Des cen­taines de ré­fu­giés gagnent Pa­ris

L’af­flux de mi­grants au­tour du quar­tier Sta­lin­grad dans le XIXe ar­ron­dis­se­ment se­rait lié à la fer­me­ture de la « jungle » de Ca­lais.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR CÉ­CILE BEAU­LIEU

DES TENTES IGLOO à perte de vue, des bâches pro­té­geant des ma­te­las éta­lés sur les trot­toirs. Près de 3 000 hommes, femmes et en­fants échoués sur le bi­tume. Un nou­velle fois, le quar­tier Sta­lin­grad, à Pa­ris (XIXe), a vu af­fluer des co­hortes de ré­fu­giés sou­da­nais, so­ma­liens, éry­thréens, éthio­piens, af­ghans, tcha­diens, li­byens et sy­riens, qui ont po­sé leurs ba­gages ave­nue de Flandre, bou­le­vard de la Cha­pelle et quai de Jem­mapes, au-des­sus du ca­nal Saint-Mar­tin (Xe).

Pour la tren­tième fois de­puis le 2 juin 2015, la pré­fec­ture de ré­gion s’ap­prête, dans les jours qui viennent, à or­ga­ni­ser l’éva­cua­tion des ré­fu­giés, et leur pla­ce­ment en centres d’hé­ber­ge­ment. Avant même que n’ouvrent les cam­pe­ments hu­ma­ni­taires de tran­sit de la porte de la Cha­pelle (XVIIIe) et d’Ivry-sur-Seine (Valde-Marne), qui of­fri­ront 800 places. Préoc­cu­pant de­puis des mois, l’af­flux de mi­grants dans la ca­pi­tale de­vient de jour en jour plus in­quié­tant, sur­tout de­puis la fer­me­ture de la « jungle » de Ca­lais. Sur place, les as­so­cia­tions l’af­firment : « Chaque soir, des gens ar­rivent, en pro­ve­nance de Ca­lais. » Ce que dé­mentent la mi­nistre du Lo­ge­ment, Em­ma­nuelle Cosse, et la pré­fec­ture de ré­gion.

SUR­VEILLANCE DES GARES ET DU RÉ­SEAU ROU­TIER

Has­san, So­ma­lien, at­tend un toit. Ca­lais, l’homme y est al­lé, avant de re­ve­nir à Pa­ris. « La po­lice est ve­nue plu­sieurs fois nous cher­cher. J’ai été hé­ber­gé, mais loin. Je ne vou­lais pas res­ter. » Le sé­na­teur (PS) Ro­ger Ma­dec a lan­cé hier un cri d’alarme : « La fer­me­ture du camp de la lande a en­gen­dré un af­flux de mil­liers de mi­grants. Cette si­tua­tion est de­ve­nue in­sup­por­table, tant pour les ri­ve­rains que pour les com­mer­çants. De plus, à titre hu­ma­ni­taire, les condi­tions de leur ins­tal­la­tion sont in­dignes. Il est temps qu’une mise à l’abri soit en­tre­prise, et il ap­par­tien­dra à l’Etat de prendre les moyens pour em­pê­cher toute ré­ins­tal­la­tion. »

De son cô­té, Jean-Fran­çois Ca­ren­co, le pré­fet de Pa­ris, rap­pelle que, de­puis juin 2015, « 19 083 places d’hé­ber­ge­ment ont été pro­po­sées aux mi­grants. Lors de la der­nière opé­ra­tion, à Sta­lin­grad, le 16 sep­tembre, 2 083 per­sonnes ont été mises à l’abri. Plu­sieurs cen­taines de mi­grants se sont à nou­veau re­grou­pés dans le sec­teur, ajoute-t-il, mais, à ce stade, au­cun élé­ment ne per­met d’af­fir­mer qu’ils viennent de Ca­lais : la po­lice fer­ro­viaire n’a en­re­gis­tré au­cun mou­ve­ment si­gni­fi­ca­tif d’ar­ri­vées en pro­ve­nance des Hauts-de-France et la sur­veillance des gares, comme du ré­seau rou­tier, est as­su­rée. 121 ré­fu­giés ont été in­ter­pel­lés dans le sens Pa­ris-Ca­lais ».

Pa­ris (XIXe), hier. Près de 3 000 hommes, femmes et en­fants vivent dans un cam­pe­ment de for­tune près de la sta­tion de mé­tro Sta­lin­grad.

Ca­lais (Pas-de-Ca­lais), hier. Un der­nier bus a em­me­né une cen­taine de ré­fu­giés. Au to­tal, 6 000 per­sonnes ont été prises en charge mais cer­taines, re­fu­sant de par­tir, ont dis­pa­ru dans la na­ture.

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