2016 s’an­nonce éprou­vant pour les forces de l’ordre

Le Parisien (Paris) - - NOUVEL AN - N.J.

LES AGENTS des forces pu­bliques qui rê­ve­raient dé­jà de leurs congés d’été en se­ront pour leurs frais. Alors qu’ils doivent dé­po­ser en ce mo­ment leurs sou­haits, qui se­ront va­li­dés avant le 15 jan­vier, une note in­terne que nous avons pu consul­ter de­vrait dou­cher leur en­thou­siasme.

Le 12 no­vembre, soit la veille des at­ten­tats, Jean-Marc Fal­cone, le di­rec­teur gé­né­ral de la po­lice na­tio­nale (DGPN), pré­ve­nait en ef­fet ses troupes qu’en vue de l’Eu­ro de football 2016 en France, il conve­nait de « prendre toutes les dis­po­si­tions né­ces­saires afin de res­treindre les for­ma­tions, les droits à re­pos et à congés, et d’adap­ter au be­soin les ta­bleaux de congés an­nuels ».

Un ordre qui fai­sait suite aux ins­truc­tions du mi­nistre, le­quel, cou­rant oc­tobre, avait exi­gé « un po­ten­tiel opé­ra­tion­nel op­ti­mum du­rant le temps de la com­pé­ti­tion », in­di- quant par ailleurs que les tra­di­tion­nels ren­forts es­ti­vaux, du fait de l’Eu­ro, ne pour­raient être mis en place avant le 20 juillet.

La com­pé­ti­tion se dé­rou­le­ra du 10 juin au 10 juillet à tra­vers dix villes hôtes. A chaque fois, po­li­ciers et gen­darmes de­vront sé­cu­ri­ser les abords des stades, mais aus­si les fan-zones, pou­vant ac­cueillir à l’ex­té­rieur des en­ceintes de 20 000 à 100 000 per­sonnes. Sans comp­ter la ges­tion des dé­pla­ce­ments des équipes et des sup­por­teurs, le tout en pleine trans­hu­mance es­ti­vale. « Cet évé­ne­ment spor­tif est le troi­sième plus im­por­tant au monde, der­rière les Jeux olym­piques et la Coupe du monde de football mas­cu­line », note en outre le mi­nistre. Pour toutes ces rai­sons, « mo­bi­li­sa­tion et dis­po­ni­bi­li­tés doivent être maxi­males », ex­horte Jean-Marc Fal­cone.

S’ils com­prennent cette me­sure, ce­la n’em­pêche pas les syn­di­cats de po­lice de grin­cer des dents. « Avec l’état d’ur­gence, les re­pos sont dé­jà aléa­toires, note Fré­dé­ric La­gache, du syn­di­cat Alliance. Or, pour qu’un po­li­cier soit bon, il ne doit pas être ac­ca­blé de fa­tigue… »

Cer­taines me­sures pour­raient être mises en oeuvre afin de sou­la­ger des forces de l’ordre dé­jà lar­ge­ment sol­li­ci­tées. « Nous avons par exemple 2 000 can­di­dats de la ré­serve ci­vile, es­sen­tiel­le­ment des re­trai­tés, qui ne sont pas uti­li­sés faute de bud­get. C’est re­gret­table. Leur pré­sence nous per­met­trait de nous re­cen­trer sur notre coeur de mé­tier. » A Bruxelles (Bel­gique), hier soir, le maire de la ca­pi­tale pla­cée en état d’alerte maxi­male a an­non­cé l’an­nu­la­tion du feu d’ar­ti­fice et des fes­ti­vi­tés. Deux hommes soup­çon­nés de pré­pa­rer des at­ten­tats pour le soir du ré­veillon ont été ar­rê­tés et mis en exa­men mar­di. Ju­gées « sé­rieuses », ces me­naces vi­saient « plu­sieurs lieux em­blé­ma­tiques de Bruxelles », a in­di­qué le par­quet fé­dé­ral. Hier une troi­sième per­sonne a été ar­rê­tée à Mo­len­beek, en lien avec les at­ten­tats de Pa­ris, soup­çon­née d’avoir ai­dé Sa­lah Ab­des­lam à fuir. A An­ka­ra (Tur­quie), deux membres pré­su­més du groupe Etat is­la­mique (EI) ont été ar­rê­tés hier. Un gi­let ex­plo­sif prêt à être uti­li­sé et un sac à dos rem­pli d’ex­plo­sifs et ren­for­cé par des billes et des tiges d’acier ont été sai­sis. Se­lon la jus­tice turque, ils s’ap­prê­taient à at­ta­quer jeu­di soir deux en­droits de la place cen­trale de Ki­zi­lay, lieu tra­di­tion­nel des fes­ti­vi­tés du Nou­vel An où des mil­liers de per­sonnes se réunissent. La Tur­quie est en sécurité ren­for­cée de­puis le double at­ten­tat qui a fait 103 morts et plus de 500 bles­sés, le 10 oc­tobre. A Vienne (Au­triche), la po­lice a in­di­qué avoir re­le­vé le ni­veau de sécurité ain­si que dans d’autres villes du pays après avoir été aver­tie de risques ac­crus pen­dant les fêtes. A Mos­cou (Rus­sie), l’em­blé­ma­tique place Rouge, lieu de ras­sem­ble­ment à la Saint-Syl­vestre, se­ra pour la pre­mière fois de l’an­née fer­mée. A New York (Etats-Unis), le maire Bill de Bla­sio a dé­cla­ré : « Je veux que tout le monde com­prenne et sache que la po­lice est prête, que les me­sures prises pour le Nou­vel An sont plus consé­quentes que ja­mais. » A Times Square, où plus d’un mil­lion de per­sonnes sont at­ten­dues, la ville pour­ra comp­ter sur la nou­velle uni­té de lutte contre le ter­ro­risme, le Cri­ti­cal Res­ponse Com­mand, in­tro­ni­sée mi-no­vembre et qui compte 500 agents for­més spé­cia­le­ment.

« Pour qu’un po­li­cier soit bon, il ne doit pas être ac­ca­blé de fa­tigue... »

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