«Il avait une tête qui fai­sait peur»

Qui ont croi­sé la route du vio­leur à mo­by­lette dans les an­nées 1990

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Etiolles Fran­çoise FLORIAN LOISY

DE GRANDES AL­LÉES dé­ga­gées. Dans le nord-est de l’Es­sonne, la fo­rêt de Sé­nart n’ins­pire pas la crainte au pre­mier abord. « On se sent en sécurité car on peut voir loin, même si c’est vrai qu’on est sou­vent iso­lée. Il n’y a pas au­tant de monde que dans les bois de Boulogne ou Vin­cennes », re­con­naît Ch­ris­tine, 65 ans. « On n’a ja­mais eu peur, on vient pour­tant sou­vent ici. Ce qui nous gêne da­van­tage ce sont les pros­ti­tuées qui se sont ins­tal­lées ces der­niers temps près du ha­ras », pour­suit un couple de re­trai­tés en pro­me­nade.

Entre 1995 et 2001, un homme à mo­by­lette a agres­sé et vio­lé une tren­taine de pro­me­neuses et jog­geuses dans ce sec­teur. « On se rap­pelle très bien de lui », glissent Dia­man­tine et Fran­çoise, en­ten­dues par les en­quê­teurs à la fin des an­nées 1990. Ces deux femmes, ha­bi­tant Ti­ge­ry, une ville proche de la fo­rêt, ve­naient à l’époque cou­rir tous les deux jours.

« On l’a croi­sé plu­sieurs fois, il nous a dé­pas­sées à mo­by­lette et nous re­gar­dait. Il avait une tête qui fai­sait peur, se re­mé­more Dia­man­tine, 58 ans. Mais comme on ne vient ja­mais seules, on n’a ja­mais été at­ta- quées. A cette époque, il n’y avait pas les té­lé­phones por­tables, on ne pou­vait pré­ve­nir per­sonne en cas de pro­blème. »

Son amie re­prend : « Un di­manche, en 1998 ou 1999, un po­li­cier nous avait fait peur, il était sor­ti d’un bos­quet au mo­ment où on al­lait prendre un sen­tier. Il nous a de­man­dé de res­ter dans les grandes al­lées parce que c’était dan­ge­reux. Il était en sur­veillance, confie Fran­çoise. Entre nous, on en par­lait. La mère d’une amie avait été agres­sée par cet homme à mo­by­lette. »

« Une de mes amies avait aus­si été sui­vie par un homme en voi­ture qui l’at­ten­dait à chaque croi­se­ment et elle avait été obli­gée de faire de­mi­tour ou prendre d’autres che­mins. Elle a dû faire un ma­ra­thon pour s’en sor­tir, ra­conte Dia­man­tine. De­puis quelques an­nées, on dit bien à tout le monde de ne pas al­ler seul en fo­rêt de Sé­nart. On ne sait ja­mais. Il n’y a pas grand monde dans ce coin. »

« Entre nous, on en par­lait. La mère d’une amie avait été agres­sée par cet homme. »

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