Le PSG, agent tou­ris­tique du Qa­tar

L’émi­rat uti­lise au maxi­mum l’image du PSG pour ten­ter d’at­ti­rer les tou­ristes. L’im­pact di­rect est dif­fi­ci­le­ment quan­ti­fiable, mais le nombre de vi­si­teurs aug­mente de fa­çon in­dé­niable.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Do­ha (Qa­tar) De notre en­voyé spé­cial RO­NAN FOL­GOAS

C’EST L’HIS­TOIRE d’un ma­riage ar­ran­gé qui s’est trans­for­mé au fil du temps en une re­la­tion sé­rieuse. L’union entre le PSG et QTA (Qa­tar Tou­rism Au­tho­ri­ty) re­monte au cou­rant de l’an­née 2012. Alors que rien n’est en­core of­fi­ciel, la ru­meur d’un « contrat en or » se dif­fuse. Des mon­tants pha­rao­niques cir­culent. On parle de plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’eu­ros an­nuels.

A la fin de l’an­née 2012, l’iden­ti­té du « gé­né­reux do­na­taire » est ré­vé­lée dans nos co­lonnes. Il s’agit donc de QTA, l’of­fice du tou­risme qa­ta­rien. L’idée gé­né­rale de ce par­te­na­riat in­no­vant ? « QTA uti­lise le PSG comme un ou­til de com­mu­ni­ca­tion en di­rec­tion d’un pu­blic in­ter­na­tio­nal, ex­plique-t-on au club. Ce­la passe par des cam­pagnes di­gi­tales ou d’af­fi­chage, dans les­quelles l’image des joueurs est mise au ser­vice de la pro­mo­tion du Qa­tar comme des­ti­na­tion tou­ris­tique et spor­tive. » En contre­par­tie, le PSG est ré­mu­né­ré dans les grandes lar­geurs. En 2011-2012, le plus gros contrat d’image ja­mais si­gné dans l’his­toire du football rap­porte 100 M€ au club de la ca­pi­tale, puis 200 M€ dès 20122013 et 150 M€ la sai­son pas­sée. Grâce à cette manne pro­vi­den­tielle, les comptes du PSG sont à l’équi­libre, comme l’exige le fair­play fi­nan­cier.

Les ex­perts man­da­tés par l’UEFA es­timent que ce contrat, si­gné entre deux par­ties liées à l’Etat du Qa­tar, est sur­va­lo­ri­sé. Mais, de­puis les sanc­tions in­fli­gées au PSG en 2014, la donne a chan­gé et l’UEFA per­çoit désor- mais ce contrat avec plus de bien­veillance. Dans le même temps, les équipes mar­ke­ting du PSG et de QTA se sont aus­si ac­ti­vées pour don­ner de la sub­stance à ce qui res­sem­blait beau­coup, au dé­part, à une co­quille vide.

En dé­cembre 2013 comme de­puis le dé­but de la se­maine, la pré­sence des joueurs pa­ri­siens au Qa­tar est mise à pro­fit pour dé­ve­lop­per l’at­trac­ti­vi­té de l’émi­rat. « Il y a deux ans, l’image de Zla­tan Ibra­hi­mo­vic dans le dé­sert avec un fau­con sur le bras avait été un suc­cès, ra­conte un connais­seur. De ma­nière ins­tan­ta­née, l’as­so­cia­tion s’opé­rait entre l’em­blème du PSG et les cli­chés du Qa­tar. Au­jourd’hui, QTA cherche plu­tôt à mon­trer la di­ver­si­té des ac­ti­vi­tés tou­ris­tiques pro­po­sées à Do­ha et dans les en­vi­rons. »

De­ve­nir un concur­rent de Du­baï

Cet après-mi­di, six joueurs se­ront mo­bi­li­sés dans cet ob­jec­tif. Ca­va­ni, Mar­quin­hos et Kur­za­wa se pro­mè­ne­ront le long de la cor­niche de la ca­pi­tale qa­ta­rienne sur un over­board (un ska­te­board en lé­vi­ta­tion) avant d’al­ler se res­tau­rer au bord de l’eau, non loin du mu­sée d’Art is­la­mique. Quant à Ma­tui­di, Pas­tore et Ver­rat­ti, ils ont ren­dez­vous au Do­ha Golf pour tes­ter leur adresse avec une pe­tite balle blanche. « Le Qa­tar se construit une image entre mo­der­ni­té et tra­di­tion », ré­sume-t-on dans l’en­tou­rage de QTA. Suf­fi­sant pour concur­ren­cer à terme Du­baï, l’émi­rat ri­val, lea­deur tou­ris­tique in­con­tes­té pour l’ins­tant dans la ré­gion du golfe Per­sique ? Les chiffres de fré­quen­ta­tion sont en tout cas clai­re­ment à la hausse. Im­pos­sible tou- te­fois de faire un lien di­rect avec un éven­tuel ef­fet PSG même si, en cette fin d’an­née, Do­ha s’est peu­plé de quelques amou­reux tran­sis du club pa­ri­sien. « Je ne suis pas par­ti en va­cances de­puis trois ans mais pour ma fille, pas­sion­née de foot et du PSG en par­ti­cu­lier, on a consa­cré un bud­get d’en­vi­ron 10 000 € pour dé­cou­vrir pen­dant une se­maine le Qa­tar… et ap­pro­cher les joueurs », ex­plique Vincent, 41 ans, ori­gi­naire de Pois­sy dans les Yve­lines. Quant au contrat entre le PSG et QTA, cen­sé se ter­mi­ner en juin pro­chain, il a en prin­cipe de l’ave­nir de­vant lui. « Toutes les condi­tions sont réunies pour qu’il soit pro­lon­gé », souffle-t-on au PSG.

Le doc­teur Eric Rol­land, mé­de­cin du PSG, est re­te­nu en France pour rai­sons per­son­nelles. En son ab­sence, c’est le pro­fes­seur Saillant qui as­su­rait jus­qu’à hier l’in­té­rim mé­di­cal. Il se­ra re­joint au­jourd’hui par le doc­teur Ha­kim Cha­la­bi, an­cien mé­de­cin du PSG (2000-2006), dé­sor­mais à la tête de la cli­nique As­pe­tar à Do­ha.

Do­ha (Qa­tar). Dans la ca­pi­tale du Qa­tar, les chiffres de fré­quen­ta­tion tou­ris­tique sont clai­re­ment à la hausse. Im­pos­sible tou­te­fois de faire un lien di­rect avec un éven­tuel ef­fet PSG.

(AFP/K.Jaf­faar.)

Do­ha (Qa­tar), hier. La pré­sence des joueurs pa­ri­siens (ici Zla­tan Ibra­hi­mo­vic) au Qa­tar est mise à pro­fit pour dé­ve­lop­per l’at­trac­ti­vi­té de l’émi­rat.

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