Gau­lois… Tout ce qui est dans le film est cer­ti­fié conforme », re­lève Mi­chel Spa­vone.

nL’ani­ma­tion à la res­cousse des pay­sages réels

Pas simple de res­ti­tuer ce pas­sé dont il ne reste que peu de re­pré­sen­ta­tions. « Il fal­lait se dé­ga­ger des contraintes budgétaires d’une re­cons­ti­tu­tion en cos­tumes, pour­suit Mi­chel Spa­vone. Nous avons pris le par­ti de l’ani­ma­tion en 3D avec un ren­du très sty­li­sé, un ac­cent sur la lu­mière. » Toute l’as­tuce a consis­té à in­té­grer des images réelles de pay­sages et de ves­tiges (tour­nées no­tam­ment en Bour­gogne), des car­to­gra­phies aux scènes ani­mées réa­li­sées par le stu­dio For­tiche. Sans ou­blier le com­men­taire de Clo­vis Cor­nillac qui livre des élé­ments his­to­riques.

nDes ef­fets spé­ciaux dignes du ci­né­ma

Phy­si­que­ment, le per­son­nage prin­ci­pal s’ins­pire d’ac­teurs connus. « Apa­tor est un mé­lange de Te­rence Stamp pour le re­gard et de Mal­colm McDo­welll », avance Jé­rôme Combe, di­rec­teur ar­tis­tique.

Pour ga­ran­tir la flui­di­té des ex­pres­sions et de la ges­tuelle, l’équipe a uti­li­sé le pro­cé­dé de mo­tion cap­ture en tour­nant d’abord avec des co­mé­diens équi­pés de cap­teurs (dont Fré­dé­ric Van den Driessche pour Apa­tor). Et pour la pre­mière fois, de vrais che­vaux ont éga­le­ment été « cap­tu­rés » avec ce pro­cé­dé afin de ga­ran­tir le na­tu­rel de leurs ju­meaux ani­més. En outre, les stu­dios For­tiche ont ima­gi­né un ou­til pour du­pli­quer les per­son­nages en 3D, chan­ger leur look, leur taille lors de scènes de ba­taille. Une autre prouesse.

Afin de li­vrer une vi­sion fi­dèle de l’époque en li­mi­tant les frais de production, les réa­li­sa­teurs du « Der­nier Gau­lois » ont op­té pour l’image ani­mée.

Une scène de la vie quo­ti­dienne dans un vil­lage gau­lois.

.) 33 m a gr ro P / V FT (

Apa­tor, un no­table qui a fait for­tune en com­mer­çant avec les Ro­mains, sert de fil rouge à ce do­cu-fic­tion.

Les chefs ri­vaux : le Gau­lois Ver­cin­gé­to­rix et le Ro­main Jules Cé­sar.

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