Une pe­tite éclair­cie pour Mantes

Coupe de France (J - 2).

Le Parisien (Paris) - - ILE-DE-FRANCE SPORTS - Cy­ril Nauth, maire FN de Mantes-la-Ville GILLES TOURNOUX

DANS LES RUES de Mantes-la-Ville, on ne parle presque que de ça dé­sor­mais. Il faut dire que le FC Man­tois (CFA) au­ra at­ten­du onze ans pour dis­pu­ter un nou­veau 32e de fi­nale face à Saint-Brieuc (CFA 2) sa­me­di (18 heures).

« On nous in­ter­pelle sans cesse en ville, ga­ran­tit le co­pré­sident Na­bil Djel­la­li. Je n’ose même pas ima­gi­ner quel se­ra l’en­goue­ment si on passe. » On est bien loin de la si­tua­tion dé­lé­tère du prin­temps der­nier qui au­rait pu plom­ber l’ave­nir du club. A l’époque, Cy­ril Nauth, le maire FN de Mantes-la-Ville de­puis mars 2014, avait dé­cré­té une baisse de 75 % de la sub­ven­tion, pas­sant de 60 450 € à 15 112 €. « Ce club est très mal gé­ré de­puis des an­nées. Mes ha­bi­tants n’ont pas à payer pour les conne­ries de la pré­si­dence ( sic) », confiait l’édile dans nos co­lonnes en avril avant de pré­ci­ser que « cette baisse a uni­que­ment été dé­ci­dée par une vo­lon­té bud­gé­taire ».

Même si la sor­tie mé­dia­tique de Laurent Mo­rin, son ad­joint en charge des fi­nances et de l’ur­ba­nisme, avait fait po­lé­mique avec un tweet sur une pseu­do-ab­sence de mixi­té au club. Le FC Man­tois, qui a tou­jours ré­fu­té toutes ces al­lé­ga­tions, avait en tout cas dû pa­rer au plus pres­sé en lan­çant un ap­pel aux dons sur une plate-forme par­ti­ci­pa­tive (5 000 € ré­col­tés). Pour bou­cler l’exer­cice 2014-2015, il a aus­si pu comp­ter sur de gé­né­reux do­na­teurs dont Jean-Ra­chid, ex-co­pré­sident au­jourd’hui pro­duc­teur de Grand Corps Ma­lade. « Sans ou­blier tous ceux au club qui ont mis la main à la poche, ajoute Na­bil Djel­la­li. Cette sai­son, on a an­ti­ci­pé en aug­men­tant de 15 % la li­cence (de 130 à 150 €), di­mi­nuant les do­ta­tions en équi­pe­ments et ré­dui­sant le bud­get CFA de 30 000 € (NDLR : aux alen­tours de 250 000 € au­jourd’hui). » Une qua­li­fi­ca­tion pour les 16es de fi­nale rap­por­te­rait 82 500 € au FC Man­tois qui tient sa re­vanche par rap­port aux évé­ne­ments pas­sés. « Il n’y a pas de ques­tion de re­vanche, on tra­vaille, c’est tout !, ré­torque Djel­la­li. On ai­me­rait aus­si qu’on parle de nous pour nos résultats spor­tifs. »

Le conflit avec la mai­rie n’est pas ré­glé pour au­tant. L’ac­tion en jus­tice lan­cée par le club pour « ob­te­nir ce qui nous est dû » suit son cours au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Ver­sailles. C’est d’ailleurs une des rai­sons pour la­quelle le maire Cy­ril Nauth n’as­sis­te­ra pas au match sa­me­di. « Je n’ai as­sis­té à au­cun match jusque-là et je ne vou­drais pas non plus qu’on puisse pen­ser à de la ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique en ve­nant, pré­cise l’élu. Mais je leur sou­haite le meilleur. » Ce­lui-ci a néan­moins pris la dé­ci­sion de ne pas ver­ser, dé­but 2016, au FC Man­tois une avance sur une sub­ven­tion de­ve­nue très hy­po­thé­tique. « Je n’ima­gine pas sub­ven­tion­ner une as­so­cia­tion qui nous traîne en jus­tice, lâ­chet-il. C’est au club de voir, s’il re­tire sa pro­cé­dure, on peut en­vi­sa­ger une aide com­pa­tible pour les deux par­ties. Du chan­tage ? On peut aus­si dire que la pro­cé­dure lan­cée par le club est une forme de ra­cket ! »

« Je n’ima­gine pas sub­ven­tion­ner une as­so­cia­tion

qui nous traîne en jus­tice »

VI­DÉO

(LP/Icon Sport/An­tho­ny Di­bon.)

Stade Ai­mé-Ber­geal (Mantes-la-Ville), le 5 dé­cembre. En dé­pit du conflit qui op­pose leur club à la mai­rie, les joueurs du FC Man­tois ont des rai­sons de sou­rire. Sa­me­di, ils dis­putent les 32 de fi­nale de la Coupe de France.

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