A Tu­nis, il a connu une fer­veur in­ou­bliable

Leurs ex­pé­riences dé­pay­santes (3/5).

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - STÉ­PHANE BIAN­CHI E.M.

TÉ­HÉ­RAN, Bamako, Bey­routh, Tu­nis… Ces Fran­ci­liens ont choi­si de pra­ti­quer leur sport dans des contrées bien plus « exo­tiques » que Pa­ris. Jus­qu’à ven­dre­di, ils nous ra­content leurs ex­pé­riences dé­pay­santes. Troi­sième ré­cit au­jourd’hui : l’ex­pé­rience de Sté­phane Im­brat­ta, an­cien en­traî­neur du Club afri­cain de Tu­nis. ET DIRE que Sté­phane Im­brat­ta n’avait ja­mais coa­ché hors de l’Hexa­gone. Mon­treuil, Li­vry-Gargan, Ivry-sur-Seine, Trem­blay-enF­rance… Toutes ses aven­tures s’étaient à chaque fois écrites à peu de dis­tance du pé­riph pa­ri­sien. Jus­qu’au vi­rage à 180 de­grés de dé­cembre 2014 lorsque, à 44 ans, Im­brat­ta a quit­té son Mon­treuil na­tal pour de­ve­nir, dans la fou­lée du li­mo­geage de Ch­ris­tian Gau­din quelques jours plus tard à Ham­bourg, le der­nier en­traî­neur de handball tri­co­lore à di­ri­ger un club étran­ger.

Loin d’une élite fran­çaise qui l’avait élu meilleur coach de D 1 à deux re­prises (2007 et 2009), c’est sur un autre conti­nent, aux com­mandes du cé­lèbre Club afri­cain de Tu­nis, que le coach du cham­pion de France 2007 (avec Ivry) a po­sé ses va­lises pour une an­née haute en cou­leur.

De France, on au­rait ten­dance à ima­gi­ner que celle-ci a eu un ca­rac­tère an­gois­sant en rai­son des ter­ribles at­ten­tats du Bar­do en mars et de Sousse trois mois plus tard. « Mais lorsque l’at­ten­tat du Bar­do, qui se trou­vait à proxi­mi­té de notre centre d’en­traî­ne­ment, a eu lieu, j’étais de pas­sage en France, se sou­vient Im­brat­ta. A ce mo­ment-là, mon en­tou­rage m’a de­man­dé si je comp­tais re­tour­ner en Tu­ni­sie. Je leur ai ré­pon­du qu’en France, il y avait mal­heu­reu­se­ment eu Char­lie et que tout le monde avait conti­nué à vivre. Je ne voyais pas pour­quoi ça au­rait été dif­fé­rent pour moi. D’au­tant qu’il y a des po­li­ciers par­tout, des por­tiques dans tous les centres com­mer­ciaux. Fran­che­ment, je ne me suis ja­mais sen­ti en dan­ger là­bas. En tout cas pas plus qu’en France. »

En re­vanche, Im­brat­ta a pu no­ter l’énorme dif­fé­rence de fer­veur de l’autre cô­té de la Mé­di­ter­ra­née. « En Tu­ni­sie, le hand est le deuxième sport na­tio­nal après le football. Il y a une pas­sion presque fa­na­tique, no­tam­ment au­tour de l’Es­pé­rance de Tu­nis, du Club afri­cain et de l’Etoile du Sa­hel, les trois gros clubs du cham­pion­nat. La ri­va­li­té entre l’Es­pé­rance et le Club afri­cain est même com­pa­rable à un PSG - OM. Sauf que là-bas, ce n’est pas 800 km qui sé­parent les deux stades, mais 800 m. Pour des rai­sons de sécurité, les der­bys ont lieu sur ter­rain neutre », ex­plique ce­lui qui avoue avoir par­fois re­çu des pièces de mon­naie ou de l’eau en pro­ve­nance des tri­bunes.

Et d’ajou­ter : « Mais le plus dingue, c’est qu’ils ont in­ven­té une règle pour évi­ter les dé­ra­pages du pu­blic. Si tes sup­por­teurs in­sultent l’ad­ver­saire, ton équipe prend une ex­clu­sion tem­po­raire de deux mi­nutes. S’ils conti­nuent, c’est deux joueurs qui sortent pour deux mi­nutes. Et s’ils conti­nuent en­core, ton ad­ver­saire gagne car­ré­ment le match. »

Une pas­sion qui peut aus­si avoir des in­con­vé­nients ou des avan­tages dans la vie de tous les jours. « Si je tom­bais sur des po­li­ciers clu­bistes, les contrôles rou­tiers étaient très ra­pides, s’es­claffe Im­brat­ta. En re­vanche, il m’est ar­ri­vé d’être contrô­lé par des Es­pé­ran­tistes qui m’ont gar­dé, pour rien, pen­dant 45 mi­nutes. »

Pas de quoi gâ­cher cette aven­ture unique qu’Im­brat­ta a ma­gni­fiée d’un titre de cham­pion, d’une coupe, d’une Su­per­Coupe d’Afrique en 2015. « Même si elle a été éprou­vante, je garde un su­per sou­ve­nir de cette ex­pé­rience, jure-t-il. Mais il fal­lait que je rentre, ma famille, res­tée en France, me man­quait. Mais on ne sait pas ce que l’ave­nir nous ré­serve : il n’est pas dit que je n’y re­tourne pas un jour. » LE TOUT NOU­VEL écrin de l’Ac­corHo­tels Are­na (ex-Ber­cy, XIIe) va battre son re­cord de fré­quen­ta­tion pour un évé­ne­ment de sport. Le All Star Game, réunis­sant les meilleurs joueurs de Pro A, se joue­ra ce soir à gui­chets fer­més en pré­sence de 15 667 spec­ta­teurs. Ja­mais à Pa­ris un match de basket n’a réus­si à at­ti­rer au­tant de monde. Les cinq joueurs fran­ci­liens sé­lec­tion­nés sont Mou­ham­ma­dou Jai­teh (ti­tu­laire, Nan­terre), Louis La­bey­rie (rem­pla­çant, Pa­ris-Le­val­lois) pour la sélection fran­çaise, My­kal Ri­ley (ti­tu­laire, Nan­terre) pour la sélection étran­gère, Hu­go In­ver­niz­zi (Nan­terre), qui va dé­fendre son titre dans le concours de tirs à 3 points, et Ch­ris Jones (Pa­ris-Le­val­lois), au concours des me­neurs. « Ça va être un grand mo­ment », sa­live à l’avance Ri­ley. Ou­ver­ture des portes à 17 h 30.

« Pour des rai­sons de sécurité, les der­bys ont lieu sur ter­rain neutre »

nFLAVIEN DAS­SON­VILLE (Au­ber 93) fait par­tie des fa­vo­ris de la 3e et der­nière manche de la Coupe de France, cet après-mi­di (15 h 15) à Fla­man­ville (Manche).

FOOTBALL

nLE PA­RIS FC (Ligue 2) pour­rait prê­ter son dé­fen­seur Soua­lio Ba­kayo­ko (24 ans), à l’es­sai de­puis hier à Cham­bly (Na­tio­nal).

(DR.)

Aux com­mandes du Club afri­cain de Tu­nis, Sté­phane Im­brat­ta a ga­gné un titre de cham­pion, une coupe et une Su­per­Coupe d’Afrique.

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