« Ici, on me fait confiance »

At­ta­quant fran­çais du Bayern Mu­nich

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant Pro­pos recueillis par ALAIN JOU­TEAU

King­sley Co­man, IL EST L’UNE des grandes ré­vé­la­tions de cette pre­mière par­tie de sai­son. A la fois en Al­le­magne, où King­sley Co­man n’a pas eu be­soin de beau­coup de temps pour ob­te­nir une place de ti­tu­laire mal­gré une concur­rence fé­roce au Bayern Mu­nich, mais éga­le­ment dans son pays, puisque, à seule­ment 19 ans, le Pa­ri­sien de nais­sance — qui est prê­té deux ans par la Ju­ven­tus — est de­ve­nu in­ter­na­tio­nal le mois der­nier. Et il ne compte pas s’ar­rê­ter là. Com­ment se passent vos pre­miers mois au Bayern ? KING­SLEY CO­MAN. Je m’éclate. Je prends mon pied. J’ai mar­qué à plu­sieurs re­prises (4 fois), j’ai fait des passes dé­ci­sives (6 au to­tal), j’ai eu un temps de jeu im­por­tant. Tout va bien. Je suis heu­reux et j’ai confiance en mes pos­si­bi­li­tés. C’est im­por­tant de sen­tir la confiance du coach. Ré­sul­tat : même si je loupe par­fois cer­taines choses sur le ter­rain, je n’ai pas peur de me re­trou­ver aus­si­tôt sur le banc. Ici, tout le monde me fait confiance. Vous vous épa­nouis­sez en Ba­vière. Quelles sont les rai­sons de votre ful­gu­rante as­cen­sion ? C’est avant tout le style de jeu qui me convient. Au Bayern, je touche beau­coup le bal­lon et le jeu est très ou­vert. A la Ju­ven­tus, il y avait da­van­tage de pres­sion avant les matchs ; alors qu’à Mu­nich c’est plus tran­quille et c’est ce qui me convient. A la Juve, le mé­tier est plus strict, et ici, c’est plus co­ol, plus pas­sion­né et ce­la se res­sent sur le ter­rain. Avez-vous dé­jà joué dans une équipe aus­si forte que le Bayern ? La sai­son der­nière, la Ju­ven­tus était très so­lide et il a man­qué peu de chose pour qu’elle rem­porte le tri­plé Coupe-cham­pion­nat-Ligue des cham­pions. Mais, cette sai­son, je trouve ce Bayern vrai­ment im­pres­sion­nant. C’est très très fort. J’es­père que nous main­tien­drons ce rythme jus­qu’à la fin de la sai­son, ce qui nous per­met­trait de frap­per fort dans toutes les com­pé­ti­tions. Ré­cem­ment, Karl-Heinz Rum­me­nigge, le pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du Bayern, vous a en­cen­sé. Res­ter au club consti­tue-t-il votre sou­hait le plus cher ? Je n’ai pas en­vie de faire deux sai­sons au Bayern et re­par­tir. Je suis ve­nu dans l’op­tique de res­ter le plus long­temps pos­sible. A moi de prou­ver que le club au­rait rai­son de le­ver l’op­tion d’achat et de mi­ser sur moi à l’ave­nir. Vous êtes prê­té par la Juve jus­qu’en juin 2017. Com­ment voyez-vous votre ave­nir ? Je me sens bien à Mu­nich. C’est un club au sein du­quel j’ai la pos­si­bi­li­té de me construire un gros pal­ma­rès. J’ai­me­rais res­ter en­core de longues an­nées. Mais c’est à moi d’être per­for­mant sur la du­rée et de ré­pondre aux at­tentes. Pour­quoi ne pas res­ter ici aus­si long­temps que Franck Ri­bé­ry ? Ce se­rait top. Au­riez-vous cru jouer au­tant lors de vos pre­miers mois, vous qui avez été la plu­part du temps sur le banc à la Ju­ven­tus et au PSG ? For­cé­ment, non. A mon ar­ri­vée, le staff tech­nique m’avait certes pro­mis du temps de j eu mais, après, c’était à moi de prou­ver ma va­leur et de jus­ti­fier la confiance du coach. Je pense que j’y suis par­ve­nu. J’ai été ali­gné plus sou­vent que je ne l’au­rais pen­sé. Je suis très heu­reux de jouer au­tant. Je sa­voure chaque ins­tant. D’où vient cette vi­tesse de course qui consti­tue l’une de vos prin­ci­pales qua­li­tés ? C’est plu­tôt in­né. C’est un do­maine que je ne tra­vaille pas beau­coup. Mais j’in­siste dans mon tra­vail pour peau­fi­ner tout ce qui se passe au­tour afin d’évi­ter les bles­sures. Je fais beau­coup de tra­vail mus­cu­laire. C’est plu­tôt de la pré­ven­tion. Franck Ri­bé­ry vous a-t-il ai­dé dans votre in­té­gra­tion ? Sa­chant que Franck est bles­sé, nous ne sommes pas tou­jours en­semble, mais il est pré­cieux, car il pos­sède une énorme ex­pé­rience. Il connaît le Bayern par coeur. Con­si­dé­rez-vous Ri­bé­ry comme un concur­rent, puisque vous évo­luez sou­vent au même poste d’ai­lier gauche ? Je le vois plu­tôt comme un exemple. A ses cô­tés, je peux ap­prendre et fran­chir des pa­liers. Je suis pres­sé qu’il re­vienne. Jouer avec lui se­rait une chance. Avec le re­cul, quel re­gard por­tez-vous sur vos dé­buts en équipe de France ? C’est un ob­jec­tif que j’ai at­teint très jeune. J’en suis fier. Mais je vais don­ner mon maxi­mum afin que le sé­lec­tion­neur me convoque de nou­veau. En tout cas, j’ai pris beau­coup de plai­sir avec mes co­équi­piers en no­vembre (NDLR : 21 mi­nutes de jeu contre l’Al­le­magne et 45 contre l’Angleterre) et je me suis im­mé­dia­te­ment sen­ti à mon aise dans le ves­tiaire. J’es­père re­ve­nir très vite. Dis­pu­ter l’Eu­ro en France, c’est votre prin­ci­pal ob­jec­tif en 2016 ? Dé­jà, je veux confir­mer ma belle pre­mière par­tie de sai­son en club. Si je conti­nue à me mon­trer per­for­mant, mes chances de me re­trou­ver à l’Eu­ro se­ront fortes. Je sais que Di­dier Desc­hamps suit mes per­for­mances. Et, puis, qui ne rêve pas de par­ti­ci­per à un Cham­pion­nat d’Eu­rope qui se dé­roule en France ?

« Je suis pres­sé que Ri­bé­ry re­vienne. Jouer avec lui

se­rait une chance »

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