Vingt ans après, le « vio­leur à la mo­by­lette » peut-être dé­mas­qué

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - Evry (Es­sonne) LAURENT DEGRADI

L’AF­FAIRE du « vio­leur à la mo­by­lette » pour­rait-elle être élu­ci­dée près de vingt ans après les faits ? Lun­di, un homme soup­çon­né d’une tren­taine de viols ou agres­sions sexuelles com­mis en fo­rêt de Sé­nart (Es­sonne) a été ar­rê­té à Rou­baix (Nord) par la po­lice ju­di­ciaire de Lille, alors qu’il re­ve­nait de l’étran­ger. Cet homme pour­rait être pré­sen­té à un juge ce mer­cre­di avant une éven­tuelle mise en exa­men. Le sus­pect, confon­du grâce à son ADN, a été pla­cé en garde à vue dans les lo­caux de la po­lice ju­di­ciaire de Ver­sailles (Yve­lines) en charge de l’en­quête. Il se­rait lié à une longue sé­rie d’agres­sions sur des femmes qui ont eu lieu dans cette fo­rêt de la ban­lieue sud de Pa­ris entre 1996 et 2001.

L’ADN a par­lé

Des faits sur les­quels les en­quê­teurs de la PJ de Ver­sailles tra­vaillaient de­puis plu­sieurs mois. En oc­tobre, ils s’étaient d’ailleurs pré­sen­tés au do­mi­cile du sus­pect à Cor­beil-Es­sonnes (Es­sonne), sans suc­cès.

A la fin des an­nées 1990, un hom- me avait se­mé la pa­nique dans la ré­gion en s’at­ta­quant à des jog­geuses et des pro­me­neuses se­lon un scé­na­rio qua­si im­muable. L’agres­seur sillon­nait les al­lées de la fo­rêt de Sé­nart aux com­mandes d’un cy­clo­mo­teur pour re­pé­rer ses vic­times. Cas­qué, il dou­blait les femmes seules puis s’im­mo­bi­li­sait quelques di­zaines de mètres de­vant elles. Il des­cen­dait alors de son deux-roues qu’il fai­sait mine de ré­pa­rer sans éveiller la mé­fiance. Une fois à sa hau­teur, il em­poi­gnait sa vic­time, qu’il en­traî­nait à l’écart pour l’agres­ser. Le « vio­leur à la mo­by­let- te » s’en est pris à des jeunes femmes comme à des quin­qua­gé­naires.

Les en­quê­teurs ont uti­li­sé la méthode de re­cherche ADN dite de la pa­ren­tèle : on ana­lyse les fi­chiers des ADN proches pou­vant ap­par­te­nir à des membres de la famille du por­teur de l’ADN re­cher­ché. Si des noms res­sortent, les po­li­ciers en­quêtent en­suite dans l’en­tou­rage de ces per­sonnes. C’est de cette ma­nière qu’avait été iden­ti­fié en 2012 un sus­pect dans le dos­sier Elo­die Ku­lik (une jeune ban­quière de la Somme vio­lée et tuée en 2002).

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