La dé­chéance di­vise aus­si à droite

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - VA­LÉ­RIE HACOT

LE FRONT NA­TIO­NAL qui ap­plau­dit des deux mains, les Ré­pu­bli­cains gê­nés aux en­tour­nures… La dé­chéance de na­tio­na­li­té a beau sus­ci­ter moins de re­mous dans l’op­po­si­tion qu’au sein de la ma­jo­ri­té, le su­jet prête tout de même à po­lé­miques à droite. Les par­le­men­taires FN s’ap­prêtent à vo­ter comme un seul homme cette me­sure ré­cla­mée dans la fou­lée des at­ten­tats du 13 no­vembre par Ma­rine Le Pen. Le par­ti d’ex­trême droite y voit une va­li­da­tion de ses thèses, mais pas ques­tion d’adres­ser un sa­tis­fe­cit à Fran­çois Hol­lande. Car le Front en ré­clame tou­jours plus. « En de­hors des af­faires ter­ro­ristes, cette me­sure de­vrait être éten­due aux crimes très graves, les ré­ci­dives dans les crimes de sang par exemple », plaide Florian Philippot, le vice-pré­sident du FN.

Guère en­thou­siastes

Les Ré­pu­bli­cains avaient eux aus­si mi­li­té en fa­veur de la dé­chéance de na­tio­na­li­té après « Char­lie Heb­do ». Dif­fi­cile dans ces condi­tions de s’op­po­ser fron­ta­le­ment au gou­ver­ne­ment. « C’est une bonne chose, ce­la donne de la va­leur à la na­tio­na­li­té fran­çaise », ré­sume le dé­pu­té de l’Oise Eric Woerth, qui ne peut ce­pen­dant s’em­pê­cher de ta­cler au pas­sage l’op­por­tu­nisme de Fran­çois Hol­lande : « S’il a re­pris cette pro­po­si­tion, c’est uni­que­ment parce qu’il est en train de pré­pa­rer sa can­di­da­ture pour 2017. Il doit consi­dé­rer que l’ave­nir de la France est à droite, et donc il ré­oriente son dis­cours. »

De Sar­ko­zy en pas­sant par Fillon ou Alain Jup­pé, les té­nors du par­ti se sont, eux, bien gar­dés de com­men­ter la me­sure. Et pour cause : les élus LR ne sont guère en­thou­siastes. Si cer­tains ap­portent leur sou­tien au gou­ver­ne­ment, c’est du bout des lèvres : « C’est un sym­bole, et un sym­bole de droite de sur­croît. Mais sur le fond, ce n’est pas à la hau­teur de ce qu’il fau­drait faire pour évi­ter de nou­veaux at­ten­tats », juge le dé­pu­té des Hauts-de-Seine Thier­ry So­lère, qui iro­nise : « Fran­çois Hol­lande fait de la pure po­li­tique. En re­pre­nant cette idée, son seul ob­jec­tif, c’est d’étran­gler la droite. S’il veut être can­di­dat à la pri­maire des Ré­pu­bli­cains, je lui rap­pelle qu’il doit ob­te­nir le sou­tien d’au moins 20 par­le­men­taires. »

Ce proche de Bru­no Le Maire vo­te­ra tou­te­fois pour. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde à droite. Her­vé Ma­ri­ton a dé­jà fait sa­voir qu’il n’ap­por­te­ra pas son sou­tien à la me­sure, tout comme Pa­trick De­ved­jian, qui s’est fen­du d’un long mes­sage sur son blog pour en sou­li­gner l’in­ef­fi­ca­ci­té. Quant à Be­noist Ap­pa­ru, proche d’Alain Jup­pé, il est sur la même lon­gueur d’onde. « C’est un truc qui ne sert à rien. Avec cette me­sure, on re­met en cause le droit du sol et même le droit du sang pour rien. On s’est créé une po­lé­mique sté­rile avec un non-su­jet. »

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