« J’ai le CD dans mon sac »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pro­pos recueillis par D.O.

Der­niè­re­ment, il y a eu beau­coup de « Mar­seillaise » dans un contexte par­ti­cu­lier… J’ai trou­vé que, d’une ma­nière gé­né­rale, elles ont tou­jours été très res­pec­tées. Tu n’en­tends pas de bruit. La cé­ré­mo­nie aux In­va­lides, pfff… le fris­son quoi ! Nous étions à la mai­son avec ma femme, on s’est mis de­bout, on a écou­té. Voi­là. Vous sou­ve­nez-vous de votre pre­mière « Mar­seillaise » ? Hou­la non, c’est trop vieux ! Mais un truc qui m’amuse et me fait plai­sir en même temps, c’est que mon ga­min, à 3 ans, sans qu’on lui ap­prenne, il se met­tait de­vant la té­lé et la chan­tait. Je ne sais pas si c’est gé­né­tique (rires) ! Connais­sez-vous les pa­roles au-de­là du pre­mier cou­plet ? Non, mais j’ai le CD dans mon sac. Ça peut ser­vir. Avec « le Chant des par­ti­sans » aus­si. Vous les avez dé­jà sor­tis ? Oui. Plu­sieurs fois. Par exemple, avant un Cham­pion­nat de France, c’est un mo­ment par­ti­cu­lier. J’in­siste beau­coup sur les trois cou­leurs. Je pense que sou­vent j’ar­rive à trans­mettre quelque chose aux gar­çons avec ça. Tu ar­rives à su­bli­mer les gens, à les réunir sur un truc par­ti­cu­lier. Que pen­sez-vous jus­te­ment des spor­tifs qui ne chantent pas « la Mar­seillaise » ? Ça me fait chier ! Ça me fait chier qu’un mec en équipe de France n’ait pas en­vie de chan­ter « la Mar­seillaise ». Il y a 80 000 per­sonnes au­tour de toi, un hymne pour toi. Si tu n’as pas en­vie de le chan­ter, il n’y a pas grand-chose qui te touche ! Après ils ne veulent pas, ils ne veulent pas. Mais avec tous les der­niers évé­ne­ments, je pense qu’on va re­trou­ver ce sens. C’est-à-dire ? Le jour de la cé­ré­mo­nie aux In­va­lides, j’ai mis mon dra­peau à ma fe- nêtre. J’ai un dra­peau chez moi et je ne m’en cache pas. Ce n’est pas une tare. Lors de la guerre de 14, mon ar­rière-grand-père a vou­lu ren­trer bles­sé mais il est mort à vingt bornes de la mai­son. Mon grand-père a été pri­son­nier six ans en Al­le­magne. Tout ça, ça a un sens. La France et la pa­trie, moi, je n’en ai pas rien à foutre ! Et mon ga­min, il n’en au­ra pas rien à foutre si­non il pren­dra un coup de pied au cul ! L’école aus­si doit avoir un rôle ? Ah oui ! L’école doit aus­si ser­vir à ça. Bien sûr, au­jourd’hui, dans la vie, on est smart­phones, bi­dules, ma­chins, mais il faut qu’on re­trouve nos propres ra­cines et qu’on s’at­tache les uns aux autres à ces ra­cines. Là, on re­trou­ve­ra des vraies va­leurs et de la co­hé­sion. Qu’est-ce qui fait qu’une équipe de foot ou de vé­lo fonc­tionne ? C’est le lien entre les gens. Pour un pays, c’est pa­reil.

« Il faut qu’on re­trouve

nos propres ra­cines »

Eper­nay (Marne), le 11 juillet 2014. Sur le Tour de France, Marc Ma­diot prend la pose avec Ar­naud Dé­mare, qui ar­bore son maillot tri­co­lore de cham­pion de France.

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